Un inspecteur du permis de conduire a été agressé le 7 avril dernier, dans les Yvelines. Des faits lourdement condamnés par les syndicats, qui pressent le pas pour que de nouvelles mesures soient prises.
Quatorze inspecteurs du permis de conduire ont cessé le travail, lundi 10 avril, en région parisienne. Ils dénoncent l’agression dont a été victime l’un de leur collègue, trois jours plus tôt, au centre d’examen de Vélizy-Villacoublay, dans les Yvelines. Un candidat, revenu sur les lieux le lendemain de l’épreuve, lui a asséné un coup au visage, le blessant à la mâchoire. Intercepté par les gendarmes, il a comparu le mercredi 12 avril au tribunal correctionnel de Versailles. Le jugement a finalement été renvoyé au 17 mai.
Un an auparavant, un inspecteur du même BER avait déjà été agressé. Il est toujours en arrêt maladie, note le SNICA-FO. Laurent Deville, secrétaire national du syndicat, rappelle que « des mesures avaient alors été exigées, mais rien n’a été mis en place, malgré les engagements des administrations ». Cette fois, le SNICA-FO souhaite notamment que soit déployé « un système de vidéo-surveillance sur le centre d’examen de Vélizy-Villacoublay et que les entrées soient filtrées ».
« Une montée des incivilités »
Le SNICA-FO souligne l’urgence de renforcer la sécurité des inspecteurs, car, selon Laurent Deville, « on assiste à une montée des incivilités. Des portières sont claquées, des collègues se font insulter, d’autres reçoivent des menaces de mort. Il y a véritablement un climat qui se tend ». Pour lui, la situation s’est aggravée après la mise en place de la réforme de 2014, qui a facilité l’accès au permis de conduire des candidats libres.
Les candidats libres pointés du doigt
Dans cette configuration, explique-t-il, « on ne connaît pas toujours l’accompagnateur. Ce n’est pas forcément un enseignant, il doit juste être titulaire du permis ». Les organisations professionnelles travaillent actuellement avec la DSCR à la mise en place d’une charte, qui devrait être signée par l’accompagnateur non-professionnel et pourrait être retournée dans le cadre d’une demande de permis de conduire. « Une première mouture a été présentée par la DSCR. Nous sommes en train de l’amender », précise Laurent Deville.
Pour sa part, Christophe Nauwelaers, secrétaire général de l’UNSA-SANEER, tient à relativiser l’implication des candidats libres dans les agressions contre les inspecteurs. « Ils ne représentent que 0,29% de l’ensemble des candidats au permis de conduire. »
Même s’il admet que le fait « que l’accompagnateur soit un membre de la famille du candidat puisse exacerber les réactions, on n’a pas eu d’écho particulier prouvant que les candidats libres aient provoqué des agressions ».
Des mesures annoncées
Dans un courrier adressé le 11 avril aux examinateurs du permis, Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité et à la circulation routières, déclare avoir demandé à ses services, à la suite de l’agression du 9 avril, « de préparer une communication visant à porter à la connaissance des candidats et leurs accompagnateurs les sanctions » pouvant être prises en cas « de violences ou d’outrage » contre un inspecteur ou un examinateur. « Des affiches sont en cours de préparation et seront apposées dans les établissements d’enseignement de la conduite et dans les centres d’examen du permis de conduire », précise-t-il.
Par ailleurs, Emmanuel Barbe a informé que les services du Premier ministre soumettront « un projet de circulaire relative à la protection des agents des DDI (Direction départementale interministérielle). La circulaire de 2014 spécifique à l’éducation routière sera modernisée en tant que de besoin dès sa publication ».
Il conclut en exprimant sa volonté d’ouvrir « une réflexion sur une éventuelle sanction administrative à l’égard des auteurs d’une agression verbale ou physique ».
A. B.