Si souscrire une garantie financière est obligatoire pour proposer le permis à 1 euro par jour et pour obtenir le label de l’État, les assureurs sont de plus en plus frileux à accorder cette assurance.
Lors du lancement du permis à 1 euro par jour, la souscription à une garantie financière a été rendue obligatoire pour les écoles de conduite désirant proposer ce type de formation. Un coût non négligeable pour l’auto-école, mais aussi un gage de sérieux puisque la garantie financière est censée rembourser, en cas de défaillance de l’établissement de formation, les prestations réglées et non consommées par les élèves inscrits dans le cadre du permis à 1 euro par jour. C’est avec cette même optique de protection du consommateur que l’État a décidé de rendre la garantie financière obligatoire pour les écoles de conduite voulant obtenir le label de l’État.
Un désengagement de nombreux assureurs
Problème : si la garantie financière a un coût pour l’auto-école, elle présente un risque important pour les assureurs. Résultat : « Beaucoup d’acteurs de l’assurance se sont retirés de la garantie financière parce que c’est une branche d’activité risquée pour les assureurs », constate Gilles Craignou, chargé de clientèle Risques d’Entreprise chez Ofracar, une société de courtage en assurance qui, elle, continue de proposer la garantie financière aux écoles de conduite. Ce retrait du marché de certains assureurs est un souci pour les auto-écoles qui voient l’offre se réduire et peuvent donc moins facilement faire jouer la concurrence. Mais il représente un plus grand risque : « sans garantie financière, pas de possibilité de proposer le permis à un euro par jour et surtout, pas de label », souligne Philippe Colombani, président de l’UNIC, qui estime que le sujet devrait préoccuper l’État.
Un bilan comptable exemplaire exigé !
D’autant que la situation s’est aggravée avec la crise sanitaire. Pour se couvrir, les assureurs exigent désormais des bilans comptables exemplaires. Or avec les fermetures administratives des auto-écoles en 2020, les bilans 2020 ont souvent été fragilisés et ne reflètent pas forcément la santé réelle de l’entreprise. Face à ce constat, Patrice Bessone, président du CNPA-ESR avait demandé à Alain Griset, ministre délégué aux PME de sensibiliser les assureurs sur le sujet afin d’accorder plus facilement la garantie financière. Certains ont joué le jeu. « Nous demandons le bilan comptable sur les deux dernières années pour les demandes de nouveaux clients et nous effectuons un bilan plus approfondi pour les demandes de renouvellement », confie Paul Halloin, gestionnaire production chez Master, qui assure « tenir compte de cette crise » pour la prise de décision. De son côté, Patrick Mirouse, président de l’UNIDEC affirme que « la situation s’est arrangée pour les auto-écoles ECF. Nous avons trouvé une solution avec notre assureur ».
Vigilance sur le choix de votre assureur
« De nouveaux acteurs se sont récemment lancés sur le marché de la garantie financière, remarque Gilles Craignou. Reste à savoir s’ils tiendront sur le long terme. » D’où l’importance de bien choisir son assureur. Mieux vaut choisir un assureur qui a les reins solides, quitte à payer peut-être un peu plus cher pour être certain de ne pas se retrouver du jour au lendemain sans garantie financière et par ricochet, sans label.