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flag Mouvements sociaux — Septembre 2010

-Manque de places d’examens-
La tension monte dans plusieurs départements


Le manque de places d’examens pénalise actuellement les auto-écoles de plusieurs départements. Après avoir manifesté sans avancées probantes au cours de l’été, les professionnels comptent se remobiliser dès septembre.

Une vague de ras-le-bol se développe dans de nombreux départements, où passer l’examen du permis de conduire relève du parcours du combattant. Motif du mécontentement ? Encore et toujours le manque de places d’examens.

MORBIHAN : GROGNE DES AUTO-ÉCOLES
Le 30 juin, plus d’une vingtaine de véhicules auto-école d’adhérents de la FNEC et de l’Unic du Morbihan, ainsi que des professionnels non-syndiqués, ont rallié les locaux de la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer) de Vannes. « Nous voulions protester contre le manque de places d’examens, le non remplacement de deux inspecteurs en absence longue durée et la fermeture de la piste d’examens moto de Lanester », précise Jacques Renault (Unic). « Concernant cette dernière, la DDTM nous a assuré que la piste ne fermerait pas. Quant au remplacement des deux inspecteurs, nous l’attendons toujours ! Aujourd’hui, quelqu’un qui rate son permis doit attendre 7 à 8 mois pour le repasser. » Marie-Renée Cloud (FNEC) ajoute que « ce ne sont plus uniquement les élèves en deuxième demande qui ne peuvent passer l’examen, mais aussi les premières demandes ! Certains établissements du département ont dû licencier du personnel. Quant aux heures supplémentaires effectuées en volontariat par les inspecteurs, personne ne veut les faire ! Ce n’est pas pendant les vacances que la situation va se débloquer. Nous nous remobiliserons donc courant septembre. »

VAL-DE-MARNE : 8 INSPECTEURS EN MOINS !
Huit inspecteurs en moins sur un total de 26. C’est le coup dur qui a frappé les écoles de conduite du Val-de-Marne au début de l’été. Six agents ont demandé leur mutation et deux ont passé un concours pour devenir délégué. À l’appel de trois syndicats (CNPA, Unic et UNPFA), 75 véhicules auto-écoles se sont rassemblés le 1er juillet devant la DDE de Créteil avant de rallier la préfecture, réclamant le remplacement immédiat des inspecteurs manquants. Selon la DDE, « cela n’est pas réalisable. Il n’y a aucune demande de mutation dans le Val-de-Marne. Quatre fonctionnaires sont en formation mais ne seront opérationnels que fin 2010. » Pour Christine Chauvet (CNPA), « ce manque de 8 inspecteurs entraîne 30 % de places d’examens en moins ! C’est catastrophique ! Quant aux places supplémentaires mises en place par l’administration, nous n’en avons pas vu la couleur. Très peu d’inspecteurs acceptent de faire passer des examens le samedi. Bref, le permis moins long et moins cher n’est pas du tout une réalité dans le Val-de-Marne ! » Claude-Olivier Bonnefoy (UNPFA) estime que « la situation n’était déjà pas très reluisante, mais aujourd’hui elle est devenue catastrophique. On veut enterrer notre profession. » Gilles Drikes (Unic) tire la sonnette d’alarme : « les élèves réclament une fois, deux fois, trois fois une date d’examen, et lorsqu’on leur répond que nous ne sommes pas en mesure de les satisfaire, ils ne comprennent pas. D’où des situations très tendues pour les secrétaires. »

LA CORSE MANQUE D’INSPECTEURS
En Corse, sur 7 inspecteurs, un est parti à la retraite et n’a pas été remplacé, une mutation va avoir lieu en septembre et un inspecteur est en longue maladie. Conséquence : le nombre de places rétrécit et les délais d’attente s’allongent. Bernard Prietto (Unic), résume la situation : « En cas d’échec, pour pouvoir représenter un élève, il faut entre 4 et 6 mois. Nous demandons l’envoi d’au moins 2 inspecteurs, pour pouvoir retrouver à peu près les chiffres qu’on avait depuis le début de l’année. Notre démarche est pour l’instant d’informer le grand public de la situation. S’il n’y a pas d’amélioration, nous pourrions mener des actions plus dures comme des manifestations. »

ÎLE DE LA RÉUNION : 270 AUTO-ÉCOLES MANIFESTENT
Le 2 août, 270 auto-écoles (soit la quasi-totalité des établissements de l’île) se sont réunies devant la cellule d’éducation routière de la DDE de Saint-Denis. Mot d’ordre : le manque d’examinateurs et les délais d’attente, particulièrement lors des vacances scolaires, lorsque beaucoup de bacheliers tentent de décrocher leur permis. Selon Léonus Dubard (CNPA), « bien qu’il y ait en théorie un nombre suffisant d’inspecteurs sur l’île, l’accumulation de leurs congés maladies et vacances ne nous permet pas de travailler dans de bonnes conditions. Les coefficients d’attribution des places n’arrêtent pas de baisser. Lors de l’entrevue avec la DDE, nous avons obtenu 2 journées supplémentaires d’examen pour rattraper les retards les plus urgents, mais ce n’est pas suffisant. Un comité local de suivi devait se tenir fin août pour essayer de trouver des solutions. »

C. S.



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