Évreux, préfecture du département de l’Eure, est la troisième ville de la région Haute-Normandie, après Le Havre et Rouen, avec plus de 53 000 habitants (84 000 en comptant l’agglomération). Une jolie cathédrale, un beffroi non moins charmant, sans oublier les vestiges des remparts du IVème siècle et pas mal de verdure rendent la ville agréable à vivre. Que demander de plus ? En ce qui concerne les auto-écoles, des délais de passage de l’examen du permis de conduire raisonnables sont toujours les bienvenus ! Nous verrons que sur ce plan, les professionnels n’ont pas à se plaindre…
LE POIDS LOURD DE LA PROFESSION
Incontournable. Tel est l’adjectif qui pourrait qualifier l’auto-école Salvador. À la fois par sa taille, son ancienneté et le nombre de formations qu’elle propose, cet établissement fait partie du paysage de la ville depuis plus de 50 ans. Disposant de 3 bureaux sur Évreux, l’un dédié aux permis auto, le second à la moto et le troisième aux permis du groupe lourd (en partenariat avec Forget Formation Mayenne), l’auto-école possède aussi des bureaux à Rouen, Bernay, Louviers et Verneuil. Tous établissements confondus, cela représente pas moins d’une centaine d’employés, 4 000 élèves formés par an et 200 véhicules toutes catégories de permis réunies. Parmi les formations proposées, on remarque aussi l’école de taxi (formation initiale et continue). « Nous sommes la seule auto-école à faire de la formation taxi à Évreux », précise Lylian Frenet, responsable d’établissement et directeur pédagogique. « C’est un public différent, ce sont des personnes adultes et responsables. » Le 1er décembre 1993, l’auto-école Salvador (le prénom de son fondateur) a été reprise par Michel Le Bellec. « Le nouveau gérant m’a rappelé peu de temps après, car j’avais déjà travaillé chez Salvador auparavant », précise Lylian Frenet, qui partage son temps entre les bureaux d’Évreux et de Rouen. « Nous sommes une entreprise, avec une stratégie bien définie, qui développe la formation et cherche à former de bons conducteurs. Nous préférons d’ailleurs le terme « centre de formation » à celui d’auto-école ! »
PLACES D’EXAMEN : TOUT BAIGNE !
Si le manque de places d’examens empêche de dormir de multiples écoles de conduite dans de nombreuses régions françaises, les gérants d’Évreux peuvent dormir sur leurs deux oreilles ! « La pénurie de places, on ne connaît pas. Ici nous brassons beaucoup d’élèves et notre taux de réussite est bon. Les délais d’attente pour repasser le permis sont de 15 jours, voire au pire 1 mois. Et les élèves qui s’inscrivent peuvent obtenir une date d’examen 3 ou 4 jours après leur examen blanc. » Mais, admet Lylian, « cela n’a pas toujours été aussi idyllique par le passé. » Alors, qu’est-ce qui pourrait obscurcir le ciel bleu du centre de formation ? « Les écoles de conduite de la ville se font toujours un peu de concurrence, mais nous avons fait nos preuves et disposons d’une bonne notoriété. D’autres auto-écoles nous copient un peu, mais il est normal qu’elles veuillent faire leur trou ! » La hausse du prix des carburants préoccupe davantage Lylian Frenet. « Il est difficile dans ces conditions de baisser le prix de nos leçons ! Même si pour le moment, nous n’avons pas bougé sur ce plan… Ce sera peut-être le cas lors du prochain réajustement de nos tarifs… »
DES EXAMINATEURS À RÉFORMER ?
Que pense Lylian Frenet de la fameuse réforme du permis, entamée il y a 2 ans ? « La réforme, c’est bien quand c’est bien fait ! Mais certains examinateurs continuent à faire ce qu’ils veulent, quels que soient les changements… Il faudrait peut-être réformer les examinateurs ! Quand on voit que certains ne donnent pas le point de la courtoisie ou de l’éco-conduite, alors que même les conducteurs les plus chevronnés ne passent pas forcément toujours les vitesses au bon moment ! Parfois, alors qu’aucune faute éliminatoire n’a été commise, des élèves n’obtiennent pas le permis ! Pourtant, tout le monde sait bien que l’examen stresse les candidats, qui ne sont jamais tout à fait eux-mêmes au volant ! Alors heureusement qu’ici les délais sont courts ! À Rouen, il faut compter entre 3 et 4 mois entre le premier et le deuxième passage ! » La fin de l’expérience professionnelle pour devenir gérant est jugée aberrante par Lylian, car « dans toute activité, il est nécessaire de connaître le métier ! C’est pour cela qu’il y a beaucoup d’établissements qui ouvrent… et beaucoup qui ferment ! Il faut avoir les reins solides pour se lancer dans l’apprentissage de la conduite, sinon on ne survit pas. » Autre sujet d’actualité, la généralisation de la limitation à 30 km/h, qui verra peut-être le jour à Strasbourg. « C’est une bonne chose. Je suis partisan qu’il y ait moins de voitures dans les villes. J’apprécie les zones de rencontre entre autos, vélos, motos, piétons… Même si la ville reste le domaine de prédilection des piétons. Ces derniers ne s’aventurent pas sur les autoroutes, que je sache, alors les automobilistes devraient davantage les respecter ! » Enfin, interrogé sur les futurs développements de l’auto-école Salvador, Lylian Frenet évoque « l’activité de centre de formation de moniteurs, avec nos propres BAFM et le développement sur l’Ouest par l’acquisition de structures de taille moyenne. »
UN GÉRANT AU NOM PRÉDESTINÉ !
