En avril dernier, plusieurs non et mal voyants ont participé à une expérience a priori surprenante, à l’initiative d’une auto-école de Jurançon : conduire une voiture sur circuit !Confier le volant à des non-voyants. C’est le pari qu’a organisé Michel Cazaux, gérant et moniteur d’une école de conduite à Jurançon (64), et également vice-président du CNPA-fdc du département. Il a gracieusement proposé à 9 non et mal voyants de l’Unadev (Union des aveugles et déficients visuels) de Pau de prendre le volant d’un véhicule auto-école, pour effectuer deux tours sur le circuit Berdery de Lescar.
UNE DEMANDE QUI ÉMANE DES NON-VOYANTS« Mon beau-frère est malvoyant, ce qui m’amène à côtoyer régulièrement les membres de l’Unadev » explique Michel Cazaux. Ces derniers m’ont fait part de leur désir de conduire – ou de reconduire, bref d’éprouver les sensations que tout un chacun ou presque peut ressentir. J’ai jugé que le défi méritait d’être relevé. »
Ainsi, le 21 avril dernier, neuf non-voyants se sont tour à tour installés au volant des Peugeot 207 à doubles commandes de l’auto-école, avec Michel Cazaux à leur côté. Pierre, non-voyant depuis une dizaine d’années, a vite retrouvé les sensations de conduite qu’il a autrefois connues. Il prend peu à peu de l’assurance, tandis que le moniteur corrige les trajectoires de temps à autre en se saisissant du volant. « Au début, j’ai eu une petite frayeur, puis, j’ai retrouvé mes sensations. Conduire à nouveau, c’est une expérience inoubliable ! », a-t-il déclaré dans La République des Pyrénées. Pour sa part, Hélène n’a jamais conduit de voiture, d’où une appréhension bien compréhensible. Puis elle se décontracte petit à petit, estimant tout de même « qu’il est compliqué de conduire. J’ignorais que pour changer les vitesses il fallait débrayer à chaque fois ! ».
« Les participants sont partants pour remettre ça » se réjouit Michel Cazaux. Un appel a d’ailleurs été lancé sur la radio France Bleu pour faire connaître l’opération et accueillir d’autres volontaires. « Cependant, je souhaiterais que cette initiative se déroule sur un circuit moins tortueux, qui comporte davantage de longues lignes droites, comme le circuit d’Arnos ».
Christophe Susung