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query_stats Études et statistiques — Mai 2006

-Yves Le Breton, sous-directeur à la formation du conducteur au sein de la DSCR-
« Nous allons po


En 2004, le ministère des Transports a commandé l’étude socio-économique sur les écoles de conduite à l’université de Marne-La-Vallée. Yves Le Breton nous explique les motivations de la DSCR.

LA TRIBUNE DES AUTO-ÉCOLES : POURQUOI LA DSCR A-T-ELLE FAIT RÉALISER CETTE ÉTUDE ?
YVES LE BRETON : Lorsque nous avons commandé l’étude, nous avions une connaissance relativement mauvaise des réalités de la profession. Notamment parce que les chiffres sont assez difficiles à obtenir. Les notions de faible rentabilité des écoles de conduite ou de turnover étaient souvent avancées, sans qu’on en connaisse l’ampleur réelle. Cette étude nous permet donc d’avoir des données objectives, sur lesquelles baser nos discussions avec la profession. Elle a d’ailleurs été menée en étroite collaboration avec les professionnels, le comité de pilotage étant composé des membres du CSECAOP (ndlr : ancien CSECAOP tel qu’il était composé au début de l’étude, avant son renouvellement fin 2004). L’étude a été dévoilée au comité de pilotage courant mars et doit être présentée au sein du CSECAOP prochainement (ndlr : date non déterminée à l’heure où nous imprimons).

LA TRIBUNE : LES CONCLUSIONS SONT-ELLES SURPRENANTES OU ATTENDUES ?
Y. L. B. : L’étude apporte la confirmation qu’une bonne partie des écoles de conduite connaissent une situation difficile par leur structure même. 1/3 des entreprises sont en dessous du seuil de rentabilité. Ce qui explique le comportement qui en découle, notamment le travail dissimulé qui a été largement abordé lors des entretiens menés par les chercheurs.
L’étude est intéressante, car elle ouvre des pistes de rentabilité. Il apparaît ainsi que les auto-écoles qui se sont engagées dans la diversification sont dans une situation meilleure que celles qui ne proposent que le permis B, qui est une activité assez concurrentielle et à faible marge.
Ce qui est étonnant, en revanche, c’est que l’étude révèle qu’il n’existe pas de lien entre la performance économique et la performance opérationnelle. On aurait ainsi pu penser que les entreprises les plus rentables sont celles qui sacrifient la qualité ou à l’inverse que celles qui privilégient la qualité enregistrent les meilleures performances économiques. Ce n’est vrai ni dans un sens ni dans l’autre.

LA TRIBUNE : QUELLES SUITES VONT ÊTRE DONNÉES À CETTE ÉTUDE ?
Y. L. B. : Nous avons décidé de signer une deuxième convention avec l’université de Marne-la-Vallée pour poursuivre l’étude. Les fichiers de l’Insee, qui permettent d’avoir des informations sur les chiffres d’affaires, ont été disponibles assez tardivement et n’ont pas pu faire l’objet d’une exploitation poussée. Cela va aussi être l’occasion de travailler davantage sur la diversification, pour faire plus précisément le lien entre cette dernière et la performance des entreprises. Nous avons par ailleurs pour objectif de mettre en place un observatoire. L’idée est de définir une méthodologie qui nous permette par le biais de questionnaires annuels de collecter des données suivies et réactualisées sur la profession. L’étude a établi 5 catégories d’entreprises. Il faut les valider et, si elles s’avèrent intéressantes, les nourrir avec des données nationales. L’étude est également utile pour identifier les chantiers prioritaires sur lesquelles travailler, tels que la formation ou la labellisation des écoles. Par exemple pour la formation, un certain nombre de professionnels disent qu’il y a un manque de moniteurs, alors qu’il y a un nombre croissant de formations payées par les organismes sociaux. Malgré cette entrée importante de personnes dans l’activité, il y aurait pénurie de formateurs…

Propos recueillis par Bérengère Huvey



Pour consulter l’étude : http ://www.securiteroutiere.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/RR2_Dscr_er_ecoles_conduite_final_2005.pdf




LA RÉACTION DE MARIANNE ABRAMOVICI

Selon Marianne Abramovici, maître de conférence en Sciences de gestion et responsable scientifique de l’étude de l’université de Marne-La-Vallée : « le résultat de notre étude le plus marquant » est « peut-être le caractère structurellement peu profitable des entreprises individuelles sans salarié ». Certains types d’entreprises s’en sortent mieux que d’autres, comme le révèle le rapport qui s’est attaché à étudier la diversité de la profession. La scientifique constate d’ailleurs : « La forte hétérogénéité des résultats des entreprises que nous avons rencontrés en Seine-et-Marne confirme notre intuition selon laquelle comprendre le secteur en s’appuyant sur un portrait robot de l’entreprise moyenne offre une image incomplète et inexacte de ce secteur ».


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