
Dans la nouvelle édition de son baromètre de la conduite responsable, publié début février, la Fondation Vinci Autoroutes rapporte une augmentation des incivilités au volant et une pratique toujours aussi répandue des comportements à risques.
Dans son baromètre de la conduite responsable, publié début février, la Fondation Vinci Autoroutes passe au crible les comportements des automobilistes, en soulignant les spécificités régionales. L’enquête, réalisée par Ipsos auprès de 2 046 Français, distingue plusieurs phénomènes, comme la hausse des incivilités et l’usage croissant des outils connectés au volant. Une conjoncture « peu propice à une baisse de l’accidentalité », notent les auteurs.
Le danger, c’est les autres
Comme le prouvaient déjà les résultats des baromètres précédents, les Français attribuent essentiellement les comportements dangereux aux autres usagers de la route. À titre individuel, ils s’accordent en moyenne une note de 7,7/10 pour évaluer leurs qualités de conducteur. Ils se décrivent vigilant, pour 78% d’entre eux, calme (43%) et courtois (25%). Lorsqu’il s’agit de définir l’attitude des autres automobilistes, le jugement est plus critique. Ils emploient les termes irresponsable (45%), dangereux (39%) et agressif (33%). Une défiance particulièrement exacerbée chez les Franciliens et les habitants de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Toujours plus d’incivilités
Les incivilités au volant sont en hausse en 2017. Selon l’étude, 68% des conducteurs (+ 3%) reconnaissent qu’il leur arrive d’injurier les autres automobilistes. En Occitanie, cette estimation grimpe à 76%. Autre donnée, 37% des personnes collent délibérément les conducteurs qui les énervent et 27% doublent par la droite sur l’autoroute, un chiffre qui double en Île-de-France. Les Franciliens, ainsi que les Auvergnats, sont également les plus enclins à descendre de leur véhicule pour s’expliquer avec les autres automobilistes (19%).
Des conducteurs distraits
L’usage des outils connectés, sources de distraction au volant, continue de s’accroître. Selon l’étude, en conduisant, 39% des automobilistes (+ 3%) paramètrent leur GPS, 29% (+ 3%) envoient ou lisent des SMS et des mails et 17% (+ 2%) reconnaissent signaler des événements via une application. Quant aux conversations téléphoniques, 40% des conducteurs disent utiliser un système bluetooth et 21% déclarent tenir l’appareil en main, alors que la pratique est pourtant interdite depuis 2003. Paradoxalement, 52% des Français (+ 7%) identifient l’inattention comme l’une des principales causes d’accidents mortels sur la route.
La somnolence reste mal maîtrisée
D’après le baromètre, 33% des conducteurs ont déjà eu l’impression de s’être assoupis durant quelques secondes au volant. Une sensation particulièrement éprouvée en Île-de-France, où l’estimation grimpe à 39%. Près d’un automobiliste sur quatre indique avoir déjà empiété sur la bande d’arrêt d’urgence ou sur le bas-côté à cause d’un moment d’inattention ou d’assoupissement et près d’un sur deux déclare avoir continué sa route alors qu’il se sentait très fatigué. Quant aux bons comportements à adopter pour prévenir la somnolence, la marge de progression reste considérable. Le temps moyen de conduite sans arrêt est estimé à 2 h 49, largement supérieur aux 2 heures recommandées.
Le fatalisme recul
Malgré la stabilité, voire l’augmentation de certains comportements dangereux au volant, l’optimisme progresse. 58% des Français (+ 3%) considèrent que le nombre de personnes tuées sur les routes pourra encore baisser de façon très importante dans les prochaines années, alors même que la mortalité routière est en hausse depuis la troisième année consécutive.
A. B.