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query_stats Études et statistiques — Novembre 2019

Thionville : L’auto-école Thil laboratoire d’échanges avec des auto-écoles hongroises

Dans le cadre de son développement à l’étranger, la société Ediser, a organisé le 24 septembre dernier, la visite d’un important groupement auto-école hongrois à l’auto-école Thil, à Thionville. L’occasion d’échanger sur les différentes pratiques en Europe.


Depuis 2012, Ediser s’est lancé dans un processus d’internalisation, avec une stratégie d’exportation de ses produits phare : les simulateurs de conduite. « Cette orientation stratégique à l’international s’est faite de deux façons, explique Nicolas Akarsu, commercial Grands comptes internationaux chez Ediser, d’une part des exportations directes (ventes directes) et d’autres part, le développement d’un réseau de distribution à l’étranger via des partenaires distributeurs ». Ainsi, à travers ces partenaires, Ediser est présent dans près de vingt pays et a livré plus de 200 simulateurs dans une trentaine de pays en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.


E-Educatio, acteur incontournable de la formation en Hongrie
Parmi ces différents partenaires, Ediser travaille avec le distributeur hongrois ­E-Educatio. Basé à Budapest, il est le principal fournisseur de supports de formation sur le marché ­auto-école en Hongrie. Leader sur la conception de modules de cours et de tests d’apprentissage de la conduite à travers divers outils (e-learning, logiciels, ­webs, etc.), E-Educatio est également le fournisseur officiel de l’État hongrois pour l’examen théorique. Par ailleurs, ­E-Educatio fait partie d’un grand groupe qui possède quelques écoles de conduite (Webjogsi) qui servent de laboratoire d’essais et d’idées.


L’auto-école Thil, un établissement à la pointe de la modernité
Dans le cadre de leur développement, les responsables de ­E-Educatio et de Webjogsi ont souhaité voir comment fonctionne le système de formation à la conduite dans d’autres pays européens. À cet effet, ils ont visité ­l’auto-école Tschoepe à ­Kehl-am-Rhein, en Allemagne et ­l’auto-école Thil, en France. Cette dernière n’a pas été choisie par hasard, explique ­Nicolas Akarsu, à l’origine de la rencontre, « mais en raison de la très bonne organisation de cette structure qui possède une piste privée et des outils novateurs comme un simulateur de conduite. Par ailleurs, la gérante, Claire Christnacker Thil est particulièrement dynamique. »

Un grand nombre de sujets abordés
Les visiteurs hongrois se sont intéressés à la réglementation de la formation et des examens en France, mais également à l’organisation et le fonctionnement d’une ­auto-école française, ainsi qu’à ses équipements. Ils ont également posé des questions sur la stratégie marketing et l’utilisation des réseaux sociaux pour capter de nouveaux élèves. Et ils ont été particulièrement curieux de découvrir les méthodes et outils de l’enseignement théorique et pratique ; de savoir comment est utilisé le simulateur ; comment sont équipés les ­véhicules-école (boîte manuelle et automatique) ; et enfin comment les enseignants travaillent sur les pistes et dans la circulation.


Un échange enrichissant sur les différentes pratiques
Pour Claire Christnacker Thil, cet échange s’est révélé « très enrichissant. Cela a été l’occasion de réaliser que nous avons des outils de qualité ». « La France semble être très en avance au niveau des supports pédagogiques, souligne avec une certaine fierté ­Nicolas ­Akarsu. Alors que les auto-écoles françaises utilisent des outils numériques pour les tests théoriques, en Allemagne, les élèves répondent encore aux questions sur un papier avec un stylo ! » Autre différence : si en France les questions de l’examen théorique sont la propriété de l’État et restent secrètes, en ­Allemagne comme en Hongrie, elles sont publiques. Les élèves peuvent ainsi s’entraîner à y répondre avant de passer l’examen. Par contre, cet échange a été l’occasion d’apprendre qu’en Hongrie, il n’y a pas de TVA sur la formation à la conduite. L’État estime que l’apprentissage de la conduite a une vocation sociale et qu’à cet effet, il n’est pas souhaitable d’appliquer une taxe de l’État qui viendrait alourdir la facture pour le jeune qui a besoin d’obtenir son permis pour trouver du travail. Enfin, les visiteurs hongrois, ainsi que le gérant de ­l’auto-école allemande également venu partager avec les Français sur les pratiques de la formation, ont longuement parlé des plateformes. En Hongrie, les enseignants de la conduite sont autoentrepreneurs. Ils paient eux-mêmes le véhicule et les charges inhérentes (carburant, assurance…), mais ils restent rattachés à une école de conduite. Pour l’heure, le système de plateformes n’existe pas en Hongrie. En Allemagne, le système de plateformes existe, mais les élèves ont l’obligation de suivre un minimum de cours théoriques en salle en présentiel, ce qui empêche un développement trop accru des plateformes. De quoi donner des idées en France, non ?


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