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warning Accidentologie — Septembre 2019

Catégories d’usagers : hausse de la mortalité chez les cyclomotoristes et les cyclistes

Après quatre années de hausse ou de stagnation, l’année 2018 affiche enfin tous les indicateurs à la baisse et enregistre même le chiffre le plus bas de mortalité routière de l’histoire des statistiques de la Sécurité routière.


En 2018, 3 248 personnes sont décédées lors ou des suites d’un accident de la route en France métropolitaine. Cela représente 200 tués de moins qu’en 2017. Rappelons que si l’année 2017 avait, elle, comptabilisé 29 morts de moins qu’en 2016, la courbe du nombre de morts était repartie à la hausse depuis 2014 (3 384 en 2014, 3 461 en 2015 et 3 477 en 2016). 2018 confirme donc une tendance baissière débutée en 2017.


Un nombre de tués historiquement bas
Surtout, 2018 enregistre le chiffre de mortalité routière le plus bas depuis l’histoire des statistiques de la Sécurité routière, faisant mieux que 2013 qui présentait jusqu’à présent le nombre le plus bas avec 3 268 personnes décédées. Ces résultats encourageants ne se démentent pas lorsque l’on ajoute les statistiques de l’Outre-mer (cette année, l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière disposait des données d’Outre-mer). En effet, si le nombre total de tués sur le réseau routier passe à 3 488, cela représente cependant 196 morts de moins qu’en 2017 (3 684 au total). Pour autant, on est loin d’être passé sous la barre des 2 000 morts, objectif donné par Manuel Valls, alors qu’il était ministre de l’Intérieur de mai 2012 à mars 2014.


Un nombre de blessés également en baisse
Cette tendance baissière en 2018 s’applique également aux blessés, ce qui n’était pas le cas en 2017. En effet, on dénombre 69 887 personnes blessées dans un accident de la route en 2018 contre 73 384 en 2017, soit une différence de 3 497 personnes. Encore une fois, ce chiffre est encourageant lorsqu’on le compare à 2016 (72 645) et 2015 (70 802). Et si l’on ajoute les données de l’Outre-mer, on atteint en 2018 un total de 73 253 blessés par rapport à 76 840 en 2017, ce qui constitue une baisse de 4,7 %.
On notera que le nombre d’accidents corporels est en baisse de 4,9 % sur les routes de la Métropole en 2018 par rapport à 2017 et de 4,7 % sur l’ensemble du réseau routier français (Métropole + Outre-mer), ce qui peut expliquer la baisse du nombre de morts et de blessés. Par contre, l’ONISR ne disposait pas encore des chiffres définitifs du trafic pour 2018. Cependant, selon Manuelle Salathé, directrice générale de l’ONISR, le trafic en 2018 était en hausse, ce qui constituait d’autant plus un bon résultat, puisque malgré le fait qu’il y ait plus de véhicules circulant sur les routes, les accidents corporels étaient en baisse.


Des séquelles plus ou moins graves
Ce nombre de tués historiquement bas et cette baisse du nombre de blessés ne doivent pas faire oublier la réalité des souffrances de certains accidentés qui restent marqués à vie. Selon le docteur Caroline Hugeron, spécialiste en médecine physique et de réadaptation à l’hôpital Raymond-Poincaré, à Garches, dans les Hauts-de-Seine, 53 % des blessés présentent des lésions cervicales, 28,5 % des lésions orthopédiques et 15,2 % des lésions au niveau de la moelle épinière. Ces blessures peuvent laisser des séquelles physiques comme des troubles moteurs, des raideurs musculaires ou encore des mouvements mal coordonnés, mais aussi des lésions cognitives comme des troubles du langage, des défauts d’attention, des pertes de mémoire, des troubles du raisonnement, un manque d’inhibition ou encore des changements du comportement (agressivité et irritabilité). À l’issue des soins reçus à l’hôpital, environ 31 % des blessés gardent un handicap léger, 20 % un handicap modéré, 16 % un handicap sévère et 3 % des patients restent dans un état végétatif chronique. Des chiffres qui donnent à réfléchir.


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