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school Pédagogie — Mai 2011

Qu’apportent les simulateurs de conduite ?


Relativement peu utilisés il y a 10 ans, les simulateurs de conduite s’imposent peu à peu dans les formations initiales et post-permis. Zoom sur les avantages de ces machines.

UNE ÉVALUATION DE DÉPART INCONTESTABLE

« L’évaluation de départ n’est pas toujours facile à faire », concède Thierry Hallali, exploitant de 4 établissements dans le Val de Marne. « Et dans ce cas, le simulateur est une aide formidable. Il est même plus complet que ce que l’on peut faire habituellement », souligne le gérant. Du coup, l’évaluation se révèle quasiment toujours juste. Par ailleurs, l’ordinateur évite les éventuelles contestations de l’élève et des parents.


LE DÉVELOPPEMENT D’UNE NOUVELLE MÉTHODE PÉDAGOGIQUE

Dans le cadre d’une formation de 20 heurs de conduite minimum, il est possible d’effectuer l’évaluation, mais également 4 heures de cours sur le simulateur. « Le simulateur donne des bases avant de mettre l’élève dans la voiture, remarque Thierry Hallali. On ne peut pas dire qu’il sait conduire, mais le simulateur dégrossit le travail ». Pour sa part, Frédéric Maus, exploitant de 3 établissements dans la Somme, est un petit peu plus mesuré et constate que « certaines bases ne sont pas forcément acquises après le passage sur le simulateur, notamment lorsque la machine utilise des commandes proches de celle d’une machine de jeu (joystick par exemple), car elles ne permettent pas le ressenti de l’utilisation des pédales d’un véhicule. Même constat pour Alain Rohel, gérant d’un centre de formation et de prévention routière : « Il est important d’avoir des éléments (volant, boîte de vitesses et pédalier) issus d’un vrai véhicule. »
Stéphane Develter, P-dg de la société Develter, préconise d’utiliser le simulateur dans le cadre de cours collectifs : « Je pense que qu’il faut toujours qu’il y ait un moniteur derrière l’élève pour le guider dans les exercices et le corriger. Mais il est également très intéressant de travailler en groupe pour mutualiser les explications. Prenez, par exemple, trois élèves. Pendant que l’un est sur le simulateur, les deux autres peuvent le regarder travailler et profiter des explications. Cela permet de progresser également pendant les temps d’attente. Par ailleurs, le simulateur demande une grande concentration. En travaillant à plusieurs, cela évite de rester trop longtemps sur la machine et de se lasser. » 


LA POSSIBILITÉ DE TRAVAILLER DES POINTS PARTICULIERS
Le simulateur est notamment très intéressant pour insister sur des points particuliers. « C’est un outil excellent pour effectuer des démarrages en côtes à répétition, par exemple, alors qu’au volant d’une voiture, il faudrait rouler pas mal pour se retrouver plusieurs fois dans cette situation », affirme Xavier Consorti, président de la société Ediser. « Cela permet également aux élèves de travailler à leur rythme », souligne Frédéric Le Coadou, responsable commercial de la société Eca-Faros.
Le simulateur permet aussi « de rendre plus parlant certains points théoriques du Code, comme les distances d’arrêt, remarque Frédéric Maus. Ce ne serait pas forcément faisable avec un véhicule-école, à moins d’avoir des équipements techniques spéciaux ».
« Mais le simulateur a ses limites, il faut évidemment aller sur la route pour dispenser à l’élève une formation complète, insiste Alain Rohel.


UNE MEILLEURE GESTION DES COÛTS ET DE L’ACTIVITÉ
L’un des arguments de vente des fabricants de simulateurs porte sur la réduction des coûts. Certes, l’achat initial constitue une dépense conséquente, « mais pas tant que cela estime Frédéric Le Coadou, si l’on inclut l’utilisation du simulateur dans la formation de 20 heures. Bien sûr, le simulateur consomme un peu d’électricité, mais ce n’est rien en comparaison de la consommation de carburant durant une heure de conduite. Sans compter l’usure du véhicule, l’assurance, la casse éventuelle d’une boîte de vitesses, etc. Et c’est encore plus vrai pour la formation groupe lourd ! ».
Si l’on travaille en groupe comme le suggère Stéphane Develter, le salaire horaire du moniteur est divisé par le nombre d’élève.
Autre avantage, selon Xavier Consorti, « le simulateur de conduite permet de dégager du temps pour les moniteurs. En déléguant au simulateur les exercices répétitifs et peu gratifiants de la première phase d’apprentissage, l’enseignant de la conduite a plus de temps pour travailler avec son élève les niveaux 3 et 4 du PNF ». 


UN ARGUMENT COMMERCIAL POUR ATTIRER LES ÉLÈVES
Si certains estiment comme Thierry Hallali que les leçons sur simulateur de conduite « ne sont pas toujours faciles à vendre car 20% des clients restent très réticents, ils se laissent finalement convaincre dès lors qu’ils ont compris l’intérêt de la machine. Évidemment, il y a toujours des élèves qui sont déçus de ne pas prendre le volant d’une voiture tout de suite ».
Pour d’autres exploitants, le simulateur de conduire se révèle un argument commercial. « Rares sont les personnes qui ne veulent pas passer sur le simulateur. Lorsque cela arrive, ce sont plutôt des seniors. Les jeunes sont extrêmement attirés par la machine, je dirais que le simulateur m’amène des clients », souligne Frédéric Maus. Ce dernier utilise même le simulateur lors des rendez-vous pédagogies et force est de constater que « ça plaît beaucoup. Pour preuve, on dépasse souvent l’heure initialement prévue »…

Sandrine Ancel



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