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warning Accidentologie — Septembre 2009

-OMS-
Premier bilan de l’accidentologie dans le monde


L’Organisation mondiale de la santé (OMS) publie pour la première fois un état de la sécurité routière et de l’accidentologie dans le monde. Chaque année, on enregistre plus d’1,2 million de tués et de 20 à 50 millions de traumatismes non mortels dus aux accidents de la route.

Savez-vous que les accidents de la route représentent 2,2 % des décès dans le monde chaque année ? En tout, ce sont environ 1,2 million de personnes qui perdent la vie dans un accident de la route et 20 à 50 millions présentent des traumatismes non mortels mais plus ou moins importants. C’est ce que révèle le premier « Rapport de situation sur la sécurité routière dans le monde », publié par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a enquêté auprès de 178 pays, dont la France.

PLUS D’ACCIDENTS DANS LES PAYS PAUVRES
Premier constat : il existe une forte inégalité entre les pays riches et les pays pauvres. Ainsi, relève le rapport « plus de 90 % des décès par accident de la route surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où l’on ne compte que 48 % du parc national de véhicules ». Cependant, le rapport reconnaît que « dans beaucoup de pays à revenu élevé, même si le nombre de décès a diminué ces quarante à cinquante dernières années, les accidents de la circulation restent une cause importante de décès, de traumatisme et de handicap ». Ainsi, dans le palmarès des 10 pays où l’on compte le plus de décès suite à un accident de la route, les Etats-Unis viennent en troisième position après l’Inde et la Chine et devant la Russie, le Brésil, l’Iran, le Mexique, l’Indonésie, l’Afrique du Sud et l’Egypte. Rappelons tout de même que si ces 10 pays représentent 62 % des décès rapportés, ils abritent 56 % de la population mondiale. Inversement, les bons élèves sont Malte, les Pays-Bas, la Norvège, le Royaume-Unis, l’Islande, la Suisse et la Suède.

UN TIERS DES VICTIMES SONT DES USAGERS VULNÉRABLES
L’inégalité est également palpable au niveau du type d’usagers. En effet, la plupart des tués sont des jeunes, mais ce sont surtout des personnes dites vulnérables, à savoir des piétons, des cyclistes et des deux-roues ou trois-roues motorisés, puisque ces trois catégories d’usagers représentent à elles seules 46 % des tués de la route dans le monde.
Le rapport constate que « de nombreux pays ne tiennent pas suffisamment compte des besoins des groupes vulnérables dans leurs politiques de transports alors même que la motorisation augmente partout dans le monde ». Si rien n’est fait, les accidents de la route qui occupent actuellement le 9e rang des principales causes de décès dans le monde pourraient bien passer à la 5e place d’ici 2030.

DES PISTES POUR ENDIGUER LE MAL
Cependant, cette triste réalité n’est pas une fatalité. Bien au contraire. Il est possible d’y remédier en instaurant des politiques de sécurité routière efficaces axées sur différents angles :
1/ la vitesse.
Selon le rapport, « une élévation de 5 % de la vitesse moyenne entraîne une augmentation d’environ 10 % du nombre d’accidents non mortels et de 20 % des accidents mortels ». Aussi l’OMS préconise que la vitesse autorisée en agglomération ne doit pas dépasser 50 km/h.
2/ la conduite en état d’ébriété.
Le rapport rappelle que « le risque pour un conducteur d’être impliqué dans un accident augmente sensiblement lorsque son alcoolémie dépasse 0,04 g/dl. Or, si 93 % des pays participants à l’enquête « signalent disposer d’une législation nationale ou locale sur la conduite en état d’ébriété », seuls 49 % ont fixé le seuil d’alcoolémie autorisé égal ou inférieur à 0,05 g/dl.
3/ le port du casque.
L’OMS souligne que le port du casque permet de réduire le risque de décès de près de 40 % et le risque de traumatismes graves de 70 %. Encore une fois, près de 90 % des pays disposent d’une réglementation sur le port du casque. Mais nombre d’entre eux prévoient des dérogations pour les enfants, par exemple, ou les personnes qui portent un couvre-chef (la confusion étant faite avec un casque…), de plus les casques ne répondent souvent à aucune norme et la plupart sont inefficaces en cas de chutes. Enfin, les contrôles sont souvent trop peu fréquents.
4/ le port de la ceinture.
« En cas d’accident, le port de la ceinture de sécurité à l’avant réduit de 40 à 50 % le risque de décès parmi les passagers » et à l’arrière « de 25 à 75 % ». Le port de la ceinture à l’avant est obligatoire dans 88 % des pays de l’enquête, mais celui de la ceinture à l’arrière seulement de 57 %. L’un des principaux obstacles au port de la ceinture est tout bonnement l’absence de cet équipement de sécurité sur des voitures trop anciennes ou sur des véhicules de type taxis collectifs.
5/ les dispositifs de sécurité pour enfants.
S’il paraît aujourd’hui inconcevable de transporter un bébé autrement que dans son siège-auto, moins de la moitié des pays déclarent être dotés d’une législation rendant obligatoire l’utilisation de dispositifs de sécurité pour enfants dans le véhicule.
6/ les infrastructures.
Enfin, cet élément est déterminant. Trop de pays ne prévoient pas d’infrastructures sûres pour les usagers les plus vulnérables, permettant notamment de séparer les piétons des véhicules motorisés, des feux pour traverser à un carrefour ou tout simplement des panneaux de signalisation. Bref, le Ba-BA du partage de la route.

S. A.



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