En juin dernier à Lyon Bron, un colloque traitait des interactions entre sécurité routière et développement durable. C’était également l’occasion de fêter les 30 ans du CESR Lyon Bron.La sécurité routière et le développement durable, tel était le thème du colloque organisé le 29 juin dernier par ECF sur le site du CESR de Lyon Bron. La sécurité routière s’inscrit en effet dans une démarche collective sur les 3 piliers du développement durable : social, économique et environnemental. Les comportements éco-responsables sur la route contribuent à réduire les risques et la gravité des accidents (social), les coûts d’indemnisation (économique) et la consommation de carburant, donc l’émission de CO2 (environnemental).
LE DÉVELOPPEMENT DURABLE N’EST PAS UNE MODEDidier Livio, P-dg de Synergence, entreprise d’ingénierie en développement durable, a souligné que le développement durable « ne doit être ni un phénomène de mode ni une réponse à la pression des écologistes. La formation du conducteur touche de multiples thèmes du développement durable : vitesse, conduite économique, représentations de l’automobile (rapports aux autres, égalité homme/femme), etc. »
Jean-Pascal Assailly, chercheur à l’Inrets, a ensuite précisé que l’éco-conduite correspond au niveau III de la matrice GDE : la façon d’organiser sa mobilité et d’utiliser sa voiture. Pour le chercheur, « il faut introduire l’éco-conduite de manière progressive, ne pas trop en demander d’un coup à un conducteur débutant. Et en examen ne pas reprocher une conduite trop molle. » Des obstacles subsistent à l’introduction de l’éco-conduite. « La mauvaise qualité de la formation dans certains centres fait que l’on ne va pas leur ajouter d’objectifs supplémentaires ! Enfin, rien ne dit que les conducteurs vont maintenir l’éco-conduite une fois le permis obtenu. »
DE NOMBREUSES ACTIONS D’ÉCO-CONDUITEPour Gérard Acourt, président de l’association ECF Conduite et sécurité routière, « l’éco-conduite est un axe prioritaire. Une conduite apaisée est une conduite sûre et une conduite économique : tout est lié, un progrès en entraîne un autre. Le conducteur doit avoir compris pourquoi il faut adopter un comportement, l’avoir admis et le retenir. »
Il a ensuite rappelé le développement d’actions d’éco-conduite avec la Banque postale, la Fédération française des taxis de province et avec Renault.
Parmi les nombreux modules de formation développés par ECF, le dernier-né est consacré à l’éco-conduite, ceci à plusieurs niveaux, selon que le bénéficiaire de la formation est un élève ou un conducteur confirmé et selon le temps dont il dispose.
Le vice-président d’ECF, Jean-Pierre Martin, a souligné l’importance de la mobilité durable dans les projets éducatifs locaux. « C’est en effet dans les 15/20 km autour de chez eux que les jeunes se tuent le plus. »
LE RÔLE DES JOURNÉES VIELe président du CESR-ECF de Lyon-Bron, René Chomette, a rappelé la création, il y a 10 ans, des Journées VIE (Véhicule, Individu, Environnement), destinées aux classes de 5e, 3e et de lycée. « Il s’agit de sensibiliser à l’AAC, d’organiser des débats avec parents et élèves…, et pourquoi pas de parler d’éco-conduite, pour améliorer durablement les comportements. Nous recevons aussi les professeurs pour les aider à animer des actions de sécurité routière. »
Michèle Merli, déléguée interministérielle à la sécurité routière, a conclu les débats en soulignant que « l’éco-conduite, c’est du gagnant-gagnant, puisque économie, écologie et sécurité vont de pair. » Un sentiment partagé par tous lors de ce colloque !
Christophe Susung
CESR DE LYON-BRON : 30 ANS DÉJÀ !
Créé en 1979, le Centre d’éducation et de sécurité routière ECF de Lyon-Bron (105 salariés), est une plate-forme de compétence au service de la formation et de la sensibilisation à la sécurité routière. Il intervient dans le cadre du continuum éducatif auprès des enfants, adolescents, adultes, salariés d’entreprises et seniors. « Ce centre a été créé par des passionnés » se réjouit René Chomette, son président. « Ici il y a des gens qui sont là depuis 20 ans, ce qui est rare dans notre profession ! » La particularité du centre est la présence d’une formation sur piste, où les élèves sont seuls dans la voiture, et qui alterne avec la formation en circulation. Le CESR Lyon Bron a formé 200 000 personnes depuis sa création.