L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) a publié le bilan définitif de l’accidentalité. Si le nombre d’accidents corporels est en légère baisse, ces derniers font plus de victimes.
En métropole, 3 193 personnes sont décédées en 2024 sur les routes (2 465 hommes et 728 femmes), soit 26 tués de plus qu’en 2023 (+ 0,8 %). Le nombre total de blessés est estimé à 236 000, ce qui représente une augmentation de 0,3 % par rapport à 2023, alors que le nombre de blessés graves estimés reste stable (près de 16 000 blessés graves). Si l’on rapproche ces chiffres à ceux de 2019 qui reste l’année (avant Covid) de référence sur la décennie 2020-2030, pour l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), on constate une tendance légèrement à la baisse : - 1,6 % de tués, - 1,4 % de blessés estimés, dont - 2,0 % de blessés graves estimés.
Sur les routes d’Outre-mer, 239 personnes ont perdu la vie en 2024 (198 hommes et 41 femmes), soit une hausse de la mortalité de 3 % par rapport à 2023, mais en baisse de 6 % par rapport à 2019. Le nombre total des blessés est estimé à 4 300, soit une augmentation de 2 % par rapport à 2023 et de 17 % par rapport à 2019.
Au total, 3 432 personnes sont décédées sur les routes de France métropolitaine et d’Outre-mer en 2024, contre 3 398 en 2023. La mortalité routière est donc en légère hausse (+ 1 %) par rapport à 2023 mais inférieure de 2,9 % par rapport à 2019.
Pourtant, le nombre des accidents corporels est en baisse (183 370 en 2024 contre 184 351 en 2013, soit une différence de 981). Ce qui signifie que les accidents corporels sont plus graves.
Une forte disparité entre les territoires
On constate, par ailleurs, une forte inégalité entre les différents territoires. Si l’on ramène la mortalité routière par million d’habitants, c’est en Nouvelle Calédonie que la route tue le plus (178 morts par million d’habitants contre 46 en Métropole), viennent ensuite la Guadeloupe (136 décès), la Polynésie française (118 tués), la Guyane (117 morts) et la Martinique (74 décès). Si l’on compare l’ensemble des territoires d’Outre-mer qui enregistre en moyenne 89 morts par million d’habitants, la mortalité routière y est quasiment deux fois plus élevée qu’en Métropole (46 tués par millions d’habitants). Seules les îles de La Réunion (45 tués) et de Mayotte (33 morts) affichent une mortalité routière inférieure à celle de la Métropole.
Si l’on se concentre sur l’Hexagone, on constate également une grande disparité de la mortalité routière d’un département à l’autre. 63 départements métropolitains ont un ratio de tués par million d’habitants supérieur à 50 tués par million d’habitants. Parmi ceux-là, 31 ont un ratio supérieur à 65 tués par million d’habitants. Et sur ces 31 départements, 27 sont des départements identifiés « de montagne » ou « ruraux peu denses ». En revanche, les départements de l’Île-de-France, le Bas-Rhin, le Nord et le Rhône affichent la mortalité routière la plus basse par million d’habitants.
Les 18-24 ans, tranche d’âge la plus à risque
Les jeunes adultes de 18-24 ans sont ceux qui présentent le plus de risque d’avoir un d’accident grave : 529 tués en 2024, soit 32 tués de plus et une hausse de 6 % par rapport à 2023. Cela représente 97 tués par million d’habitants de cette classe d’âge alors que la moyenne tous âges confondus est de 48 tués par million d’habitants. 2 800 jeunes ont été blessés gravement, un chiffre stable par rapport à 2023. Cela représente 513 blessés graves par million d’habitants de cette classe d’âge alors que la moyenne tous âges confondus est de 241 blessés par million d’habitants.
Les adultes de 25-34 ans présentent également un risque élevé de décéder dans un accident de la route (441 tués en 2024, soit 24 tués de moins qu’en 2023, mais un risque de 57 tués par million d’habitants), et encore plus d’être blessés gravement (2 400 blessés graves, soit - 1 % par rapport à 2023, mais un risque 1,3 fois plus élevé que la moyenne).
Chez les 75-84 ans, on compte 346 tués en 2024 (soit 8 de plus par rapport à 2023), cela représente 74 tués par million d’habitants.
Quant aux seniors de 85 ans ou plus, 189 ont perdu la vie en 2024, soit 10 de plus qu’en 2023. Les plus de 85 sont la tranche d’âge la plus à risque de décéder sur les routes, après les 18-24 ans, avec un risque de 84 décès par million d’habitants.
