L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) répertorie les différentes causes des accidents, ainsi que l’âge de l’auteur de l’accident. Analyse.
Si un accident peut avoir plusieurs causes, certains facteurs sont plus récurrents que d’autres.
La vitesse et alcool restent les fléaux principaux
En tête des causes des accidents analysés par l’ONISR, la vitesse excessive. Cette dernière a été identifiée dans 30 % des cas. Un pourcentage stable par rapport à 2016 (31 %) et qui continue de concerner essentiellement les jeunes. On enregistre notamment un pic de mortalité vers 30 ans qui peut s’expliquer par un excès de confiance chez des conducteurs ayant deux ou trois ans de permis. Après trente ans, lorsque les jeunes commencent à fonder une vie de famille, ils ont tendance à adopter une conduite plus sereine. La proportion des accidents mortels dus à une vitesse excessive baisse alors lentement. Cependant, la vitesse trop élevée reste la cause principale des accidents mortels et cela, quel que soit le réseau routier (ville, autoroute, routes bidirectionnelles).
Deuxième cause : la conduite sous l’emprise de l’alcool. En 2017, l’alcool a été responsable de 20 % des cas d’accidents mortels. C’est quasiment la même chose qu’en 2016 (19 %). Et malheureusement, cela concerne particulièrement les jeunes. Ce n’est qu’à partir de 40 ans, que les conducteurs semblent être un peu plus conscients des risques encourus et que l’alcool est moins répertoriée comme une cause d’accident. On remarque par ailleurs que l’alcool constitue de plus en plus une cause d’accidents mortels chez les cyclistes qui n’hésitent pas à enfourcher leur vélo en état d’ivresse, pensant que c’est moins grave de rouler ivre à vélo qu’en voiture. On constate également une augmentation de piétons tués fauchés par un véhicule car ils zigzaguaient saoul sur la chaussée.
Les cas d’accidents dus à une conduite sous l’emprise de stupéfiants représentent 9 %, soit la même chose qu’en 2016. À noter également que les facteurs de la vitesse excessive et de la conduite sous l’emprise de l’alcool se cumulent souvent.
Trop de non-respects des priorités
Après la vitesse excessive et la conduite sous l’emprise de l’alcool, le non-respect des priorités constitue une cause d’accidents mortels dans 12 % des cas (contre 13 % en 2016). Si le non-respect des priorités concerne un peu toutes les catégories d’âge en ville, il augmente fortement avec l’âge à partir de 50 ans sur les routes bidirectionnelles. Cela peut s’expliquer non pas par une envie de devenir rebel en vieillissant mais certainement par une baisse de l’acuité visuelle qui amène les conducteurs âgés à refuser une priorité parce qu’ils n’ont tout simplement pas vu qu’un véhicule prioritaire allait croiser leur route. D’où la question sociétale qui consiste à savoir si l’on doit instaurer une visite médicale obligatoire pour les conducteurs à partir d’un certain âge. Un débat de société qui n’a toujours pas été tranché en France où les politiques s’accordent pour le moment à préférer laisser aux seniors une autonomie de déplacement le plus longtemps possible.
L’inattention peut coûter très cher
Dans les causes d’accidents mortels, l’inattention apparaît dans 8 % des cas. Quant au téléphone, son utilisation qui amène à l’inattention, est responsable dans 1 % des cas d’accidents ayant entraîné la mort d’une ou plusieurs personnes. À l’heure où les voitures sont de plus en plus équipées d’écrans permettant d’accéder à une quantité de plus en plus importante d’informations qui incitent le conducteur à quitter la route des yeux le temps d’en prendre connaissance, ces chiffres donnent à réfléchir… Enfin, les malaises sont la source d’accidents mortels dans 4 % des cas. Cela concerne essentiellement les hommes et ce type d’accidents survient plutôt sur autoroute. De même que la somnolence (3 % des cas) est plus prégnante sur le réseau autoroutier qu’en ville où l’attention des conducteurs est plus sollicitée, ce qui aide à rester éveiller.