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warning Sécurité routière — Septembre 2017

- Ivan Roussigné, coordinateur adjoint de la sécurité routière -
« Les IDSR mènent un travail re

Ivan Roussigné est coordinateur adjoint de la sécurité routière à la préfecture de Moselle. Il nous explique le rôle de son service, ainsi que celui des Intervenants départementaux de la sécurité routière, plus connus sous l’appellation « IDSR ».


La Tribune des Auto-Écoles : Quelles sont les compétences du service de la sécurité routière à la préfecture de Moselle ?
Ivan Roussigné, coordinateur adjoint de la sécurité routière : Nous avons trois axes de compétences : statistique, préventif et répressif. Nous recueillons des statistiques en matière d’accidentologie et d’infractions routières qui nous servent au niveau local bien sûr, mais nous les transmettons également au niveau national afin d’établir des bilans pour l’ensemble du territoire français. Nous développons des opérations de prévention routière, notamment en collaboration avec les intervenants départementaux de la sécurité routière (IDSR) et enfin nous menons des actions de répression en décidant d’effectuer des contrôles radars sur telle ou telle portion de route qui s’avère plus ou moins accidentogène.


La Tribune : Comment sont décidées les actions de prévention routière ?
I. R. : Nous recevons des demandes des communes du département pour mener, par exemple, des actions de réactualisation des connaissances auprès des seniors ou des établissements scolaires pour proposer des actions de prévention routière auprès des élèves ou encore nous décidons d’organiser des événements comme une Journée moto pour sensibiliser les motards à la sécurité.


La Tribune : Quels sont les moyens dont vous disposez pour mettre en œuvre ces différentes initiatives ?
I. R. : Nous avons à notre disposition du matériel pédagogique comme des dépliants d’information, des jeux permettant d’aborder de façon ludique les problématiques de sécurité routière, un simulateur moto, des écrans et projecteurs vidéo, etc. Mais surtout nous faisons appel aux intervenants départementaux de la sécurité routière (IDSR) qui mènent un travail de terrain remarquable. Par ailleurs, un budget nous est alloué annuellement et nous l’utilisons pour mettre en place les actions de sécurité routière ou encore aider des petites communes à financer des afficheurs de vitesse pour inciter les automobilistes à ralentir, par exemple. Nous étudions tout ce qui peut contribuer à faire changer le comportement des automobilistes pour assurer une plus grande sécurité sur nos routes.


La Tribune : Justement, combien y a-t-il d’IDSR dans votre département et quels sont leurs profils ?
I. R. : Nous avons 38 IDSR. Les profils sont très variés. Majoritairement, ce sont de jeunes retraités. Les autres sont des actifs. Mais tous ou presque sont issus du milieu de l’éducation routière ou ont déjà joué un rôle dans l’éducation routière. Ils peuvent être enseignants de la conduite ou gérant d’un établissement de formation à la conduite, concepteur d’ouvrages pédagogiques pour la formation à la conduite ou encore psychologues. Nous avons également quelques fonctionnaires et nous avions aussi des forces de l’ordre en activité. Malheureusement, la charge de travail ayant considérablement augmenté compte tenu des circonstances actuelles que l’on connaît avec les attentats, ces derniers ont arrêté leur mission d’IDSR. Dans l’absolu, n’importe qui peut devenir IDSR. Il faut simplement que ce soit du gagnant-gagnant. Je veux dire par là, que la personne soit très motivée pour intervenir de façon dynamique dans les différentes actions menées. Il faut être efficace car le public est exigeant et ne fait pas de cadeau s’il sent que la personne n’est pas à la hauteur de ses attentes. Mais il faut aussi que l’IDSR ait du plaisir à faire ce qu’il fait. Pour que cela fonctionne bien, il faut que ça lui apporte quelque chose sur le plan personnel.