Enfin, les enfants et les adolescents sont les moins à risque de décéder sur les routes : en 2024, on a enregistré 46 tués de 0-13 ans (3 tués de moins qu’en 2023 et 15 tués de moins qu’en 2019) et 94 tués de 14-17 ans (22 tués de moins qu’en 2023, une année au bilan élevé, mais encore 2 tués de plus qu’en 2019).
Les hommes surreprésentés dans les accidents mortels
En France métropolitaine, 2 465 hommes et 728 femmes sont morts dans un accident de la route en 2024 : 77 % des personnes décédées sont donc de sexe masculin. Par rapport à 2023, le nombre de tués de sexe masculin a augmenté de 0,3 % (+ 8 tués), et le nombre de tués de sexe féminin est en hausse de 2,5 % (+ 18 tuées). La part des hommes dans la mortalité routière se maintient (77,2 % contre 77,6 % en 2023, 77,3 % en 2019 et 76,7 % en 2018). Cependant, on observe que 75 % des blessés graves sont de sexe masculin, un ratio en retrait par rapport à 2020, 2021, 2022 et 2023 mais supérieur à 2019. Rapporté à l’ensemble de la population, le nombre de tués atteint son maximum chez les hommes de 18-24 ans (153 tués pour 1 million d’habitants). À partir de 25 ans ce ratio baisse, puis augmente à nouveau à partir de 75 ans pour atteindre 150 tués par million d’habitants chez les 85 ans ou plus.
Concernant les femmes, la tendance est identique en fonction de la courbe des âges, avec cependant des ratios jusqu’à 6 fois inférieurs à ceux des hommes chez les 25-44 ans. En revanche, le ratio maximal concerne les femmes âgées de 75-84 ans avec 49 femmes tuées par million d’habitants. Quel que soit le mode de déplacement, la part des hommes tués est systématiquement supérieure à celle des femmes ; mais elle est très variable selon le mode de déplacement. En effet, les hommes affichent des proportions qui s’étalent de 61 % des tués dans le cas de la marche à pieds à 94 % dans le cas des deux-roues motorisés, en passant par 71 % dans le cas des véhicules de tourisme.
Les présumés responsables d’accidents mortels
Les forces de l’ordre inscrivent dans le fichier national des accidents (BAAC) les personnes présumées responsables de l’accident. Le plus souvent, une seule personne est identifiée comme présumée responsable (PR), mais il arrive parfois que plusieurs personnes soient indiquées comme PR pour un seul et même accident. Dans un très faible nombre de cas, aucun PR n’est identifié.
En 2024, 3 161 personnes sont présumées responsables d’accidents mortels. Parmi ces personnes, 2 019 sont décédées dans l’accident qu’elles ont causé, 414 ont été plus ou moins grièvement blessées et 728 en sont sorties indemnes. Les 18-34 ans représentent 37 % des présumés responsables d’accidents mortels, les 75 ans et au-delà de cet âge sont 13 % et les 14-17 ans représentent 2 %. Parmi les présumés responsables d’accidents mortels, 57 % étaient en véhicule de tourisme, 17 % en deux-roues motorisés, 12 % en véhicule lourd (VU ou PL), 5 % à pied, 4 % en vélo et 1 % en EDPm.
Les principaux facteurs des accidents mortels
Dans les accidents mortels, la vitesse excessive ou inadaptée et l’alcool restent les deux premiers facteurs cités (respectivement pour 29 % et 22 % des accidents dans lequel le conducteur est présumé responsable). L’inattention, les stupéfiants et les malaises sont cités chez respectivement 14 %, 13 % et 10 % des présumés responsables (PR). Les manœuvres dangereuses (dépassement dangereux, changement de file, non-respect des distances de sécurité) sont citées chez 11 % des PR, les refus de priorité chez 10 % des PR et les contresens chez 4 % des PR.
En 2024, on estime que près de 1 250 personnes sont décédées dans un accident où au moins un conducteur était positif à l’alcool et/ou aux stupéfiants, ce qui représente 40 % des décès. Dans la moitié des cas, il s’agissait de consommation d’alcool seul, un quart des cas de stupéfiants seuls, et dans un quart des cas le conducteur était à la fois alcoolisé et sous stupéfiants. Le risque d’être responsable d’un accident mortel est multiplié en moyenne par 18 avec l’alcool et par 34 en cas de cumul alcool et stupéfiants.