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warning Accidentologie — Juin 2006

-Bilan 2005-
moins de 5 000 morts sur les routes


Le 6 juin dernier, le gouvernement présentait le bilan de l’accidentologie 2005. Principal fait marquant, la France métropolitaine est passée sous la barre des 5 000 tués. Pour la quatrième année consécutive, le nombre d’accidents mortels à baisser, faisant passer la France du 11e rang européen en 2001 au 7e rang en 2005. Mais certaines catégories d’usagers de la route sont toujours plus particulièrement touchées.

Avec « seulement » 4 975 morts dans des accidents de la circulation en 2005 en Métropole (contre 5 232 en 2004, soit – 4,9 %), selon les chiffres définitifs de la sécurité routière, le gouvernement a atteint l’objectif qu’il s’était fixé, passer sous la barre des 5 000 tués sur les routes. Il s’agit du meilleur résultat depuis 1953, une année où il y avait environ six fois moins de trafic. Selon le ministre des Transports Dominique Perben, « c’est la politique de fermeté que nous avons mis en œuvre qui a permis d’obtenir ces résultats, ainsi que l’accentuation de la lutte contre l’alcoolémie et pour le port de la ceinture de sécurité, notamment par les passagers arrière ». De plus, les dépassements de plus de 10 km/h de la vitesse autorisée ont diminué pour les véhicules de tourisme et les poids lourds, mais pas pour les motocyclettes.

NOUVELLE DÉFINITION DE LA GRAVITÉ DES BLESSURES
Précisons toutefois que ce résultat prend encore en compte, et pour la dernière fois, les décès intervenus dans un délai de 6 jours maximum après l’accident. Dans un souci d’harmonisation européenne, on compte désormais parmi les personnes tuées celles qui décèdent dans les trente jours qui suivent l’accident.  De plus, la définition de la gravité a également changé : on ne parle dorénavant plus de « blessés graves » et de « blessés légers », mais de « blessés hospitalisés », c’est-à-dire séjournant plus de 24 heures à l’hôpital, et de « blessés non hospitalisés », qui reçoivent des soins médicaux, éventuellement à l’hôpital sans toutefois y être admis plus de 24 heures.
Sur ces nouvelles bases, les chiffres 2005 sont les suivants :
• 5 318 tués contre 5 593 en 2004, soit – 4,9 %
108 076 blessés contre 108 366 en 2004, soit – 0,3 %
85 390 accidents corporels contre 84 525 en 2004, soit – 1 %
Cependant, ces bons résultats sont à tempérer, car il n’y a pratiquement pas eu en 2005 d’augmentation du trafic, en raison de la hausse du prix des carburants.

PIÉTONS ET DEUX ROUES TOUJOURS PLUS VICTIMES
La baisse a surtout profité aux usagers de voitures de tourisme (- 10 % de tués) et de véhicules utilitaires (- 9 %). Mais plusieurs catégories d’usagers de la route ne bénéficient pas de l’amélioration générale, comme en particulier les piétons (+ 8 %), les usagers de poids lourds (+ 4,7 %), les motards (+ 1,3 %), les cyclomotoristes (+ 3,8 %) et les cyclistes (+ 0,8 %). Près d’une victime tuée sur quatre est un usager de deux-roues motorisés. La situation s’est également dégradée pour les 15-17 ans (+ 15,6 %) et les plus de 65 ans (+ 3,5 %). Cependant, la tranche des 18-24 ans connaît malgré tout une amélioration puisque pour la première fois, la baisse des tués chez les 18-24 ans est plus forte que la baisse générale (- 6,9 %). On peut également se réjouir que la catégorie des moins de 15 ans connaisse une forte baisse (- 25,1 %).

LANDES ET CORSE-DU-SUD : LES DEUX EXTRÊMES
Depuis 2001, l’Observatoire publie un palmarès des départements déterminé à partir d’un indicateur d’accidentologie locale (IAL) établi sur cinq années glissantes. Cet indicateur prend en compte les particularités des réseaux et des trafics respectifs et permet d’apprécier le risque d’être tué en fonction des parcours, par rapport à la référence constituée par les données de la métropole. Sur la période 2001-2005, les départements les mieux classés sont les Landes (0,59), l’Isère et la Côte d’Or (0,63), les Hauts-de-Seine (0,65) ou encore l’Essonne (0,69). Par contre, il est plus risqué de circuler en Corse-du-Sud (1,84), dans l’Yonne (1,59), le Gers (1,58) ou l’Ariège (1,56)…

Christophe Susung

Pour en savoir plus : www.securiteroutiere.gouv.fr/observatoire.


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