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two_wheeler Deux-roues — Janvier 2010

-Marché du deux-roues-
Entre crise et espoir


L’année 2009 a été particulièrement morose pour le marché de la moto et du scooter. Ventes en berne, Mondial du Deux-roues annulé à Paris, Salon de Milan pauvre en nouveautés, la profession courbe l’échine en attendant des jours meilleurs.

« Cette fois, c’est bien la crise », titrait L’Officiel du cycle et du motocycle, l’organe de la profession, dans son édition d’octobre 2009. Rien ne semble enrayer la baisse des ventes des deux-roues motorisés (2RM) depuis le début de la crise financière, fin 2008. Le nombre d’immatriculations a chuté de 10 % lors des huit premiers mois de l’année. Les intentions d’achat des particuliers ont été reportées sine die ou plus simplement annulées dans l’attente de jours meilleurs. Pour ne rien arranger, les substantielles augmentations de tarifs décidées par les constructeurs, poussés à prendre des mesures radicales pour subsister, ont constitué un frein supplémentaire. Ajoutons à cela un début d’année à la météo exécrable et la messe est dite. Un temps considérée comme un probable appel d’air, la mise en place du système d’immatriculation des véhicules (SIV), en avril dernier, n’a pas eu l’effet escompté. Idem pour l’été, période pourtant propice à la pratique et donc à l’achat d’un 2RM, mais qui n’a pas réussi à relancer cette machine sérieusement grippée.

DES SOUCIS POUR LES JAPONAIS !
Chez les constructeurs, les Japonais font la grimace. Depuis janvier, les ventes de Yamaha ont reculé de 14,3%, celles de Honda de 18,9%, Suzuki boit la tasse (-26,6%)   et   Kawasaki   évite  le  pire  (-8,8 %) grâce à ses  best-sellers (Z750 et ER-6). Depuis la rentrée, ces marques multiplient les opérations de séduction sous forme de crédits alléchants, de promotions ou de « bons plans » pour tenter de sauver leur année.
Paradoxalement, ce sont les marques dites « premiums », orientées vers le haut de gamme, qui ressentent le moins les effets de la crise. Harley-Davidson – qui vient de cesser la fabrication des Buell – progresse (+8,5%), tout comme Ducati (+4,3 %),
Triumph (+1,4 %) et KTM (+0,8 %) se maintiennent. Parmi les Européens, seul BMW a passé un début d’année difficile (-12,4 %).

GROS SUCCÈS POUR LE MP3 DE PIAGGIO
La lecture du hit-parade des modèles les plus vendus bouleverse les repères, car il est outrageusement dominé par… un trois-roues. Le MP3 400 LT n’en finit pas de faire le bonheur de Piaggio qui a écoulé, à la fin octobre, 9 179 exemplaires de son puissant tricycle accessible sans formation aux titulaires du permis B. Second du classement, le scooter Yamaha 125 X-Max continu à séduire avec 6 716 exemplaires. La première moto, la Kawasaki Z 750 (5 266 ex) se trouve à la troisième place, la clientèle étant toujours sensible à la dernière mouture de ce roadster agressif et abordable (7 499 euros). Quatrième, l’ER-6 (4 440 ex) prolonge le succès de Kawasaki. Figurent ensuite les Peugeot Satelis 125 (3740 ex), le Suzuki Burgman 125 (3 361 ex) et Piaggio 125 Xevo (3 273 ex), la Suzuki Bandit 650 (3 145 ex), la petite Honda CBF 125 (3 124 ex) et le bon début de la Yamaha XJ6 (3 009 ex) située juste devant une autre machine prisée des moto-écoles, l’YBR 125 (2 981 ex).

