Avec sa nouvelle et très moderne Hornet 750, Honda compte bien prendre la place de la Yamaha MT-07, leader du marché français. La version 35 kW conquerra-t-elle les moto-écoles et les novices ?
Depuis sa sortie en 2014, la Yamaha MT-07 truste les premières places des ventes de deux-roues motorisés en France. Associant caractère, facilité et tarif attractif, le roadster aux trois diapasons a tenu tête à tous les concurrents, peu nombreux il est vrai. Honda, en l’occurrence, s’est reposé depuis 2013 sur sa gamme CB 500, naturellement A2 et très cohérente certes, mais peu excitante face à la pétillante MT-07. En ce début 2023, voici enfin la réaction de la marque ailée. Honda a misé sur la résurrection du nom Hornet (“frelon”), roadster qui avait marqué les esprits à la fin des années 1990. Mais la comparaison s’arrête là : style et motorisation de la nouvelle Hornet n’ont rien à voir avec ceux de son aïeule. Le design est très consensuel, proche de celui de la CB 500 F, Honda n’a pas pris de risque de ce point de vue. Idem pour le moteur, un bicylindre parallèle (la Hornet première du nom était équipée d’un 4-cylindres), plus compact, plus léger, plus simple à produire, et plus dans l’air du temps. Dans l’esprit de conquête des permis A2 et des amateurs MT‑07, il fallait offrir une moto facile d’accès, légère et délivrant le maximum de performances à mi-régime. C’est réussi, et en beauté.
Légère et accessible
La hauteur de selle de 795 mm et son arcade très fine autorisent les petits gabarits, dès 1,60 m, à poser les deux pieds au sol presque à plat. Mais les plus grands ne sont pas mal à l’aise, les repose-pieds n’étant pas placés trop hauts. Un bon rayon de braquage facilite les évolutions à basse vitesse, quand le guidon, assez large mais pas trop, offre un bras de levier conséquent, gage d’agilité. Par ailleurs, avec seulement 190 kg tous pleins faits, et une puissance maxi de 92 ch à 9 500 tr/min une fois débridée, son rapport poids/puissance surclasse de loin celui de sa rivale. En version A2, son couple conséquent de 66 Nm
à 4 750 tr/min fait merveille pour seconder les 34,5 kW à 5 250 tr/min : les montées en régime sont franches et linéaires sur la première partie du compte-tours (zone rouge à 10 000 tr/min), largement de quoi évoluer sereinement aux vitesses légales (sur le 6ème rapport, on croise à 130 km/h à 5 100 tr/min).
Techno dernier cri
Mais ce qui distingue encore cette Hornet, c’est l’électronique embarquée : outre l’antipatinage (déconnectable) et l’embrayage assisté (réducteur du couple résiduel et anti-wheelie), trois modes de conduite permettent d’adapter la réactivité à l’accélérateur selon les circonstances (Pluie, Standard, Sport). Le tout s’affichant sur un écran TFT dont on gère assez intuitivement les infos via un bouton en croix au commodo gauche. Un élément qui pourra éventuellement déstabiliser les apprentis les moins « geeks ». C’est bien la première fois qu’une moto-école proposera ces équipements à la pointe de la technologie. On peut certes considérer que ce n’était pas indispensable aux apprentis, du moins ceux-ci seront d’abord rassurés par la bonne qualité du freinage, avec un levier avant réglable en écartement délivrant une efficacité tout en douceur. Enfin, le confort ne laisse pas à désirer, ce qui permettra de profiter d’un comportement routier au-delà de tout soupçon, bien aidé par des suspensions tout à fait cohérentes pour ce niveau de gamme. Pour couronner le tout, la consommation annoncée à 4,35 l/100 km nous semble elle aussi cohérente par rapport aux 5 à 5,5 l/100 km que nous avons constatés en usage intensif. Très facile d’accès, performante et rassurante, la Hornet a de quoi séduire les novices ainsi que les moto-écoles, peut-être davantage pour le passage de la passerelle A2 vers A. D’autant que Honda a déjà développé le kit auto-école et propose la Hornet avec le kit posé incluant la remise professionnelle de 9 % à 7 857 euros TTC (hors carte grise).
Maya Camus