Les chiffres officiels de la sécurité routière en 2009
répertorient 72 315 accidents, qui ont fait 4 273 morts et 90 934 blessés dont
33 323 hospitalisés. Le bilan 2009 de la mortalité routière est donc quasi
identique à celui de 2008 (4 275 personnes étaient décédées).
Ce résultat est décevant après 7 années consécutives de
baisse du nombre de morts sur la route. De plus, le gouvernement table toujours
sur l’objectif « moins de 3 000 morts » pour l’année 2012. Cette
déconvenue est cependant tempérée par un premier semestre encourageant en 2010,
puisque le nombre de morts sur les routes a diminué de 10,6% (1 786) par
rapport à la même période en 2009.
Hausse spectaculaire de la mortalité pour les deux-roues
« Cette année de stabilisation recouvre en fait une
réalité très contrastée », a expliqué la déléguée interministérielle à la
sécurité routière, Michèle Merli, lors de la conférence de presse. En
effet, une conclusion s’impose d’emblée à la lecture de ce bilan : il
s’agit de la hausse spectaculaire de la mortalité en 2009 pour les deux-roues
motorisés, qui a bondi de 9,3%, à hauteur de 1 187 morts. Ce constat est
accablant : les deux-roues motorisés représentent un quart des tués sur la
route pour seulement 2% du trafic. En revanche, « le nombre de morts
continue de baisser pour les usagers autres que les deux-roues », a
poursuivi Michèle Merli.
Par ailleurs, la mortalité poursuit sa baisse sur les
autoroutes (-3,9%) alors qu’elle représente plus de 20% du trafic. La situation
se dégrade sensiblement sur les routes départementales avec une hausse de la
mortalité de 1% ce qui la porte à 65% de la mortalité d’ensemble, soit près de
2 tués sur 3. Dominique Bussereau, secrétaire d’État chargé des
transports a rappelé en marge de la présentation du bilan de l’accidentologie
2009 que « au 30 juin 2010, il existe 2 839 dispositifs de contrôle de la
vitesse, fixes et mobiles, et du franchissement des feux rouges » déployés
à travers la France.
L’alcool impliqué dans 1 accident sur 3
La baisse de la
mortalité est conséquente pour les poids lourds, passant de 76 tués en 2008 à
54 en 2009 (-29%). Cela s’explique essentiellement par
la baisse massive du trafic des PL observée au 1er semestre 2009 au
plus fort de la crise économique (de 2008 à 2009, baisse de 15 % du volume du
transport routier de marchandises). En 2009, les PL représentaient 2,8% des
véhicules impliqués dans les accidents corporels.
Enfin, dernier enseignement, le facteur alcool est en cause
dans 1 accident sur 3 (30,1%). Il s’agit là d’une dégradation de la
situation : ce taux qui oscille depuis 2004 entre 28% et 31% s’établissait
à 28,3% en 2008, niveau historiquement bas, mais néanmoins très élevé en valeur
absolue.
H. R.