À la sortie du confinement, Marie Martinez Le Leizour de Rohello, à la tête de trois agences dans les Yvelines réalise enfin son rêve : proposer un lieu d’apprentissage équipé d’une piste moto et d’un local pour accueillir les élèves et ses enseignants dans les meilleures conditions.
Ne vous y fiez pas ! Sous une apparente douceur, Marie Martinez Le Leizour de Rohello cache une volonté de fer. Arrivée un peu par hasard dans la profession, elle s’est rapidement prise de passion pour l’enseignement de la conduite.
Un trèfle à quatre feuilles pour logo
Une vie professionnelle qui débute véritablement en 1995 lorsqu’elle décide d’ouvrir une auto-école à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines. « J’ai cherché un nom que l’on puisse retenir facilement. J’ai pensé au trèfle. J’ai trouvé que Le Trèfle Formations, ça sonnait bien. Il ne faut voir aucune superstition là-dessous, confie-t-elle, je ne suis pas superstitieuse. À cette époque, je ne pensais pas du tout ouvrir d’autres établissements. Mais par la suite, ce choix s’est révélé judicieux car cela m’a permis d’utiliser le même nom pour tous mes établissements. » Superstition ou pas, toujours est-il que ce trèfle à quatre feuilles lui a plutôt porté chance. En 2011, elle reprend un établissement à Maule, puis ouvre un deuxième bureau à Conflans. « Conflans est une ville toute en longueur. Mon premier bureau était à une extrémité de la ville et de nombreux élèves trouvaient que ça leur faisait loin pour venir en cours de Code. Je me suis donc décidée à ouvrir un autre bureau de l’autre côté de la ville. »
En quête d’un terrain constructible pour une piste moto
Depuis le début, Le Trèfle Formations propose du permis B et du deux-roues. À Conflans, Marie a la chance de disposer d’une piste moto. Un bien rare que nombre de moto-écoles lui envieraient. Pourtant, elle n’est pas pleinement satisfaite. « Cette piste ne comporte pas de local. Du coup, il n’y a rien pour accueillir les élèves à l’abri quand il pleut. Depuis longtemps, j’avais en tête de développer un concept de piste moto avec un local pour accueillir les élèves, poser ses affaires, prendre un café, aller aux toilettes… » Problème : le terrain n’est pas constructible et à Conflans, elle ne trouve aucun autre terrain bitumé. Coup de chance ou pur hasard, un ami lui parle d’un terrain à Bouafle, dans une petite zone d’activités près de Flins et des Mureaux. Une aubaine. Marie n’hésite pas trop longtemps. Elle fait rallonger la piste aux dimensions réglementaires pour le nouvel examen moto et fait construire un bâtiment. « Maintenant, je peux enfin accueillir dignement les élèves et les enseignants, se réjouit-elle. On dispose même d’une salle de Code pour enseigner l’ETM. » Le centre permet également de proposer la formation AM pour les voitures sans permis. « J’ai noué un partenariat avec un concessionnaire qui apporte la voiture sur notre nouveau site. Comme cela, à la fin de la formation, le stagiaire peut repartir directement avec son véhicule. »
Démarrage à toute vitesse après le confinement
Normalement, ce centre de Bouafle aurait dû ouvrir en mars. Confinement oblige, l’ouverture a été retardée. Pas de quoi abattre cette battante qui en profite pour avancer sur la partie administrative. « Il faut être force de propositions, déclare avec vigueur celle qui est aussi représentante UNIC dans son département. Certaines auto-écoles ne veulent pas avancer. Pas moi ! L’État a créé l’ETM ? Tant mieux ! Je fais de l’ETM ! » Avec la sortie du confinement, ce n’est pas le travail qui manque. « Les élèves sont revenus en force. » De quoi assurer du travail pour ses neuf enseignants. Et c’est là que le bât blesse. « Je manque d’enseignants et je n’arrive pas à en trouver, même via Pôle Emploi. » Une situation qui n’est pas propre à Marie et constitue un vrai problème dans la profession. Pour autant, il en faudra plus pour décourager cette professionnelle qui, pour rien au monde, ne voudrait changer de métier.