Il y a huit ans, le fils de Monica Dongban-Mensem était tué dans un accident de la route avec délit de fuite. Un drame pour cette mère nigérienne, qui cinq ans après le décès de son fils de 32 ans, a décidé de réagir en s’engageant pour améliorer la sécurité routière dans son pays. C’est en se rendant sur les lieux de l’accident qu’elle a pris conscience de l’ampleur du problème. C’était un vrai chaos au beau milieu d’un des carrefours les plus fréquentés et les plus dangereux de la capitale nigérienne. Monica Dongban-Mensem a alors décidé de créer une organisation à but non lucratif portant le nom de son fils, Kwapda’as Road Safety Demand, pour faire de la prévention routière. Depuis, elle n’hésite pas à donner d’elle-même en allant faire la circulation sur les ronds-points les plus encombrés de la ville. Uniquement équipée d’un gilet de circulation, la mère de famille gère le trafic d’une main de maître et constate que « beaucoup de Nigérians sont impatients et cela se voit dans leur conduite ». Alors, elle va également à la rencontre des conducteurs dans les gares routières pour leur parler de sécurité routière. Et remarque bien souvent qu’ils n’ont pas forcément reçu de formation adéquate et ne connaissent pas le Code de la route. Du coup, elle envisage de créer une école de conduite où les futurs conducteurs de véhicules commerciaux pourront recevoir gratuitement un enseignement. Si elle sait que cela ne fera pas revenir son fils qui venait juste d’avoir son diplôme de droit et ambitionnait de devenir procureur, Monica Dongban-Mensem ne veut pas que d’autres mères subissent une épreuve similaire à celle qu’elle a endurée et de conclure : « Je ne peux me sentir comblée que si aucun Nigérien ne meurt dans un accident de la route ».