Le magazine Auto Plus a publié un classement par département des auto-écoles françaises selon leur taux de réussite. Réactions. « Les meilleures auto-écoles près de chez vous – les taux de réussite les plus élevés ». Tel est le titre de l’enquête « exclusive » publiée par Auto Plus dans ses numéros datés du 27 mai et du 3 juin 2008, ainsi que sur son site Internet. L’hebdomadaire a indiqué les taux de réussite de près de 1 500 écoles de conduite françaises au permis B (premier passage du candidat), en collectant les chiffres auprès des préfectures. Cependant, certaines préfectures ont refusé de donner des résultats de manière nominative et n’ont communiqué que les numéros d’agrément. Le magazine a ensuite établi un classement par départements, en ne sélectionnant que les auto-écoles ayant présenté au moins 10 candidats en 2007.
L’UNIDEC RÉAGITLe président de l’Unidec, Jean-Louis Bouscaren, indique que suite à la publication de cet article « le cabinet Conseil de l’Unidec a adressé le 2 juin une lettre à Auto Plus. » Plus qu’une simple « mise au point », l’Unidec, par l’intermédiaire de son Conseil, « a souhaité faire valoir son droit de réponse et de vérité. » Dans ce courrier, le cabinet Conseil du syndicat regrette « une présentation sensationnelle qui nous apparaît comme fautive et préjudiciable à la profession en général, à certaines auto-écoles en particulier », Auto Plus « assimilant à plusieurs reprises (…) le taux de succès à la qualité de l’enseignement dispensé ».
Dans son numéro daté du 17 juin, Auto Plus a publié un droit de réponse de l’Unidec, qui affirme notamment que l’enquête d’Auto Plus « n’est pas un véritable essai comparatif, les taux de réussite à l’examen du permis de conduire sont liés à l’origine sociale et culturelle des candidats ainsi qu’aux différents examinateurs (…) L’article correspond à des données mathématiques publiques qui ne rendent pas compte des qualités réelles ou supposées de l’enseignement ».
Dans sa réponse publiée à la suite du droit de réponse du syndicat, Auto Plus a notamment précisé que « les taux de réussite dépendent en effet de toutes les raisons évoquées par le syndicat, auxquelles nous en ajouterons une : la qualité de l’enseignement ! » Avant d’ajouter : « Quant à savoir si les taux affichés rendent compte de la qualité de l’enseignement, les professionnels le refusent, alors que pour nous, le lien est évident, même si les paramètres évoqués précédemment ont aussi leur influence. »
L’AVIS DE DEUX AUTRES SYNDICATSDaniel Blot, président du CNPA branche auto-école, qualifie l’article d’Auto Plus de « coup de journaliste. C’est un non-événement qui n’a même pas fait débat au sein de notre syndicat. Bien sûr, un taux de réussite ne reflète pas la qualité d’une auto-école, il y a de nombreux autres facteurs à prendre en considération. Mais en fin de compte, je doute fort que cet article ait suscité un intérêt quelconque de la part du grand public. »
Quant à Philippe Colombani, président de l’Unic, il juge l’article « aguicheur. C’est du tape-à-l’œil qu’il vaut mieux ignorer. Et puis il faudrait connaître le nombre moyen de leçons prises dans certaines de ces « meilleures » auto-écoles : il s’élève parfois à 55 ou 60 heures… Mais de toute façon, 15 jours après la publication de l’article, tout le monde l’avait déjà oublié… » Avant d’ajouter « C’est dans l’air du temps, puisque de nos jours tout est noté (enseignants, etc.) ! Alors pourquoi ne pas créer un label de qualité (et non un conventionnement) dans lequel puisse se retrouver le grand public. Mais il reste à définir la qualité en auto-école… »
C. S.