Les comportements dangereux sur autoroute sont en augmentation en 2016, après dix ans de baisse. Parmi eux, une vitesse excessive, une mauvaise occupation des voies et le non-usage du clignotant…
Tous les ans, depuis 2012, le groupe Sanef (Société des autoroutes du Nord et de l’Est de la France) publie des données scientifiques relatives aux comportements à risque sur l’autoroute. Dans son dernier observatoire, établi pour l’année 2016, les conclusions sont inquiétantes.
Premier constat, la vitesse des automobilistes a bondi, après quatre ans de stagnation. Selon l’étude, 43 % des véhicules légers roulent à plus de 130 km/h sur l’autoroute, contre 37 % en 2015, dont 4 % à plus de 150 km/h, soit 1 % de plus que l’année précédente. La vitesse sur l’autoroute reste un enjeu majeur de sécurité routière. En 2015, elle était la cause de 10 % des accidents mortels.
L’occupation des voies, elle aussi, est préoccupante. Près d’un véhicule sur trois reste sur la voie du milieu alors que celle de droite est libre. Ce chiffre grimpe à 55 % la nuit. Comme le rappelle l’étude, l’occupation de la voie centrale peut induire des comportements dangereux comme le dépassement par la droite.
La mauvaise utilisation des clignotants est également soulignée. 37 % des conducteurs ne s’en servent pas pour doubler, soit une augmentation de 2 % depuis 2012. Une amélioration est toutefois observée pour les situations où les conducteurs se rabattent. Ils les actionnent dans 45 % des cas, contre 59 % il y a quatre ans.
Point positif, la Sanef a constaté une amélioration des distances de sécurité, notamment sur la voie de gauche, où elles sont respectées par 17 % des automobilistes. L’étude rappelle que les inter-distances sont acceptables lorsque les conducteurs laissent au moins 2 secondes, soit 100 mètres, avec le véhicule qui les précède.
L’autoroute plus sûre que la route
Quant aux facteurs d’accidents mortels, l’inattention a progressé de manière significative, bondissant de 10 % à 16 % entre 2014 et 2015. La conduite sous emprise de stupéfiants a elle aussi augmenté, passant de 24 % à 26 %, alors que la somnolence a chuté de 38 % à 26 %. Comme le rappelle la Sanef, l’autoroute reste malgré tout cinq fois plus sûre que la route.
A. B.