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flag Mouvements sociaux — Novembre 2006

-Mouvement social-
Grève imminente des inspecteurs ?


En négociation avec le ministère des Transports fin octobre et début novembre, le Snica-FO fait peser la menace d’une grève pour fin novembre, à laquelle la CFDT Inspecteurs envisage également de se joindre.

La grève des inspecteurs de 2002… les auto-écoles s’en souviennent encore. Aujourd’hui, alors que le mécontentement monte parmi les IPCSR et DPCSR, les établissements de la conduite craignent de nouveau les retombées sur leur activité. La menace d’une grève se précise. Au départ prévu le 7 novembre par le Snica-FO, le mouvement a été reporté à la deuxième quinzaine de novembre. Le syndicat d’inspecteurs attend les résultats d’une deuxième entrevue avec la DGPA du ministère des Transports programmée pour la mi- novembre.
La première rencontre avec la Direction générale du personnel et de l’administration (DGPA), qui s’était tenue le 18 octobre, n’avait que partiellement porté ses fruits, selon le Snica-FO : « Sur certains points, nos revendications ont commencé à aboutir. D’autres points sont en suspens, indique Christian Grolier, secrétaire général du syndicat. Si nous obtenons gain de cause lors de la deuxième entrevue, nous annulons la grève. Dans le cas contraire, nous la maintenons ».

MAINTIEN DU BUDGET NATIONAL POUR LES RENFORTS ?
Pour l’heure, les négociations achoppent sur trois points principaux. En premier lieu, le Snica-FO veut contrer le projet du gouvernement d’intégrer tous les frais de déplacement des inspecteurs dans le budget des DDE. « La DSCR compte supprimer la permanence nationale, budget qui permet de payer les déplacements d’inspecteurs en renfort dans d’autres départements. L’administration est en train d’abolir la péréquation nationale. Quand un département sera en difficulté, on ne pourra plus envoyer d’inspecteurs en renfort. La DSCR dit qu’elle va donner un peu plus d’argent aux DDE pour gérer ce type de déplacement. Mais, les DDE n’auront pas la capacité d’anticiper ce type de problème. Pour l’usager, cela impliquera plus de 6 mois d’attente avant de passer le permis si des inspecteurs tombent malades ou partent à la retraite sur son département », déplore Christian Grolier.
Autre demande du Snica-FO : que l’État supprime les objectifs fixés dans la circulaire du 26 juillet 2006. « Cette circulaire prévoit, pour réduire les coûts, de fermer les centres secondaires. Nous estimons que c’est au service public de se mettre à la disposition du public et non l’inverse. Un autre objectif consiste à faire pression sur les taux de réussite. S’il faut que les inspecteurs atteignent 55 % de réussite sous prétexte que c’est la moyenne nationale, qu’on ne nous parle plus de sécurité routière, alors ! », s’insurge le secrétaire général du Snica-FO. Dernière revendication que le syndicat veut voir aboutir : la revalorisation des primes pour 2007.

DES RECRUTEMENTS D’INSPECTEURS PRÉVUS
Le Snica-FO estime avoir obtenu gain de cause sur deux de ses revendications. « Pour le nouveau CEPC, nous avons demandé que soit possible de rédiger une explication des erreurs, car nous estimons que la simple codification des fautes est réductrice. L’administration a accepté d’intégrer un cadre vierge. Le document va être présenté aux syndicats d’inspecteurs le 5 décembre lors du Comité technique paritaire spécial de la sous-direction ER de la DSCR. Si cette réunion débouche sur un accord, l’administration devrait relancer une nouvelle expérimentation ». Côté recrutements d’inspecteurs, le Snica-FO est en partie satisfait. « Même si nous estimons que c’est insuffisant, nous avons obtenu le recrutement de15 inspecteurs supplémentaires, en plus des départs à la retraite ».

LA CFDT INSPECTEURS AUSSI DANS LES STARTING-BLOCKS
Également interrogée sur ses projets, la CFDT Inspecteurs nous a fait part de son « intention de se joindre au mouvement ». Soulignant le « ras-le-bol général » au sein de la profession, Olivier Debliquis, responsable national du syndicat, a expliqué que « la CFDT Inspecteurs a des revendications communes avec le Snica-FO, notamment sur les conditions de travail, les salaires, les remboursements de déplacements non payés ». La CFDT Inspecteurs milite pour l’amélioration des conditions de travail : « Les centres d’examen ne sont plus du tout adaptés. Quant aux centres secondaires, n’en parlons pas ! Il s’agit le plus souvent d’un bout de trottoir. Il n’y a même pas un endroit pour abriter les élèves ou des sanitaires, dénonce Olivier Debliquis. Nous aimerions que cela bouge réellement sur les conditions de travail, à savoir que le ministère et les DDE donnent vraiment les moyens de créer de véritables centres d’examen ».

Bérengère Huvey



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