Le monde des auto-écoles est divisé en deux catégories : ceux qui sont franchisés auprès d’un groupement et ceux qui préfèrent rester indépendants. Alors, en 2011, quelle voie faut-il suivre ?En 2007 et 2009, La Tribune des Auto-Écoles avait lancé une vaste revue d’effectif des groupements de la profession. Les différentes franchises annonçaient leurs projets : création d’un site Internet, création de chartes, développement de marchés spécifiques, etc… Quelques années plus tard, qu’en est-il advenu ? La plupart des groupements ont mené à bien les engagements qu’ils avaient annoncés. Les « poids-lourds », tels que CER, l’Anper ou ECF se sont parfaitement insérés dans le marché de la formation en entreprise, notamment avec la conduite économique. Autre élément appréciable, malgré la crise, les tarifs des différentes adhésions n’ont pas augmenté, dans l’ensemble. De même, à l’exception du CFRE, aucun groupement n’a traversé de zones de turbulences. De plus, de nouveaux groupements sont apparus au cours des dernières années (City’Zen/City’Pro, E2CR, Ligne Droite). Quelques structures proposent aussi des garanties financières. C’est un constat plutôt rassurant pour une auto-école qui recherche de la stabilité dans un contexte économique délicat. Alors, les auto-écoles ont-elles été tentées de rejoindre un groupement ces dernières années ? Selon les chiffres à notre disposition, la part d’auto-écoles adhérentes à un réseau n’a guère évolué en 4 ans. En 2007, on comptait environ 2 300 auto-écoles adhérentes à un réseau. Ce chiffre a grimpé à 2 500 aujourd’hui. Précisons que ces estimations ne tiennent pas compte des petites entités régionales qui regroupent sous une même enseigne une dizaine d’établissements (exemples : le groupe Larger, dans le Haut-Rhin, et Prézeau, en Vendée et Loire-Atlantique). Ceci explique peut-être cela : la multiplication des petites structures répond sans doute aux besoins de certains gérants de se sentir aidés ou soutenus, via des connaissances au niveau régional, tout en conservant une proximité avec les autres enseignes du réseau, et donc, à priori, une plus forte implication.
QUELS SONT LES AVANTAGES À ADHÉRER À UN GROUPEMENT ?Faire partie d’un groupement procure de nombreux avantages. Le premier d’entre eux est de bénéficier de l’image de marque du groupement, synonyme pour le grand public de sérieux, de professionnalisme et de qualité de l’enseignement. Les parents sont ainsi en terrain connu et savent « où leurs enfants mettent les pieds » ! Second avantage, les structures et les moyens importants des groupements permettent à leurs adhérents de pouvoir bénéficier de prix intéressants dus à des achats négociés en gros avec les fournisseurs (constructeurs, éditeurs de supports pédagogiques, assureurs…). D’autre part, si vous souhaitez diversifier votre activité, vous pouvez vous appuyer sur les structures spécialisées du groupement dans de nombreux domaines (permis moto, groupe lourd, bateau, formation post-permis, formation en entreprise, etc.), avec l’assurance d’être bien informé des toutes dernières évolutions réglementaires. De plus, il est fréquent que les groupements démarchent des entreprises et décrochent des contrats en en faisant bénéficier leurs adhérents. D’autre part, concernant la formation continue obligatoire ou d’autres formations en rapport avec votre profession, les groupements proposent généralement des modules dédiés et peuvent vous aider à la fois pour les démarches à effectuer ou bien pour le financement. Enfin, faire partie d’un groupement, c’est aussi tout simplement se sentir moins isolé et disposer d’un interlocuteur pour répondre à vos questions !
LA NÉCESSITÉ DE REJOINDRE UN GROUPEMENTDe nombreux gérants ne regrettent ainsi absolument pas d’avoir rejoint un groupement. C’est le cas de Mickaël Roblin, gérant du CER Roblin à Rouen. « À mes débuts, en 1997, j’ai travaillé un an tout seul, de manière indépendante. Puis l’établissement a peu à peu grandi et en 2006, j’ai racheté 2 bureaux dans l’agglomération rouennaise. » Le gérant a alors adhéré au réseau CIR+, puis en 2003, rejoint le réseau CER. « À partir de ce moment, mon activité s’est encore développée. J’estime qu’aujourd’hui une auto-école non rattachée à un groupement n’a pas d’avenir. Car les clients potentiels ont besoin d’être rassurés par l’image et la notoriété d’un réseau. »
PEU DE MARGE DE MANŒUVRE, SELON CERTAINS GÉRANTSÀ l’inverse, des professionnels trouvent que rejoindre un groupement revient à porter un costume trop étroit. Certaines franchises obligent par exemple à rejoindre un syndicat. Mais la majeure partie des réfractaires aux groupements avancent le fait qu’ils souhaitent aménager leur commerce à leur guise, particulièrement en ce qui concerne la décoration de la vitrine, sans avoir de compte à rendre à a quelqu’un. D’autres gérants ont aussi été déçus de leur aventure au sein d’un groupement. Un exploitant de Colmar expliquait ainsi à La Tribune des Auto-Écoles les difficultés qu’il rencontrait pour obtenir des informations auprès des responsables de son groupement. Dans le même ordre d’idée, des gérants d’auto-écoles regrettent qu’il ne soit finalement pas possible de participer au débat, et de se contenter de subir les évolutions imposées par le groupement.
C. S. et H. R.