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warning Accidentologie — Janvier 2017

- Infrastructures -
Quelles routes sont les plus dégradées ?

« Carte-routes-degradees »


Dans un rapport publié courant novembre, l’association 40 millions d’automobilistes recense les routes les plus dégradées par département afin d’alerter les pouvoirs publics sur l’ampleur du phénomène.


L’association 40 millions d’automobilistes a lancé le 26 novembre 2015 une action participative baptisée « J’ai mal à ma route ». Jusqu’au 1er mars dernier, les usagers ont pu témoigner, via Internet, de l’état des chaussées qu’ils empruntent. Au total, 31 186 signalements de routes dégradées ont été recensés dans toute la France.
Dans son rapport publié en novembre 2016, l’association 40 millions d’automobilistes a sélectionné pour chaque département les trois routes ou rues jugées les plus dégradées après avoir vérifié la véracité et la légitimité des témoignages enregistrés. Les altérations relevées sont de plusieurs ordres : les fissures (cassures de la couche de surface), le faïençage (constitué d’un ensemble de fissures), le nid-de-poule (trou de forme irrégulière apparaissant à la surface de la chaussée) et les bords de chaussées dégradés (arrachements de revêtement).

Les Bouches-du-Rhône en tête du palmarès
Tous les départements n’ont pu être intégrés dans le rapport. Ainsi, la Corse-du-Sud, la Haute-Corse, l’Ariège, le Cantal, la Creuse, le Lot-et-Garonne, la Lozère, la Meuse, les Vosges et le Territoire-de-Belfort échappent à la classification en raison d’un nombre insuffisant de signalements. Parmi les autres territoires, les Bouches-du-Rhône ont fait l’objet de la participation la plus forte, avec 1 562 signalements enregistrés. Suivent la Seine-et-Marne, avec 1 507 signalements, le département de  la Seine-Maritime (1 290) ou encore le Nord (1 162).
Ce rapport vise avant tout à sensibiliser les pouvoirs publics sur les enjeux économiques, sociaux et sécuritaires liés à la qualité des infrastructures de transport. Selon un sondage réalisé en 2015 par le Syndicat des équipements routiers et l’organisme Opinion Way, la dégradation des routes constitue une source d’inquiétude pour 75 % des Français. Pour autant, « aucune étude sérieuse depuis 1995 n’ose évaluer l’impact réel d’une route mal entretenue sur la sécurité routière », déplore 40 millions d’automobilistes.

Les gestionnaires pointés du doigt
La dégradation des infrastructures s’amplifie depuis plusieurs années, selon l’association, qui craint, à terme, que le réseau routier ne remplisse plus son rôle dans l’accessibilité, la sécurité et le confort des déplacements. D’après ses estimations, le taux moyen nécessaire de renouvellement des chaussées est de 8 %. Or, depuis 2010, ce taux est compris entre 4% et 6% du fait de la diminution des crédits alloués à l’entretien des routes. La rationalisation des coûts dans ce domaine est pourtant une fausse piste, selon l’association, qui met en garde sur d’éventuels phénomènes inflationnistes. Elle estime qu’un euro non investi dans l’entretien au moment opportun peut générer jusqu’à 10 euros de dépenses supplémentaires quelques années plus tard.
L’association enjoint les gestionnaires, à savoir l’État, les communes et les EPCI, pour les routes départementales et communales, à « assumer les dépenses relatives à la construction, à l’aménagement et à l’entretien des routes ». Elle souligne que cette responsabilité, qui revient au gestionnaire, s’étend à la chaussée, mais également à l’ensemble des éléments constitutifs de la voirie, comme par exemple les accotements, les terre-pleins centraux, les talus et les pistes cyclables.
40 millions d’automobilistes ne souhaite pas s’arrêter là. Après la publication de ce classement, l’association assure qu’elle veillera à ce que toutes les routes et rues figurant dans le rapport fassent l’objet d’un projet de réparation ponctuelle ou de rénovation et que les travaux appropriés soient réalisés dans les meilleurs délais.
A. B.


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