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warning Accidentologie — Septembre 2018

Catégories d’usagers : augmentation de la mortalité chez les motocyclistes et les cyclistes

Si les automobilistes représentent plus de la moitié de la mortalité routière, on remarque une forte hausse dans les catégories des motocyclistes et des cyclistes.


L’automobile étant l’un des moyens de déplacement les plus utilisés en France, on constate sans surprise que la voiture est responsable de plus de la moitié des morts de la route en 2017 (51 %). Avec 1 767 personnes ayant perdu la vie dans un accident de la route l’an dernier, ce chiffre marque une hausse quasiment imperceptible par rapport à 2016 (7 décès de plus). Mais sur la période 2000-2017, le nombre de morts de cette catégorie est en baisse de 67 %. Si l’on analyse plus finement cette catégorie en fonction de l’âge, on constate que la catégorie des 18-24 ans est en baisse (356 tués, soit 26 morts de moins qu’en 2016). Malheureusement, avec 318 décès en 2017, les 25-34 ans représentent 20 morts de plus que l’année précédente. Quant à la catégorie des seniors, c’est la plus touchée puisque l’on comptabilise 193 tués, soit 26 de plus qu’en 2016 chez les 65-74 ans et 292 morts, soit 11 décès de plus chez les plus de 75 ans. « Cette augmentation du nombre de tués chez les plus de 75 ans s’observe depuis 2013 », souligne Manuelle Salathé, directrice générale de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), qui explique ce phénomène par le vieillissement de la population française et par extension des conducteurs français.


Baisse des morts chez les piétons
La mortalité chez les piétons s’établit à 484 tués en 2017. C’est évidemment un chiffre moindre par rapport à la catégorie des automobilistes puisque les piétons ne représentent que 14 % des décès de la route. Elle était en forte hausse en 2016 (+19 %), mais revient au niveau de 2010 avec 75 décès de moins qu’en 2016, soit une baisse de 13 %. Manuelle Salathé attire l’attention sur le fait que 48 % des piétons tués sont des personnes de plus de 65 ans qui se déplaçaient essentiellement en milieu urbain. D’où l’importance de repenser le partage de la route pour permettre au plus grand nombre d’usagers de se déplacer en sécurité. Autre catégorie qui enregistre une baisse de la mortalité : les véhicules utilitaires (99 morts, soit – 24 % en 2017).


Transports collectifs : un mode de déplacement sûr
En 2017, on a enregistré 14 usagers de transports collectifs morts dans un accident. Cela représente deux personnes de plus qu’en 2016. Parmi eux, on déplore notamment les six enfants décédés lors de la collision entre leur car de ramassage scolaire et un train à un passage à niveau le 14 décembre 2017 à Millas, dans les Pyrénées-Orientales. Si chaque décès constitue une tragédie, force est de constater que les transports collectifs restent globalement un mode de transport sûr par rapport à la voiture ou la moto. Pour ce qui est de la catégorie des motocyclistes, avec 669 tués en 2017, elle est en augmentation de 9 % par rapport à 2016, soit 56 morts de plus sur un an. Selon l’ONISR, la hausse la plus forte « touche les jeunes motards de 18-24 ans, dont la mortalité avait particulièrement diminué ces dernières années, et leurs aînés de 35-44 ans. Ces deux tranches d’âges totalisent chacune 32 personnes tuées de plus par rapport à 2016, mais la classe d’âge la plus touchée reste les 25-34 ans avec 161 tués ». Par ailleurs, depuis deux ans, on assiste à une augmentation du nombre des motards qui se tuent seul, suite à la perte de contrôle de leur machine. Pour Emmanuel Barbe, Délégué interministériel à la sécurité routière, cela est en partie dû « à la libéralisation de la puissance des motos en France ».


Hausse de la mortalité chez les cyclistes seniors
La mortalité est également en hausse chez les cyclistes. En 2017, 173 cyclistes ont perdu la vie dans un accident de la route, soit 11 de plus qu’en 2016, ce qui correspond à une augmentation de 7 %. On notera que 48 % des cyclistes décédés avaient plus de 65 ans. Enfin, pour finir sur une note optimiste, la catégorie des cyclomotoristes présente une diminution de la mortalité de 3 % en 2017 par rapport à 2016 (soit 117 morts au lieu de 121). Il est vrai que les jeunes sont de moins en moins attirés par les mobylettes et que cette catégorie ne représente que 1,9 % du trafic.


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