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query_stats Études et statistiques — Janvier 2006

-Enquête-
Quel est le profil type de l’exploitant ?


Titulaire du Bepecaser ou d’un diplôme équivalent, l’exploitant type de 2005 affiche quarante-cinq ans et dirige depuis une dizaine d’années une école de conduite. Cette dernière enregistre 186 inscriptions par an et emploie sept personnes à temps plein.

A quoi ressemble un exploitant d’auto-école en 2005 ? Premier constat : avec 76 % d’hommes, le secteur est essentiellement masculin. Cela n’a cependant rien d’étonnant lorsque l’on sait qu’en France, dans le monde du travail, les postes de dirigeants sont pour la grande majorité tenus par des hommes. Mais si l’on compare ces résultats avec ceux enregistrés lors d’une enquête similaire effectuée par La Tribune des Auto-Écoles en 1998, on remarque que le taux de féminisation dans la profession est en légère hausse (23 % de femmes en 2005 contre 20 % en 1998). L’exploitant ou l’exploitante type est en moyenne âgé(e) de 45 ans et dirige un établissement de conduite depuis 14 ans. A titre de comparaison, en 1998, ce dirigeant type était à la tête de son entreprise depuis 11 ans et présentait un âge moyen de 41 ans. Si en 2005 la profession compte quelques nouveaux (2,94 % des sondés exercent depuis moins d’un an), force est de constater que 30 % des personnes interrogées sont aux commandes de leur entreprise depuis plus de 21 ans.

DES EXPLOITANTS DIPLÔMÉS
La quasi-totalité des exploitants est diplômée. Il est vrai que certains, notamment dans les petites structures, cumulent les fonctions d’exploitant et de moniteur. Mais selon notre enquête, il ne serait que 12 % à être dans ce cas. Par contre, la majorité des dirigeants actuels ont débuté dans le métier en tant que moniteur. Et ce n’est qu’au grés d’un concours de circonstances (départ à la retraite de leur patron, par exemple) ou dans le but de faire évoluer leur carrière qu’ils ont décidé de sauter le pas et d’endosser la panoplie de dirigeant d’entreprise. Parmi les 98 % de sondés titulaires d’un diplôme d’enseignant de la conduite, 61 % ont obtenu le Bepecaser (délivré depuis 1987), 27 % ont le CAPP (délivré de 1980 à 1987) et 9 % possèdent le CAPEC (délivré de 1966 à 1979). Enfin, 1 % est titulaires du BAFM. Selon notre étude, la profession serait relativement syndiquée puisque 47 % des sondés affirment appartenir à un syndicat. Mais attention ! Ces chiffres sont cependant à prendre avec des pincettes, car comme nous l’indiquons dans la méthodologie de cette enquête en page 17, un nombre non négligeable de questionnaires a été rempli sur le stand de La Tribune des Auto-Écoles lors du congrès CNPA qui se tenait en mai dernier à La Rochelle. Or, il ne semble pas incongru de déduire que les congressistes présents étaient syndiqués et membres du CNPA. Lors des enquêtes réalisées en 1998 et 1999 auprès du seul lectorat de La Tribune des Auto-Écoles, le taux de syndicalisation avoisinait les 25 %, ce qui semble plus représentatif de la réalité. Et encore, les estimations habituelles évoquent généralement un chiffre qui flirte plus avec les 10 %, un taux qui se rapproche du taux de syndicalisation national toute activité confondue qui, selon la DARES (Direction de recherche liée au ministère de la Cohésion sociale), serait de 8,2 %.

CNPA : UN SYNDICAT DE POIDS
Parmi les syndicats cités dans notre questionnaire 2005, le CNPA arrive largement en tête avec 66 % (encore une fois, ce résultat est à pondérer compte tenu du nombre important de bulletins remplis par les participants au congrès du CNPA). Viennent ensuite à égalité l’Unic (6 %) et l’Unidec (6 %) puis l’UNPFA (3 %), l’Adeca (2 %) et la Fnec (1 %) qui à elles trois totalisent le même pourcentage que l’Unic ou l’Unidec. On remarquera que ces chiffres sont en parfaite résonance avec les résultats des dernières élections du CSECAOP qui se tenaient fin 2004, puisque compte tenu du nombre de votes acquis, le CNPA décrochait 3 sièges ; l’Unic, 1 siège ; l’Unidec, 1 siège et enfin la Fnec qui représentait aussi bien l’UNPFA que l’Adeca remportait également 1 siège. Malgré les avantages apportés par les réseaux (tarifs négociés sur le matériel, informations juridiques, développements de partenariats ou de nouveaux marchés, etc.), seuls 27 % des personnes interrogées ont choisi de faire partie d’un groupement. L’Anper, CER, ECF et Elit se taillent la part du lion, suivis de CIR + et de CFR Européen.

ENTRE PESSIMISME ET RÉALISME
Force est de constater que l’avenir soulève de nombreuses interrogations au sein de la profession. Nombreux sont les exploitants à le dépeindre comme « sombre », « morose » ou « difficile ». Au palmarès des préoccupations, la hausse du prix des carburants remporte la palme. Certes, le sujet est d’actualité. Pourtant, contrairement à d’autres professionnels de la route tels que les routiers ou les taxis, les auto-écoles ne se sont pas regroupées pour faire pression sur le gouvernement et tenter d’obtenir des compensations. Comment cette augmentation du coût des carburants est-elle gérée ? Les établissements de conduite la répercutent-ils directement sur leurs tarifs ou renient-ils sur leur marge de bénéfice ? Autre sujet d’inquiétude : le poids des charges sociales. Pour beaucoup, non seulement les charges sociales sont trop lourdes à supporter pour l’établissement, mais elles empêchent d’augmenter les salaires des employés, notamment des moniteurs. Résultat : il est de plus en plus difficile de trouver des enseignants de la conduite compétents et motivés, prêts à travailler le soir et le samedi pour un salaire précaire. Viennent ensuite comme sujets de préoccupation : l’insécurité routière ; l’image de la profession pas toujours très positive ; la guerre des prix, qui même si elle est moins virulente qu’il y a quelques années, continue de faire son lot de victimes, notamment parmi les plus petites structures ; le manque de places d’examens ; les problèmes relationnels avec l’administration et les inspecteurs ; la pollution ; les problèmes de circulation ; les soucis de relations avec les élèves qui ne se sentent pas concernés par la sécurité routière et montrent souvent un manque de motivation et de responsabilité ; et enfin la fermeture de centres d’examens. Pour finir sur une note positive, certaines auto-écoles disaient être très en attente du permis à 1 euro par jour, espérant que ce dernier allait permettre de « rendre le permis plus accessible » aux jeunes et donc de générer un marché plus important pour les établissements de conduite…

S. A.
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