Pour la 7e année consécutive, le nombre des victimes de la route est en baisse. Des résultats évidemment encourageants même s’il reste toujours des progrès à faire en matière de lutte contre l’alcoolisme au volant, notamment.Le 19 juin dernier, lors de la présentation des chiffres de l’accidentologie 2008, les représentants du gouvernement avaient le sourire. Il faut dire qu’avec 4 443 tués contre 4 838 en 2007, on enregistre une baisse de 8,2 % des victimes de la route. L’évolution des accidents corporels est également en diminution (- 8,4 %) avec 76 767 accidentés corporels en 2008 contre 83 850 en 2007. Même chose pour les blessés puisqu’ils passent sous la barre des 100 000 avec 96 905 en 2008 contre 106 709 en 2007, ce qui représente une baisse de 9,2 %. On notera que ces chiffres concernent la France entière (Métropole + DOM). Or, en termes de tués sur la route, la diminution a été nettement plus importante dans les DOM (- 22,9 %) qu’en Métropole (- 7,5 %). Ces « bons » chiffres permettent d’enregistrer une baisse des tués et des blessés pour la 7e année consécutive.
HAUSSE DES DÉCÈS CHEZ LES CYCLISTESSi l’on compare les chiffres de 2008 par rapport à ceux de 2007 et par type d’usagers, la plus forte amélioration se remarque chez les cyclomotoristes (313 morts, soit -14 %), viennent ensuite les véhicules légers (2 256 décès, soit - 11 %), les motocyclistes (844, soit - 4, 3 %) et les piétons (580, soit - 2,4 %). Seuls les cyclistes enregistrent une hausse du nombre de tués avec 159 morts en 2008, soit une augmentation de 1,9 % par rapport à 2007.
Pour ce qui est des classes d’âge, elles sont toutes en baisse, mais le meilleur résultat est obtenu pour les 0-14 ans, avec - 24 % par rapport à 2008 (voir le tableau). Enfin, en termes de réseau, c’est sur autoroute que la baisse est la plus significative, avec 234 morts, soit -15,2 %. Viennent ensuite les routes nationales et départementales où l’on a comptabilisé 3 269 décès, soit une baisse de 8,5 % et les autres voies (940 tués, soit - 8,2 %).
RÉDUCTION DE LA VITESSE MOYENNE DE 10 KM/HCes résultats satisfaisants s’expliquent par la baisse du trafic routier de 1,4 % en 2008 par rapport à 2007, due notamment à la très forte hausse du prix des carburants durant quelques mois. Selon l’Observatoire national interministériel de sécurité routière (ONISR), « cette diminution touche l’ensemble des véhicules : les véhicules particuliers avec - 1,5 %, les véhicules utilitaires légers avec - 0,7 % et particulièrement les véhicules lourds (poids lourds, bus et cars) avec - 4,6 % ».
La diminution du nombre des victimes de la route s’explique également par la baisse des vitesses moyennes de 10 km/h, dues aux radars, même si les progrès sont moins visibles pour les motocyclistes qui continuent à dépasser les vitesses réglementaires (+ 4 km/h sur autoroute et + 6 km/h sur les nationales).
Enfin, l’augmentation du port de la ceinture, déjà observé depuis 5 ans, se poursuit. On atteint quasiment 100 % à l’avant et 85 % à l’arrière. Le gouvernement rappelle cependant que des efforts restent à faire sur le port de la ceinture à l’arrière car si tout le monde avait bouclé sa ceinture, on aurait pu sauver 8 % des vies en 2008.
L’ALCOOL, LE FLÉAU DE LA ROUTETous ces bons résultats ne doivent pas occulter le dossier noir, à savoir l’absence de progrès en matière d’alcoolémie. En effet, l’année dernière, ce sont 16,5 % des conducteurs impliqués dans un accident de la route qui présentaient un taux d’alcoolémie supérieur à 0,5 g/l. Un résultat qui ne s’améliore pas d’année en année, puisqu’en 2007, ils étaient 17 % à rouler dans l’illégalité contre 16,5 % pour les années précédentes. Le gouvernement souligne, par ailleurs, que « dans 90 % des accidents mortels avec un taux d’alcool illégal, ce taux est supérieur à 0,8 g/l et dans un cas sur deux, il est supérieur à 1,5 g/l ». Enfin, « 26 % des vies auraient pu être sauvées grâce au respect du taux légal d’alcoolémie par les conducteurs ». Cela fait réfléchir, non ?
Sandrine Ancel