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warning Accidentologie — Septembre 2019

Accidents mortels : quelles sont les principales causes ?

L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) répertorie les principales causes des accidents mortels. La vitesse reste en tête.


L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) étudie chaque année les rapports de police pour tenter de définir les principales causes des accidents de la route.


Une vitesse inadaptée, facteur n°1 des accidents
Si un seul et même accident peut avoir plusieurs causes, il est un facteur qui arrive en tête de classement depuis plusieurs années : la vitesse non adaptée. En 2018, une vitesse excessive a été en cause dans 27 % des accidents mortels. C’est beaucoup mais c’est un peu moins qu’en 2017, puisqu’une trop grande vitesse était en cause dans 30 % des cas examinés. Selon Manuelle Salathé, directrice générale de l’ONISR, le facteur d’une vitesse excessive est plus élevé chez les jeunes conducteurs que chez les automobilistes plus expérimentés. Par contre, chez les motards, ce sont plutôt les 55-64 ans qui ont tendance à rouler trop vite et à se tuer seul sur la route, faute d’avoir pu maîtriser correctement leur machine.


L’alcool reste un problème majeur
L’alcool arrive en deuxième position des causes des accidents mortels, et cela malgré les multiples campagnes de sensibilisation aux risques de la conduite sous son emprise. Ainsi, en 2018, l’alcool a été la cause ou une des causes d’accident dans 18 % des cas répertoriés. À l’instar de la vitesse, c’est un peu moins qu’en 2017 (20 %). Si toutes les classes d’âges sont concernées, ce sont cependant surtout les jeunes qui sont plus particulièrement touchés par ce problème de société.


Non-respect des priorités, une priorité pour la prévention !
La troisième cause d’accidents mortels est due à un non-respect des priorités dans 10 % des dossiers étudiés. C’est légèrement moins qu’en 2017 où le non-respect des priorités était un facteur dans 12 % des accidents mortels. Ce problème concerne toutes les classes d’âges et aussi bien les femmes que les hommes. Cependant, on constate que cela concerne un peu plus les conducteurs seniors qui peuvent présenter des déficiences visuelles ou avoir du mal à tourner la tête lorsqu’ils souffrent d’arthrose, par exemple. Troisième cause ex-aequo : l’inattention. Ce facteur a été identifié dans 10 % des cas d’accidents mortels en 2018, ce qui constitue une augmentation par rapport à 2017 où l’inattention avait été identifiée dans 8 % des accidents mortels.


Pas d’amélioration au niveau des stupéfiants
La conduite sous l’emprise de stupéfiants conserve malheureusement la quatrième place. Tout comme en 2017 et 2016, ce facteur a été constaté dans 9 % des cas d’accidents mortels en 2018. Malgré les différentes campagnes de sécurité routière menées sur ce thème, on constate que les conducteurs consommateurs de stupéfiants ne modifient pas leurs habitudes. On notera notamment que nombre d’entre eux ne sont pas conscients du fait que les stupéfiants peuvent rester longtemps présents dans le corps humain et ainsi avoir des conséquences dramatiques sur la conduite plusieurs heures après la prise du produit.


Les malaises en augmentation
En 2017, la survenance d’un malaise avait été identifiée dans 4 % des accidents mortels. Ce facteur est en forte augmentation en 2018, puisqu’il a été répertorié dans 7 % des cas. « Cela concerne essentiellement des conducteurs de plus de 50 ans présentant des problèmes cardio-vasculaires », précise Manuelle Salathé de l’ONISR. Un problème de santé que les conducteurs ne prennent souvent pas assez en considération. D’où l’importance peut-être de mettre en place un plan de prévention efficace pour éviter ce types d’accidents de la route, et tout simplement ce type d’accidents de santé.


Des changements de file incontrôlés
Autre facteur d’accident en augmentation : le changement de file. En 2017, il était présent dans 2 % des accidents mortels. En 2018, cette cause d’accident a doublé, passant à 4 %. C’est certainement à mettre en parallèle avec l’inattention qui constitue 10 % des accidents mortels. Il est vrai qu’à force de faire des voitures qui ressemblent à des salons cosy, le conducteur est de plus en plus tenté de faire autre chose que de se concentrer sur la conduite de son véhicule, au risque d’oublier qu’il n’est pas seul sur la route.


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