Selon une étude* menée par la Fondation MAIF en partenariat avec l’Institut français des sciences et technologies, des transports, de l’aménagement et des réseaux (IFSTTAR), 43 % des automobilistes utilisent leur smatphone au volant.
Pour la plupart des Français, le smartphone est presque devenu un prolongement d’eux-mêmes. Pas étonnant donc que 43 % des personnes interrogées lors du sondage* effectué par la Fondation MAIF et l’IFSTTAR, avouent utiliser leur téléphone en conduisant. D’autant que les smartphones étant de plus en plus évolués en termes de technologie, ils ne servent plus uniquement à téléphoner, mais permettent d’envoyer des SMS, d’envoyer et recevoir des e-mails ou encore de consulter des réseaux sociaux. Ainsi, le sondage démontre que 39 % des conducteurs reçoivent et passent des appels, mais 30 % écrivent et lisent des SMS et utilisent des messageries instantanées, 13 % lisent ou répondent à leurs e-mails et près de 30 % utilisent la fonction GPS de leur smartphone. Pour ce qui est des réseaux sociaux, 9 % des sondès reconnaissent consulter et publier des posts en roulant, 17 % déclarent recevoir des messages comportant à la fois du texte et des images et/ou des vidéos.
Utilisation selon les classes d’âges
Parmi les utilisateurs du smartphone au volant, on remarque sans grande surprise que ce sont surtout les plus jeunes qui sont concernés. Ainsi, 48 % des 18-24 ans confessent utiliser leur smartphone quand les 25-34 ans sont 56 %, les 35-44 ans 49 %, les 45-54 ans 37 % et les 55-65 ans 30 %.
Par contre, lorsque l’on compare ces résultats au même sondage réalisé en 2016, on observe que si les conducteurs appartenant aux trois classes d’âges supérieures sont de plus en plus enclin à utiliser leur smartphone en roulant, les plus jeunes, à savoir les 18-24 ans et les 25-34 ans, sont un peu moins nombreux qu’il y a un an.
Une conscience de la dangerosité
Autre particularité. Paradoxalement, la part globale des automobilistes qui utilisent leur téléphone au volant au moins occasionnellement augmente (43 % en 2017 contre 39 % en 2016), mais les conducteurs semblent plutôt conscients de la dangerosité de l’usage du téléphone au volant. Résultat, outre le fait que la tenue d’un téléphone dans la main en conduisant est interdit par la loi, de plus en plus d’automobilistes utilisent des kits mains-libres ou à commande vocale (67 % en 2017 contre 60 % en 2016). Cependant, ce sondage démontre qu’encore près de la moitié (47 %) des conducteurs qui reçoivent des messages les lisent en tenant le téléphone à la main, au moins de temps en temps tandis que 59 % des conducteurs qui envoient des messages, les écrivent en tenant le téléphone à la main, au moins de temps en temps. À cet effet, Marie-Pierre Bruyas, chercheur à l’IFSTTAR, souligne que « les usages du smartphone au volant sont de plus en plus complexes et multiplient les sollicitations auxquelles les conducteurs ne peuvent pas toujours résister. Réalisées manuellement, ces opérations monopolisent l’attention du conducteur, détournent son regard de la route et interfèrent avec la tenue du volant. Ce qui augmente très fortement le risque d’accident. Dans ce contexte, on ne peut que regretter la sous-utilisation des kits mains-libres, des interactions vocales et la méconnaissance qu’ont les conducteurs des applications permettant une conduite plus sécuritaire telles que le Mode conduite. »
Les gros rouleurs plus accros au smartphone
Par ailleurs, le sondage de la Fondation MAIF et de l’IFSTTAR montre que plus le nombre de kilomètres parcourus par an augmente (au-delà de 35 000 km/an), plus les conducteurs utilisent leur smartphone. Ainsi, les professionnels sont près de 60 % à s’en servir quotidiennement et 79 % à effectuer leurs conversations et la gestion de leurs messages en mains-libres. Mais ils sont souvent mieux équipés que les particuliers. Pour preuve, ils utilisent davantage leurs kits Bluetooth ou les commandes vocales de leur téléphone : les messages sont plus souvent écoutés et dictés que lus et écrits, ce qui évite de quitter la route des yeux, mais distrait tout de même le conducteur de sa tâche initiale, à savoir la conduite.
S. A.
*Étude menée auprès d’un panel de 2 671 personnes du 16 juin au 3 juillet 2017.