Que l’on soit écologiste par conviction ou que l’on adopte « l’écolo-attitude » par nécessité, peu importe, car on a tous à y gagner : l’entreprise qui va ainsi réaliser de substantielles économies et la planète, qui est au bord de la crise !Comme toute entreprise, une auto-école doit réaliser des bénéfices, si elle veut survivre. Cela passe bien sûr par des recettes via les inscriptions, mais aussi par des économies dans le registre des dépenses. Et c’est dans ce domaine que l’écologie peut faire le plus pour vous. Démonstrations…
MOINS DE DÉPENSES DE CHAUFFAGEQue vous soyez chauffé au fioul, au gaz ou à l’électricité, peu importe, tout grimpe. Comme le chauffage représente au moins les trois quarts de votre consommation totale d’énergie, la moindre économie réalisée en ce domaine se ressent très vite. Bien sûr, si vous en êtes au stade de la construction de votre auto-école, vous pouvez miser sur un toit solaire ou sur la géothermie, mais pour tous les autres, c’est un peu tard. Mieux vaut alors trouver autre chose !
• Chauffez à 19° C, pas plus : chaque degré au-dessus de 19° C engendre 7 % de consommation supplémentaire. C’est d’autant plus idiot que les personnes qui viennent dans vos locaux sont généralement bien couvertes !
• Investissez dans un thermostat programmable : vous pourrez ainsi régler les pièces sur 17° C pour la nuit et 19° C pour l’heure d’ouverture des bureaux. Cet achat sera rentable dès la première année.
• Changez une vieille chaudière : la nouvelle vous permettra d’économiser environ 15 % sur votre facture de chauffage, à condition de la faire entretenir tous les ans.
• Changez également vos vieilles fenêtres : un double vitrage allège la facture de chauffage d’environ 10 %, sans compter l’amélioration de l’isolation acoustique.
MOINS DE DÉPENSES D’ÉCLAIRAGELà encore, il est possible d’économiser jusqu’à 70 % des dépenses d’électricité en éclairage !
• Utilisez au maximum la lumière naturelle : un bureau se place de préférence devant une fenêtre, avec la chaise de face. Si vous avez un couloir ou un escalier sombre, faites poser des briques de verre pour favoriser la diffusion de la lumière (environ 10 euros la brique de verre et 25 à 30 euros de l’heure pour la pose).
• Utilisez des ampoules fluocompactes : dans les pièces éclairées toute la journée (toilettes, couloir ou escalier). Encore appelées ampoules basse consommation, elles peuvent s’adapter sur n’importe quelle lampe. Elles sont économiques car elles n’ont pas le gros défaut des ampoules classiques à incandescence qui perdent 93 % de leur énergie à fabriquer de la chaleur. Malgré un prix d’achat 6 fois plus élevé, elles reviennent environ deux fois moins chers, sur 3 ans. Mais comme elles mettent 2 à 3 minutes pour éclairer au maximum de leur possibilité, on les réserve aux pièces allumées longtemps et surtout pas à la salle de code où, pour les besoins de la projection, il faut alterner entre obscurité totale et bon éclairage. Pour calculer la puissance adéquate, sachez qu’une ampoule fluocompacte de 5, 9, 11, 15 ou 20 Watts donne respectivement une lumière équivalente à une ampoule classique de 25, 40, 60, 75 ou 100 Watts. Dans les toilettes, 9 watts suffisent. Dans un couloir, comptez 11 watts.
• Pour la partie bureau et la salle de code, utilisez des néons : ils éclairent immédiatement, comme une ampoule classique. Mais leur efficacité étant quatre fois supérieure, ils reviennent finalement 1,5 fois moins chers que ces dernières sur 3 ans et ce, malgré un prix d’achat plus élevé.
• Surveillez l’arrivée des diodes électroluminescentes sur le marché : c’est l’avenir ! Avec une durée de vie de 100 000 heures et une consommation inférieure à 1 Watt, ces ampoules dites DEL (Diodes Electro Luminescentes) devraient coûter au final 47 fois moins cher qu’une ampoule classique (sur 3 ans).
MOINS DE GASPILLAGE, PLUS DE RECYCLAGEAchetez juste ce dont vous avez besoin – cela se calcule ! – et réapprovisionnez-vous au fur et à mesure. Voir grand ne sert à rien, surtout pour des produits spécifiques comme les cartouches d’encre d’une imprimante, qui ne vous serviront plus à rien si la vôtre tombe en panne et que vous changez de modèle.
• Utilisez du papier et des enveloppes recyclées, écrivez recto verso : lorsqu’il s’agit de faire un schéma à un élève pour lui expliquer une manœuvre par exemple, vous n’avez guère besoin d’une belle feuille blanche ! Et privilégiez l’envoi de mails, de texto ou de SMS pour rappeler vos RDV.
• Posez une étiquette « pas de pub, merci » sur votre boîte à lettre professionnelle : cela vous en fera toujours moins à trier et limitera le gaspillage de papier.
• Réduisez le débit du robinet : il suffit pour cela d’acheter un réducteur de débit à cliquer sur n’importe quel robinet standard (environ 32 euros pièce). Ce simple geste réduit de 40 % au moins le débit d’eau et l’eau semble plus douce.