PEU DE NOUVEAUTÉS POUR LES MOTO-ÉCOLES
Conséquence directe de cette méforme, le Mondial du Deux-roues, qui devait initialement se tenir en octobre a été reporté, faute de participants, à 2010. Pour découvrir les nouveautés, il fallait se tourner vers Milan (Italie) où s’est déroulée, du 10 au 15 novembre, la 67ème édition de l’Eicma, le Salon international de la moto. Comme à Paris, Honda et Yamaha, étaient absents. Touchés de plein fouet par la crise, les deux principaux constructeurs mondiaux ont annulé leurs participations aux salons européens. Mais la présence des marques italiennes (Aprilia, Ducati, Moto guzzi, Piaggio…), de Kawasaki, de Suzuki et d’environ 1 000 exposants spécialisés dans l’accessoire et l’équipement ont permis de sauver la fiera italienne.
Parmi les modèles présentés, la Ducati 1200 Multistrada, un trail routier survitaminé, et la nouvelle mouture de la Z 1000, le gros roadster de Kawasaki, étaient les incontestables vedettes de ce rassemblement. La surprise est venue du stand de BMW où le constructeur bavarois présentait, au côté des versions retouchées de la R1200 RT (moteur et carénage) et R 1200 GS (moteur plus sportif), un prototype de café-racer, le Concept 6, doté d’un moteur à six-cylindres ! Cette motorisation de 1 600 cm3 pourrait équiper à court terme les futurs modèles de la gamme K. Écologie oblige, l’Eicma consacrait un espace « Green planet » dédié aux modes de propulsions « verts ». (voir encadré).
Pour les formateurs à la conduite, la moisson était plutôt maigre. Il ne fallait en aucun cas rater le stand Peugeot. La marque française exposait deux modèles susceptibles d’intéresser les moto-écoles : e Tweet, un scooter doté de grandes roues – le marché italien en est friand – disponible en trois cylindrées (50, 125 et 150 cm3) et le Kisbee, un 50 cm3 économique dont le prix devrait être inférieur à 1 200 euros. Leurs arguments seront-ils suffisants pour détrôner les Peugeot Ludix et autres Yamaha YBR 125, reines des pistes de moto-écoles ? à vous de décider.

Aurelien Gérard





LES SCOOTERS « VERTS »

Au sein de l’Eicma, un espace « Green planet » était réservé aux véhicules « propres ». Une problématique particulièrement accrue en Italie où les centre-villes se ferment de plus en plus aux véhicules polluants.

Parmi les deux-roues présentés (parmi lesquels un vélo électrique et des mini-voitures signées Ducati), les hybrides – dotés d’une double motorisation thermique et électrique – retenaient particulièrement l’attention.
Honneur au Piaggio MP3 Hybrid, seul modèle à être pour le moment commercialisé, qui combine un moteur de 125 cm3 de 15 ch et un moteur électrique de 3,5 ch alimenté par une batterie lithium-ion. Outre une marche arrière, ce scooter fonctionne au choix selon trois modes (2 hybrides, 1 électrique) selon les circonstances. Au guidon, le poids élevé est compensé par les accélérations décoiffantes du mode « Power » qui mixte propulsion thermique et électrique. En conduite apaisée, ce scooter consomme environ 1,6 l/100 km en émettant 40 g/km.
Aperçu lors du Mondial de l’auto 2008, le Peugeot Hybrid3 Evolution (une version sans toit) pousse ce concept plus en avant. Chacune des trois roues motrices loge à l’arrière un moteur (thermique suralimenté (300 cm3, 41 ch) et électriques (2x3kW) à l’avant. Peugeot annonce une consommation de seulement 2 l/100 km et un taux d’émission de 48 g/km de CO2. Outre la propulsion, les moteurs électriques participent activement au freinage (distance raccourcie de 30 %) et, comme sur les modèles concurrents, récupèrent l’énergie lors de cette phase pour récharger les batteries.
De son côté, Malaguti exposait son projet de scooter hybride à deux-roues à la conception plus  classique. Le petit moteur thermique de 50 cm3 (V max : 45 km/h) intègre un générateur (1,6 kW) couplé à des batteries au plomb qui permettent des trajets « zero émission » de 20 km. La commercialisation est envisagée pour le printemps prochain à un tarif annoncé comme « très intéressant ».


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