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menu_book Code de la route — Septembre 2024

SNU : Retour d’expérience sur le module de sécurité routière

Au cours du séjour de cohésion du Service national universel, les participants sont invités à suivre un enseignement de sensibilisation à la sécurité routière. Jean-Marie Cresson, dirigeant de l’auto-école La Clautre à Périgueux, revient sur l’organisation de ce module.


Le séjour de cohésion constitue la première étape du Service national universel (SNU). Cette année, 51 000 volontaires ont déjà participé à ce séjour qui est organisé autour d’activités cherchant à développer l’esprit de cohésion de ces volontaires ou de les faire participer à un projet d’engagement collectif. Parmi les activités proposées lors de ce stage, les volontaires pouvaient participer à un module de sensibilisation à la sécurité routière. Un temps d’enseignement pensé pour les informer sur les modalités d’apprentissage de la conduite et pour les sensibiliser à la perception des risques routiers.

Sensibilisation aux risques
La première partie de ce module d’une durée de deux heures informe les participants sur les contreparties offertes par leur présence à ce stage : conditions d’accès gratuit à la plateforme d’apprentissage en ligne du Code et à la première présentation gratuite à l’épreuve théorique générale du permis de conduire.
La deuxième partie consiste en un temps de discussions menées notamment par un enseignant de la conduite. Les jeunes volontaires sont invités à aborder les comportements à risques, sur la route et en dehors, et leurs déterminants. Les objectifs de l’animateur sont de leur parler autrement de sécurité routière et de leur faire prendre la parole sur ces enjeux tout en étant à l’écoute des autres pour leur faire prendre en compte les différents points de vue sur différentes situations.
Dans un troisième temps, il est question de les faire travailler sur les facteurs influençant la perception du risque routier mais aussi de mettre en perspective ces déterminants au regard de leurs émotions et comment celles-ci influencent la prise de décision.

Un programme chargé
Le temps imparti pour aborder ces notions peut paraître court, mais « le programme tient bien en une heure et ça reste intéressant, juge Jean-Marie Cresson, directeur de l’auto-école La Clautre, située à Périgueux, en Dordogne. Au début du SNU, ce module durait 3 heures, ce qui fait qu’on y passait trop de temps et on les perdait ». Un rythme malgré tout soutenu mais qui permet à ce module de trouver sa place dans ce séjour de cohésion au programme chargé et très encadré au cours duquel les activités s’enchaînent. « Les jeunes sont dans leur rôle et le peu de discipline qu’il y a à faire est gérée par les encadrants », explique Jean-Marie Cresson.
C’est par groupe de 20 participants que l’enseignant accueille les 160 jeunes volontaires présents lors de ce séjour. « On rentre un peu dans leur tête et comme les thématiques sont plutôt bien ficelées, on arrive à leur faire comprendre comment ils doivent se comporter, explique-t-il. Ils sont plutôt réceptifs à ces messages et les comprennent très bien. »
À l’inverse des volontaires au SNU, certaines écoles de conduite se montrent moins motivées pour encadrer ce module de sensibilisation qui n’offre pas de plus-value autre que la diversification des tâches. La possibilité de s’inscrire à une plateforme en ligne sans passer par leurs services fait craindre la fin du modèle de l’école de conduite traditionnelle. D’autant plus qu’il ne sera pas toujours évident pour ces candidats ayant réussi l’épreuve théorique de trouver une structure pour les accueillir pour la pratique. « Les auto-écoles préfèrent en général prendre en charge des candidats qui sont passés entre leurs mains pour la théorie car ils les ont formés et qu’ils connaissent le niveau de leur formation », explique Jean-Marie Cresson.

Faire passer des messages
Le directeur de l’auto-école La Clautre est de son côté convaincu que les écoles de conduite traditionnelles doivent s’investir plus dans le module « Sur ma route ». « C’est au contraire le meilleur moment pour faire passer certains messages, explique-t-il. Qui mieux que nous peut expliquer que les auto-écoles et les formateurs sont les mieux placés pour enseigner le Code ? » Pour ce formateur, les candidats aux permis de conduire bénéficient dans les structures traditionnelles d’un encadrement plus poussé avec notamment des formateurs et des cours en salles plus pertinents pour préparer l’examen. Dans les structures physiques, les candidats sont également conseillés et aidés pour remplir les dossiers financiers comme le dispositif du permis à 1 euro par jour ou encore pour obtenir certaines bourses.
Le SNU reste malgré tout, pour Jean-Marie Cresson « un bon projet, très éducatif et qu’il faut développer ». Cette organisation satisfait également les participants puisqu’en 2023, 76 % d’entre eux trouvaient ce module intéressant. Un taux de satisfaction élevé enregistré auprès de jeunes volontaires et donc motivés. 


Antoine Vergely


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