Un décret prévoit de modifier les conditions d’accès au métier de formateur au permis bateau en renforçant les compétences exigées. Mis en forme courant février, il devrait être adopté dans les semaines à venir.
Un décret, qui était toujours en fond de cale fin mars, devrait voir le jour dans les semaines à venir. Il vise à harmoniser les conditions d’accès à la profession d’enseignant, en renforçant les compétences exigées.
Actuellement, l’aspirant au métier de formateur à la conduite des bateaux de plaisance à moteur doit suivre une formation à l’évaluation. La validation du stage, d’une durée de 20 heures minimum, est exigée depuis la réforme de 2008. Il comprend plusieurs modules, définis dans l’objectif de permettre au futur instructeur de construire et d’organiser une formation selon un référentiel défini et d’être en capacité d'évaluer un stagiaire.
L’obtention de la carte d’autorisation d’enseigner est également conditionnée à la présentation d’un titre de radiotéléphoniste maritime, comme le Certificat restreint de radiotéléphoniste (CRR), d’un diplôme de secourisme, tel que le PSC1, et d’un permis côtier ou fluvial valide depuis au moins trois ans.
Élargir l’accès au métier
Le décret attendu prévoit d’exiger un titre nautique de niveau 5, en plus d’un titre de pédagogie niveau 5 – que les enseignants de la conduite ont déjà validé à travers le Bepecaser ou, plus récemment, du titre professionnel –, pour aspirer à exercer le métier de moniteur bateau. « Jusqu’à présent, il n’existait pas de qualification spécifique nautisme dans le parcours de la formation à l’enseignement. Cette réforme permettra à ceux qui ont la qualification pédagogique d’obtenir une qualification nautique, et inversement », explique Michel Lecomte, référent bateau chez ECF et responsable de l’établissement Manche West, à Morlaix, dans le Finistère.
Cette disposition a également pour objectif d’ouvrir l’accès à la profession à de nouveaux aspirants, en s’adressant plus largement aux personnes issues du milieu maritime, comme de la marine marchande ou de la pêche par exemple. « L’idée est bonne, considère Laurent Dillenschneider, président national de la section nautisme du CNPA et responsable de l’auto-moto-bateau école du Champ de Mars, à Nemours, en Seine-et-Marne. Elle offre surtout la possibilité aux personnes du milieu maritime de renforcer le volet pédagogique. » Cette réforme vise par la même occasion à rajeunir un secteur vieillissant, « dont 50% des professionnels ont plus de 50 ans », reconnaît-on au ministère de l’Environnement.
La mise en place d’un CQP
Le texte, mis en forme courant février par différents acteurs issus de la formation bateau, pourrait être adopté « avant l’élection présidentielle », fin avril, espère Pierre Bost, secrétaire général de la Fédération nationale des bateaux-écoles (FNBE). La Fédération des industries nautiques (FIN), elle, a pris les devants. Depuis plusieurs mois maintenant, elle propose un Certificat de qualification professionnel (CQP) formateur permis plaisance destiné aux ressortissants de sa branche. Selon le référentiel établi par la FIN, le CQP, qui se veut facultatif, se décompose en deux parties distinctes : un module technique et nautique, de 57 heures, et un module pédagogique, de 53 heures. Il absorbe par ailleurs dans son programme la formation à l’évaluation, en reprenant l’ensemble des compétences visées.
Pour l’heure, seule la FIN dispose d’un CQP. Le CNPA, de son côté, ne cache pas sa volonté de mettre en place une formation équivalente, qui serait définie par les organisations liées à la branche automobile et destiné à ses ressortissants, tels que les titulaires d’un Bepecaser ou d’un titre professionnel. « La possibilité d’un CQP est actuellement en réflexion », confiait mi-février Anne-Marie Santos, du CNPA. Cette formation, dont le référentiel pourrait s’inspirer de celui proposé par la FIN, devrait donc « combler un vide » dans le processus de formation des futurs moniteurs bateau.
A. B.
La dématérialisation des dossiers Cerfa en approche
Souhaitée depuis longtemps par les professionnels du secteur de la formation au permis bateau, la procédure de dématérialisation des dossiers Cerfa est en passe d’être mise en place. « Une première phase est planifiée vers avril-mai, avant que la haute saison ne débute », explique Laurent Dillenschneider, président national de la section nautisme du CNPA et responsable de l’auto-moto-bateau école du Champ de Mars, à Nemours, en Seine-et-Marne.
La dématérialisation, déjà engagée par les pouvoirs publics dans un large champ d’application, concernera toutes les pièces du Cerfa. L’objectif est de soulager les centres de formation, mais aussi les services administratifs, dans le traitement des dossiers. « Elle simplifiera nos démarches et elle entraînera des économies, en nous épargnant d’envoyer les documents par courrier », constate Laurent Dillenschneider.
La numérisation des Cerfa permettra également aux élèves d’être remboursés de la valeur des timbres fiscaux, fixée à 108 euros, en cas de formation incomplète. Mais aussi de sécuriser l’envoi des dossiers. « J’ai déjà perdu six dossiers en les envoyant par La Poste. Le préjudice a été important », confère Michel Lecomte, référent bateau chez ECF et responsable de l’établissement Manche West, à Morlaix, dans le Finistère.
Si la phase de test s’avère concluante, le processus de dématérialisation pourrait profiter à l’ensemble des bateaux-écoles dès la rentrée prochaine.