Bruno Dardard. Avec un tel nom, le gérant de l’auto-école As de Caro n’incite pourtant pas ses élèves à appuyer plus qu’il ne faut sur le champignon ! Son établissement, ouvert en juillet 2009, joue la carte de l’originalité et de la modernité, avec sa thématique fondée sur les cartes à jouer, qui se décline aussi bien sur le logo, la vitrine, la décoration des véhicules que les cartes de visite de l’établissement. Le gérant, qui a auparavant déjà officié dans d’autres écoles de conduite d’Evreux, et notamment à l’auto-école Salvador, a ensuite souhaité disposer de sa propre entreprise. « J’ai repris l’auto école C et F. Le C est l’initiale de « Caro » (Caroline), l’ancienne propriétaire, qui a souhaité quelque part continuer à faire partie de l’auto-école, du moins dans le nom de cette dernière ! » Pour ce qui est du choix de ses véhicules auto, Bruno est un citroëniste convaincu. Outre ses 8 nouvelles C3 et sa C2 automatique, qu’il utilise notamment pour les personnes qui ne peuvent pas s’acclimater à la boîte manuelle, il vient tout juste d’acquérir une DS3. « Je recherchais un véhicule à la fois luxueux, fun et branché, à l’usage exclusif de nos stages accélérés (formation en 3 semaines). J’hésitais entre la DS3, une Mini ou une Fiat 500, et sur le conseil de mes élèves je me suis décidé pour la Citroën. J’ai acheté le véhicule, car la LLD qu’on me proposait pour ce modèle, qui ne se destine pas d’emblée à un usage auto-école, était hors de prix. »
LA MOTO POUR PASSION
Les photos de motos de course étant légion dans l’établissement, il n’est pas bien difficile de deviner que Bruno est un motard dans l’âme ! « Je n’hésite pas à faire régulièrement des stages de pilotage pour m’améliorer. Ce n’est pas parce qu’on est enseignant moto qu’on sait tout et qu’on ne peut pas encore se perfectionner ! » L’auto-école dispose d’une piste privée à Miserey, située à 20 minutes, en allant sur la route de Pacy-sur-Eure, « ce qui permet en s’y rendant d’avoir toutes les situations de circulation (feux, ronds-points, etc.). Sur cette piste, je dispose d’un plateau pour l’allure normale, d’un plateau lent, et d’un abri chauffé, pour se reposer ou prendre un café. » La formation de 7 h obligatoire à tout possesseur du permis B désireux de conduire une 125 cm3 permet notamment à Bruno Dardard de bien faire comprendre l’importance des équipements moto : « je montre aux participants l’un de mes casques, dont la surface a été frottée suite à plusieurs chutes, épargnant ainsi la tête. Il est vraiment essentiel d’opter pour un casque haut de gamme, des bottes ou au moins des chaussures montantes, et des gants. Il faut aussi apprendre à garder son équilibre suite à un freinage d’urgence. »
PUBLICITÉ TOUT AZIMUT !
L’auto-école As de Caro ne manque pas d’idées dynamiques pour assurer sa publicité. « Nous sponsorisons une équipe régionale de handball féminin, dont deux des filles d’une ancienne élève font partie. » L’école de conduite soutient également un pilote de moto-cross. Citons encore une banderole publicitaire chez le concessionnaire Citroën local, ou encore des sets de table publicitaires en papier destinés à promouvoir l’école de conduite dans les restaurants d’Évreux. Enfin, offrir un joli polo avec le logo de l’auto-école brodé dessus pour chaque inscription fait aussi partie des bonnes habitudes. Autre usage, conserver des relations avec les anciens élèves. « Pour moi les élèves ne sont pas juste des numéros, aussitôt oubliés une fois le permis en poche. » Alors que notre gérant se réjouit lui aussi des délais d’examens à rendre envieux les autres régions françaises, seule la hausse du prix des carburants est parvenue à modérer quelque peu son enthousiasme. « Je ne regarde même plus le prix à la pompe si je ne veux pas gâcher ma journée. Pour faire face, nous avons dû augmenter nos tarifs en janvier de 10 euros pour certains permis. Malgré tout, nos tarifs, ainsi que ceux des établissements de la ville en général, sont bas par rapport à ceux d’autres régions. Mais si on les baisse, c’est parce que les autres auto-écoles de la ville en font autant. C’est un jeu un peu stupide. Il est dommage que les clients choisissent leur école de conduite en fonction des tarifs et non de la qualité de l’enseignement ! »
LA TRADITION, ÇA A DU BON !
