L’auto-école bainaise va construire deux pistes moto et un bâtiment pédagogique à Bain-de-Bretagne. L’objectif : améliorer les conditions de travail et de confort des enseignants et des élèves.
C’est à une vingtaine de minutes au sud de Rennes que Thierry Théaud continue d’investir dans son outil de travail. Aux commandes de l’auto-école bainaise depuis 2016, il n’a de cesse de développer son entreprise. Le 18 mars 2022, il a signé avec la mairie de Bain-de-Bretagne, en Ille-et-Vilaine, un compromis pour acheter un terrain de 5 000 m² sur lequel il veut construire deux pistes moto. Réforme du permis oblige. « Désormais, l’épreuve plateau doit enchaîner parcours lent et rapide », explique-t-il. « Actuellement, les entraînements ont lieu dans des conditions un peu dégradées sur une route communale non circulée, sans toilette et fréquentée de temps en temps par des agriculteurs. Par conséquent, il nous arrive d’y trouver des obstacles ou de la terre. »
Dénicher le terrain idéal
Thierry Théaud qui dirige treize salariés et cinq bureaux, a mis deux ans pour trouver une parcelle qui correspondait à ses attentes. « Il fallait un terrain tout en longueur et assez large ». La perle rare a été dénichée sur la commune de Bain-de-Bretagne, en bordure de la 2x2 voies qui relie Nantes à Rennes. Sur cette parcelle, le dirigeant va construire deux pistes moto longues de 130 mètres, larges de 6 mètres. À cela s’ajoutera un troisième espace dédié à l’entraînement des débutants au parcours lent. « Ils font des 8 et ont besoin de places pour ne pas être stressés. » Enfin, un bâtiment accueillera le personnel et les élèves. Ce lieu sera constitué d’un espace d’accueil, de toilettes et d’une salle de cours avec tableau et rétroprojecteur. « L’objectif de ce projet est d’accroître la qualité de nos prestations en améliorant les conditions de travail des salariés et des élèves. » Il est également prévu de construire un garage pour stationner dix deux-roues. L’entreprise en possède actuellement sept, mais compte bien augmenter son parc. Tout comme Thierry Théaud prévoit d’acquérir des voitures électriques.
Un investissement de 450 000 euros
C’est pourquoi il fera installer sur ce terrain trois prises de rechargement. Ce projet représente un investissement d’environ 450 000 euros. « Je suis conscient que c’est conséquent, mais j’ai toujours investi dans cette entreprise depuis que je la dirige. » Il fait référence à la rénovation des agences, leur mise en accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, la digitalisation de l’entreprise qui s’est traduite notamment par la dématérialisés des livrets en 2019. « L’achat de ce terrain est une nouvelle étape. L’objectif est de disposer d’une infrastructure performante pour préparer correctement les élèves. Je ne suis pas là pour faire du volume ou du low-cost », insiste-t-il. « Mon auto-école est certainement l’une des plus chères d’Ille-et-Vilaine. Mais au regard de la qualité de l’enseignement que nous dispensons, les inscriptions sont en constante augmentation. »
Une pétition en ligne contre ce nouvel aménagement
L’achat de ce projet aurait donc dû couler de source. Mais c’était sans compter l’intervention d’un collectif de riverains (rejoint par des associations d’écologistes) fortement opposés à l’idée de voir se créer deux pistes motos à proximité de chez eux. Leurs arguments : les nuisances sonores et l’artificialisation des sols. « Une pétition en ligne a recueilli 10 000 signatures mais seulement 260 provenaient d’habitants de Bain-de-Bretagne. Ce document a même été signé par le maire de Grenoble ! » Pour apaiser les tensions, Thierry Théaud et le maire de Bain-de-Bretagne ont rencontré les habitants à deux reprises. « Je les ai également invités à venir constater le bruit produit lors des entraînements sur la route communale. Ils ne se sont pas déplacés car ils se doutaient que le bruit de la 4 voies couvrirait celui des motos. » À ce jour, les actions n’ont pas été plus loin.
Fin des travaux espérée d’ici fin 2022
L’auto-école devait donc signer la vente fin mai 2022. Lorsque ce sera effectif, le directeur de l’école de conduire entamera aussitôt les travaux. Il espère même une livraison des pistes et du bâtiment dans l’année en cours. « Ce sera un nouvel élément pour nous différencier des plateformes en ligne. Tout comme la labélisation. » L’auto-école bainaise a, en effet, décroché le label Qualiopi pour ses quatre bureaux début mars 2022. Le siège social avait été labélisé auparavant. « C’est aujourd’hui une nécessité pour nous développer. » Ce qui est le cas pour cette entreprise. « Depuis 2016, nous avons multiplié par trois notre chiffre d’affaires. C’est lié à notre notoriété et aux taux de réussite que nous obtenons ». En 2021, 81 % des élèves ont décroché le permis B lors du premier passage. Un taux qui a atteint 95 % pour le permis moto.
Christine Cabiron