• Investissez dans un WC doté d’une chasse d’eau écologique : plusieurs systèmes existent comme les chasses d’eau à interruption et celles qui comportent un petit et un gros bouton selon le débit d’eau désiré. Pour ceux qui ne souhaitent pas investir dans un nouveau WC, il y a plus simple : les éco-plaquettes (29,90 euros les deux, au catalogue WWF, www.pandashop.fr) qui permettent de transformer n’importe quel WC traditionnel en appareil basse consommation et ce, sans être forcément un fin bricoleur ! Pour les nettoyer, enfin, utilisez des produits d’entretien sûrs comme ceux ayant reçu l’éco-label européen (Maison Verte, Body Nature, Monoprix Vert …).
• Choisissez les solutions les moins nocives pour la nature : pour déboucher un lavabo, préférez la ventouse – réutilisable à l’infini ! – aux déboucheurs très corrosifs (y compris pour vos joints) et toxiques pour l’environnement. Pour parfumer les toilettes, pensez aux huiles essentielles (pin, eucalyptus également assainissants) plutôt qu’aux parfums de synthèse.
• Traquez les fuites d’eau : trente-cinq mille litres d’eau par an, c’est ce que peut vous coûter un robinet qui goutte sur une année ! Au prix moyen de 3 euros le m3, cela alourdit une facture d’environ 105 euros pour un seul robinet !
• Préférez les produits pour lesquels il existe des recharges : c’est courant pour les produits ménagers. Cela vous revient moins cher et surtout, permet de diminuer le volume des déchets. Pour les mêmes raisons, fuyez les produits présentés sous des tas d’emballages plastiques inutiles.
• Utilisez des piles rechargeables plutôt que des piles à usage unique, pour les lampes de poche, les talkies, etc.
• Préférez les produits loco-régionaux aux produits importés : ceux fabriqués en France ont un code barre qui débute par 3. La part de l'aviation commerciale dans nos émissions de gaz à effet de serre est déjà de 3,5 % et au rythme de sa progression, elle sera de 15 % d'ici 2050, si l’on ne fait aucun effort.
Nathalie Szapiro
POUR ALLER PLUS LOIN :• Topten est un comparateur d’achat permettant de sélectionner les produits les plus économes en énergie. Il suffit de se connecter sur www.wwf.fr/topten pour savoir combien d’énergie risque de vous coûter vraiment votre future acquisition.
• Plus d'informations : N° Azur de l'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie), 0810 060 050 au prix d'un appel local et sur Internet : www.ademe.fr
• « L'isolation phonique écologique », par Jean-Louis Beaumier, aux éd. Terre Vivante (27 euros) : cette ouvrage propose plein de bons plans, depuis la simple astuce à quelques euros jusqu'à une isolation complète, dans les règles de l'écologie !
Encadré
Photo : AGX Equipe.eps Crédit : AGX
Légende : Abdessamad Bennani (à droite de la photo), P-dg de la société AGX bien connue des auto-écoles s’est investi dans l’écologie.
UN EXEMPLE À SUIVRE !
Si vous pensez que l’écologie et l’entreprise sont deux mondes que tout sépare, vous faites erreur ! Pour preuve : Abdessamad Bennani dirigeant d’AGX Informatique qui commercialise notamment les logiciels de gestion pour auto-écoles « Harmonie »a converti son entreprise à l’écologie.« Une fois prise ma décision de contribuer, à mon échelon, à une meilleure gestion des ressources de la planète, j’ai d’abord remplacé mes véhicules par des voitures roulant au GPL, le prix plus élevé du véhicule et de son entretien étant compensés par celui, plus bas, de ce carburant. J’ai ensuite remplacé mes radiateurs électriques par un chauffage plus performant (30 % de gain sur ma facture). Pour imprimer publicités et documents, j’ai demandé à mon imprimeur de n’utiliser que du papier recyclé et des encres végétales. Leur léger surcoût est largement compensé par le fait que nous gaspillons moins qu’autrefois : toute l’équipe utilise désormais le papier recto et verso. Nous proposons de fournir les notices des logiciels sur CD-Rom plutôt que sur papier. Encourageons le téléchargement pour la réactualisation des logiciels. Et utilisons des CD-Roms réinscriptibles, en interne. Même nos stylos ne sont plus en plastique, mais fabriqués à partir de maïs ! De plus, nous avons investi dans un destructeur de documents et nous nous servons des copeaux de papiers ainsi obtenus, pour protéger nos envois postaux : il n’y a donc plus à acheter de papier bulle ! Nous avons mis des multiprises pour relier ordinateurs et imprimantes : ainsi, avant chaque week-end, il suffit de les éteindre pour être sûr qu’il ne reste plus aucun appareil électrique en veille. Concernant les objets publicitaires que nous offrons à nos clients, ils sont réalisés en matériaux nobles (tissus, porcelaine, etc.) et non en plastique : comme ils sortent de l’ordinaire, ils plaisent davantage. Nous utilisons enfin des denrées alimentaires et des produits d’entretien Bio ou issus du commerce équitable. Notre plus grande satisfaction est de voir que nos fournisseurs, partenaires, clients et entourage proche, se sont pris au jeu de l’écologie, tant ils y ont trouvé d’avantages : plus de solidarité, de complicité, des économies ainsi que le sentiment d’être en harmonie avec la planète ! »