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tips_and_updates Réforme du permis — Mars 2019

Polémique : Les auto-écoles une nouvelle fois dans le viseur de l’UFC-Que Choisir

L’UFC-Que Choisir affirme libérer 365 millions d’euros de pouvoir d’achat en favorisant l’émergence des auto-écoles en ligne…


Dans une enquête publiée en 2016, l’UFC-Que Choisir pointait du doigt les écoles de conduite accusées de pratiquer des tarifs trop élevés, de programmer trop d’heures supplémentaires ou encore de ne pas afficher leur taux de réussite. UFC-Que Choisir s’attaque une nouvelle fois aux écoles de conduite en s’invitant dans le Grand débat national et en proposant de signer en ligne « la contribution des consommateurs », intitulé : « Ensemble, libérons 9 milliards de pouvoir d’achat ! ».


12 mesures pour libérer le pouvoir d’achat
Pour libérer ces 9 milliards d’euros de pouvoir d’achat, « soit 320 euros par ménage » selon l’UFC-Que Choisir, l’Union fédérale des consommateurs propose « 12 mesures qui non seulement feraient du bien à vos finances mais favoriseraient une société plus respectueuse de la santé et de l’environnement ». Afin d’arriver à cette économie de 9 milliards, l’UFC-Que Choisir entend jouer sur « les niveaux de prix des dépenses contraintes », dans divers domaines de la vie quotidienne. Selon l’association de consommation, le fait de « répercuter les baisses des cours des matières premières agricoles sur les prix en rayon » permettrait de « libérer » 340 millions d’euros ; « annuler le relèvement du seuil de revente à perte, qui gonfle les marges de la grande distribution » économiserait 800 millions d’euros ; « supprimer les commissions d’intervention en cas d’incident bancaire » libérerait 2,8 milliards d’euros. Toujours dans le domaine de la banque, « simplifier le changement de banque avec la portabilité de compte bancaire » permettrait de ne pas dépenser 1,2 milliard d’euros. Dans un autre domaine, l’UFC-Que Choisir préconise de « faire varier les aides à la rénovation énergétique en fonction du niveau de performance et non des équipements » afin d’économiser 450 millions d’euros ; d’appliquer « strictement le principe « préleveur-pollueur-payeur » pour l’eau potable » pour libérer 1,04 milliard d’euros ; « d’allonger la durée de garantie légale en fonction de la durée de vie des produits » (ndlr : cette mesure n’est pas chiffrée) ; « d’encadrer les loyers dans toutes les zones tendues » (ndlr : cette mesure n’est également pas chiffrée) ; de « faciliter la comparaison et le changement d’assurance santé », afin d’économiser 1,2 milliard d’euros ; de « limiter les dépassements d’honoraires médicaux » afin de libérer 650 millions d’euros et de « libéraliser la vente de pièces de carrosserie automobiles », ce qui ferait faire une économie de 415 millions
d’euros.


Une approche économique discutable
Enfin, on en arrive à la mesure visant à « réformer l’apprentissage de la conduite pour baisser le prix du permis », ce qui permettrait selon l’UFC-Que Choisir d’effectuer une économie de 365 millions d’euros. Son idée révolutionnaire ? Favoriser « l’émergence d’auto-écoles en ligne, moins chères grâce au numérique, en modifiant les règles d’attribution des places à l’examen pratique, actuellement trop favorables aux acteurs historiques, et en permettant à des enseignants indépendants de proposer des heures de conduite au-delà d’un socle obligatoire en auto-école, on ferait baisser le prix du permis sans nuire à la sécurité ». Une véritable déclaration de guerre aux écoles de conduite dites « traditionnelles », avec une approche économique pour le moins discutable. Certes les plateformes annoncent des prix d’appel hyper concurrentiels. Mais au regard du très faible taux de réussite des candidats libres, nombre d’entre eux échouent et doivent reprendre des cours afin de mieux se préparer avant de se représenter à l’examen pratique. Au final, le coût de la formation à la conduite n’est donc pas forcément moins onéreux en passant par une auto-école en ligne. La facture peut même être nettement plus élevée que s’ils avaient poussé la porte d’une école de conduite traditionnelle.


Hasard du calendrier ?
Surtout, on peut s’interroger sur la date de mise en ligne de cette « contribution des consommateurs », qui s’inscrit certes dans l’actualité du Grand débat, mais qui tombe aussi juste au moment où le rapport de la mission parlementaire sur l’éducation routière était remis au Premier ministre. Le jugement porté par l’UFC-Que Choisir sur les règles d’attribution des places « actuellement trop favorables aux acteurs historiques », n’est pas sans rappeler une mesure du rapport parlementaire qui suggère que les écoles de conduite ne gèrent plus les inscriptions de leurs élèves à l’examen pratique, mais que ces derniers demandent directement une place pour passer l’examen pratique, à l’instar des candidats libres. Pur hasard ou coïncidence ? On peut légitimement se poser la question lorsque l’on sait que l’UFC-Que Choisir fait partie des organisations auditionnées par Françoise Dumas et Stanislas Guérini.


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