La route fait davantage de victimes dans certains départements. Éclairage sur les données de 2015 mais aussi sur une période plus large.
Le réseau routier, la densité de la circulation, les conditions climatiques… varient selon les départements, d’où de grandes disparités en matière de mortalité routière.
Pour l’année 2015, le département qui dénombre le plus de tués est les Bouches-du-Rhône (128 décès), puis le Nord (102) et la Gironde (101). Mais un nombre de morts ne signifie pas grand-chose tant que l’on ne l’a pas rapporté au nombre d’habitants du département.
Ainsi, lorsque l’on prend en compte le taux moyen de personnes décédées tous âges confondus dans un accident de la route pour 1 million d’habitants, la fourchette va de 15 décès dans les Hauts-de-Seine à 197 en Lozère. Au palmarès des départements les plus meurtriers, après la Lozère, on trouve les Alpes-de-Haute-Provence (125), l’Aveyron (114), ou encore la Haute-Marne (109). À l’inverse, outre les Hauts-de-Seine, les départements les plus sûrs sont Paris (17), le Val-de-Marne (18), le Val-d’Oise (23), la Seine-Saint-Denis (26) et l’Essonne (27), tous des départements d’Île-de-France. Les bouchons franciliens seraient-ils un gage de sécurité routière ? Viennent ensuite le Rhône (28), le Nord (33) et la Haute-Garonne (37).
Plus significative car établie sur une plus longue période, l’évolution 2010/2015 de la mortalité routière couronne l’Ariège (- 68% de tués), la Haute-Saône (- 50%) et le Vaucluse (- 48%) et accable la Corse-du-Sud et les Hautes-Pyrénées (+ 67%), l’Aveyron (+53%) ainsi que l’Aube et la Haute-Loire
(+ 50%).
2RM : certains départements très touchés
Sur la période 2013-2015, la part des deux-roues motorisés (2RM) dans la mortalité routière connaît aussi de grands écarts selon les départements. La palme de l’insécurité revient au département des Hauts-de-Seine (49% des tués sont des 2RM), pourtant bien placé de manière générale, suivi par les Alpes-Maritimes (46%), un département où le beau temps et les routes touristiques font qu’on y est plus enclin à rouler en deux roues. La Martinique (45%) et Mayotte (44%) sont également des départements à risque, où le port du casque doit encore progresser. Inversement, la Haute-Marne (3%), la Meuse (6%), l’Aveyron et le Cantal (8%) sont les départements les moins touchés par la mortalité des 2RM.
Toujours sur la période 2013-2015, les départements dans lesquels la part des conducteurs novices (moins de 2 ans de permis) dans la mortalité routière est la plus élevée sont le Val-de-Marne (43%), la Meuse et la Saône-et-Loire (31%) ainsi que la Haute-Corse (30%). Inversement, les conducteurs novices tués sont les moins représentés dans la Creuse (10%), le Cantal et le Loir-et-Cher (11%) et la Dordogne (12%).
C. S.