Pour la cinquième année consécutive, Axa Prévention a réalisé un sondage* auprès des conducteurs français pour étudier l’évolution de leurs comportements sur la route. Bilan.Si la peur du gendarme se révèle généralement efficace pour modérer les comportements à risque sur la route, la prise de conscience des dangers chez les conducteurs est évidemment nettement plus souhaitable. En cinq ans, les Français seraient-ils devenus raisonnables ? C’est ce que tend à démontrer le cinquième baromètre Axa Prévention. En effet, comme on peut le constater sur les autoroutes, les automobilistes ont levé le pied. Ainsi, s’ils étaient 29 % à déclarer rouler à 160/170 km/h sur autoroute en 2004, ils ne sont plus que 20.
DES CONDUCTEURS MENTEURS ?Pour ce qui est de l’alcool au volant, les statistiques sont encore plus encourageantes puisque seuls 4 % des sondés avouent conduire après avoir bu 4 ou 5 verres, contre 14 % en 2004. Ces résultats laissent cependant quelque peu dubitatif, lorsqu’on les rapproche avec ceux de l’accidentologie 2008. Rappelons que 16,3 % des accidents mortels étaient imputables à un taux d’alcoolémie supérieur à la légalité pour le conducteur… Faut-il en conclure que l’échantillon de ce sondage n’était pas représentatif ou que les conducteurs n’assument pas d’avouer rouler en état d’ébriété ?
UN INTÉRÊT POUR LA PRÉVENTIONAutre évolution remarquable : la prévention est désormais perçue comme importante par plus d’un Français sur deux (51 % des sondés en 2009 contre 28 % en 2004). Parmi les points qui semblent prioritaires, les jeunes arrivent en tête, suivi de la sensibilisation aux effets de l’alcool (les deux pouvant être compatibles) et de l’éducation routière en classe. Enfin, les personnes interrogées estiment que les infrastructures routières pourraient être améliorées pour contribuer à plus de sécurité sur la route.
LA PRÉVENTION, C’EST POUR LES AUTRES !Mais ces bonnes intentions semblent s’arrêter là… Entre ce que pensent les sondés et ce qu’ils reconnaissent faire, il y a souvent un fossé. En effet, si en 2009, 90 % des personnes interviewées concèdent que rouler à vive allure à quelques mètres du véhicule qui précède est dangereux, 21 % avouent le faire. Tout aussi significatif, 70 % affirment qu’il est dangereux de rouler à plus de 65km/h en ville, mais près de la moitié des conducteurs (48 %) dépassent les 50km/h. De même, si 84 % des Français trouvent qu’il est dangereux de doubler ou de tourner sans mettre son clignotant, 53 % oublient ou ne prennent pas la peine de le mettre… Bref, « faite ce que je dis, mais pas ce que je fais ! »
Sandrine Ancel
* Echantillon de 804 personnes interrogées par téléphone du 15 au 23 janvier 2009.