La troisième auto-école rencontrée est l’auto-école du Beffroi, située comme son nom l’indique à proximité du célèbre beffroi de la ville. Ses créateurs, Yves et Dominique Baudson, sont également passés par l’auto-école Salvador (Yves y était moniteur, Dominique secrétaire), avant de créer leur propre établissement en 1977. L’auto-école du Beffroi est solidement installée en centre-ville, avec une vue directe sur la cathédrale et sur des espaces verts. Il y a pire comme cadre ! De plus, le local de l’auto-école, qui était auparavant le cabinet d’un médecin, ressemble plus à un appartement cosy qu’à une boutique exiguë. « Notre établissement ne date certes pas d’hier, mais les clients y viennent grâce à la réputation et au bouche à oreille », se félicite Dominique Baudson. « Et comme la disponibilité en places d’examens est plutôt bonne à Evreux, tout va bien ! », se réjouit-elle. « Toutefois, les candidats ayant raté une fois leur examen du permis ne peuvent pas systématiquement le repasser au bout de 15 jours », modère t-elle. « Mais d’une manière générale, nous n’avons pas à nous plaindre par rapport à la situation dans d’autres régions. Il y a même des élèves qui viennent de Paris, pour échapper aux problèmes de places rencontrés dans la capitale. » La clientèle de l’établissement est assez variée, de part sa situation en plein centre-ville, avec beaucoup de passage. « Cela va du quadragénaire aisé au jeune de la cité de la Madeleine. Tout se passe bien avec les jeunes à partir du moment où ils se sentent respectés. Alors, le respect devient mutuel. »
SUJETS D’ACTUALITÉ
Dans le monde de l’enseignement de la conduite, l’actualité évolue constamment. Que pense Dominique Baudson des dernières nouveautés en la matière ? Tout d’abord, la fin de l’expérience professionnelle pour devenir gérant lui paraît peu logique. « Il faut tout de même connaître le métier, ne serait-ce que pour savoir comment diriger les enseignants de la conduite ! Et puis, il y a auto-école commerciale et auto-école vraiment sérieuse, qui va faire en sorte que l’élève ne soit pas dangereux au volant. Il est indispensable d’avoir de bonnes bases. » La limitation à 30 km/h dans la majeure partie d’une agglomération, en étude à Strasbourg ? « Pourquoi pas ? À Évreux nous n’en sommes pas loin ! Le long de la cathédrale il n’y aura bientôt plus qu’une voie au lieu de deux. Et il y a énormément de sens interdits en centre-ville, ce qui nous occasionne beaucoup de détours ! » Quant à la nouvelle grille d’évaluation lors de l’examen pratique, « elle ne change pas énormément les choses, même si l’examen paraît un peu plus facile qu’avant. Il faut dire que les inspecteurs semblent plus « cool » actuellement. » Enfin, la concurrence des loueurs de véhicules à doubles commandes ne semble pas constituer une menace bien effrayante. « Il y en a eu deux à Évreux et ils ont fini par partir. Mais cela ne nous a pas gênés outre mesure. ». Là encore, pas de quoi troubler la sérénité des auto-écoles ébroïciennes !
Christophe Susung
CARTE D’IDENTITÉ
Auto-école Salvador
Gérant : Michel Le Bellec
Bureaux : 3 sur Evreux
Employés : 6 secrétaires, 24 enseignants
Formations : B, AAC, A, EB, C, EC, D, BSR, récupération de points, école de taxi
Véhicules : 25 Clio, 2 Clio automatiques, 1 Clio équipée handicapés, 1 Grand Espace (formation taxi), 1 Nissan Pathfinder (permis EB), 1 Van Ifor Williams, 2 camions tracteurs Renault , 3 porteurs Renault,
5 Kawasaki ER6, 1 Yamaha 125, 1 scooter Peugeot
Inscriptions : 900 en B/AAC, 250 en A, 300 en permis lourd
Tarifs permis B : 1 000,20 euros le forfait 20 h ; 40 euros l’heure supplémentaire
Auto-école As de Caro
Gérant : Bruno Dardard
Bureau : 1
Employés : 6 enseignants, 1 secrétaire
Formations : B, AAC, B boîte auto, A, A1, BSR, stages accélérés, récupération de points (Anper)
Véhicules : 5 Citroën C3, 1 DS3, 1 C2 automatique, 5 Yamaha XJ6, 1 Suzuki 125, 1 scooter Yamaha, 1 scooter MBK
Inscriptions : 198 en B + AAC, une centaine en A, 42 BSR
Tarifs permis B : forfait 20 h
1 000 euros, 40 euros l’heure supplémentaire
Auto-école du Beffroi
Gérant : Yves Baudson
Bureau : 1
Employés : 8 enseignants, 2 secrétaires
Formations : B, AAC, A, BSR
Véhicules : 9 Peugeot 207,
3 Yamaha XJ6, 3 Kawasaki ER5, 2 scooters Peugeot
Inscriptions : n. c.
Tarifs permis B : forfait
945 euros, 39 euros l’heure supplémentaire