Les enseignants de la conduite helvètes ont le moral en berne. Leur activité est en chute libre. « Je n’ai jamais vu ça en vingt ans de pratique professionnelle. Ça devient de plus en plus difficile de trouver des élèves. Je ne sais plus quoi faire », déclare un moniteur du canton de Vaud, qui confie donner moins de dix leçons certaines semaines. Et son cas n’est malheureusement pas isolé. Depuis quelques mois, le secteur de la formation à la conduite est touché par une crise sans précédent. Ce phénomène s’explique en partie par une augmentation légère du nombre d’enseignants de la conduite tandis que le nombre d’élèves est actuellement à la baisse. Mais ce n’est pas tout. Outre les moniteurs français qui passent la frontière pour bénéficier des salaires helvètes nettement plus élevés que dans l’Hexagone, les Suisses doivent faire face à un développement du travail au noir. Le prix de la formation étant perçu comme élevé par les jeunes, nombreux sont ceux qui optent pour un enseignement au noir moins dispendieux.