La Tribune : Doit-on suivre une formation pour devenir IDSR ?
I. R. : Effectivement, il y a une formation d’un jour dispensée par un chargé de mission de sécurité routière (CMSR) du Pôle régional d’appui de sécurité routière (PASR). Durant cette journée, sont présentés : la politique nationale de sécurité routière, les différents facteurs d’accidents, les moyens d’actions (affiches, dépliants, matériel pédagogique, etc.). Cela permet de dresser les grandes lignes de la mission d’un IDSR. Puis, l’IDSR complète ces informations par une formation sur le terrain en venant assister à des missions réalisées par des IDSR aguerris ou en participant en doublon à une opération. Quand on estime qu’il est prêt, on lui propose d’animer une action. En fait, il faut surtout savoir intéresser les gens à ce que vous dites parce que s’ils ne vous écoutent pas, le message ne peut pas passer. C’est vrai que souvent les IDSR les plus efficaces sont ceux qui ont été confrontés aux conséquences graves d’un accident. Lorsqu’une personne a vécu cette terrible réalité, elle sait ce que c’est que l’absence d’un être cher. Et lorsque les participants se mettent à pleurer en l’écoutant, on sait que le message a un réel impact sur l’auditoire. Par exemple, nous avons une mère qui a perdu son fils dans un accident de scooter et lorsqu’elle dit qu’il faut bien mettre son casque, les jeunes l’écoutent vraiment. De même, un de nos IDSR a tué son meilleur ami dans un accident de la route. Il témoigne avec beaucoup de courage. Mais lorsqu’il raconte son histoire, l’émotion est toujours très vive dans l’assistance.


La Tribune : Les missions sont-elles proposées par votre service ou directement par les IDSR ?
I. R. : Cela dépend des cas. En général, la proposition vient de la préfecture. J’envoie alors un mail à tous les IDSR en leur expliquant l’objectif de l’action et en leur indiquant la date et le lieu de l’opération. Ceux qui sont intéressés me répondent et s’ils sont plusieurs, j’essaie de choisir ceux qui seront les plus compétents pour réaliser cette action. J’essaie aussi de faire tourner les IDSR pour que cela ne soit pas toujours les mêmes qui participent afin de contenter tout le monde. Mais l’idée d’une action peut parfois venir d’un IDSR. Par exemple, une IDSR voulait effectuer un atelier de sensibilisation dans l’école élémentaire de sa fille. Je lui ai donné du matériel et elle a mis au point la mission.


La Tribune : Faites-vous également appel à des auto-écoles pour effectuer ces missions ?
I. R. : Oui, ça peut arriver. Par exemple, pour la Journée moto, des auto-écoles ont participé en partenariat avec la gendarmerie pour animer des ateliers d’exercices sur plateau ou de correction de trajectoire lors d’une petite balade. Mais il ne faut pas qu’il y ait de confusion des genres. Soit ils participent en tant qu’IDSR, soit en tant qu’auto-école. Il ne faut pas que l’action en tant qu’IDSR serve uniquement à assurer la promotion de l’établissement de formation à la conduite.


La Tribune : Combien de temps durent les actions ?
I. R. : C’est extrêmement variable. Cela peut être une journée comme la Journée moto, mais aussi une demi-journée ou encore deux heures pour une sensibilisation aux dangers de la route pour les seniors, par exemple. La durée n’est pas forcément un critère de qualité, c’est la pertinence de l’action menée par rapport au public visé qui compte.


La Tribune : Les IDSR sont-ils rémunérés et ont-ils des obligations à respecter ?
I. R. : Non, ils sont bénévoles. Par contre, ils peuvent être défrayés des frais de déplacement. Ils remplissent un acte d’engagement portant sur leur comportement personnel vis-à-vis des règles de circulation et de sécurité, sur leur adhésion aux grands principes de lutte contre l’insécurité routière, leur participation aux actions de prévention proposées et la réalisation d’un compte-rendu ou bilan succinct. Ils s’engagent sur une période minimale d’un an qui est reconduite de façon tacite. Par ailleurs, ils sont censés se tenir au courant de tout ce qui est en rapport avec la sécurité routière et connaître les évolutions du Code de la route. Je leur envoie régulièrement des documents, mais ils doivent aussi se former par eux-mêmes. Enfin, tous les IDSR sont réunis une fois par an afin de dresser un bilan des actions menées au niveau départemental durant l’année écoulée, présenter les nouveaux au sein de cette famille et découvrir les nouveaux outils de sensibilisation.


La Tribune : Où doit-on s’adresser pour devenir IDSR ?
I. R. : Il faut contacter le coordinateur de sécurité routière de sa préfecture.
Propos recueillis par Sandrine Ancel


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