La 12e édition du Baromètre AXA Prévention révèle que les Français ont enfin tendance à prendre moins de risques au volant. Mais le sentiment d’insécurité est toujours présent sur le réseau routier secondaire.
L’an passé, l’état des lieux que dresse depuis plus de 10 ans AXA Prévention sur le comportement des Français sur la route n’était guère reluisant, puisque mis à part les 18-25, les conducteurs de l’Hexagone faisaient preuve d’une imprudence marquée (alcool, téléphone, vitesse…). En 2016, malgré les mauvais résultats de la mortalité routière constatés en 2015, l’étude réalisée par TNS Sofres* pour AXA Prévention se révèle nettement plus optimiste. Les comportements des automobilistes concernant diverses pratiques à risque sont en nette amélioration.
Alcool : une prise de conscience ?
Concernant l’alcool, les conducteurs qui reconnaissent prendre le volant après avoir consommé 2 verres d’alcool ne représentent « plus » que 23% (contre 28% en 2015). Ils sont également moins nombreux à conduire après avoir bu 4 ou 5 verres d’alcool (4% contre 6% l’an passé). Des chiffres malgré tout encore trop élevés, lorsque l’on sait que 30% des tués le sont lors d’un accident dans lequel au moins un conducteur présentait une alcoolémie au-dessus de 0,5 g/l (données ONISR, Observatoire national interministériel de la sécurité routière).
Par ailleurs, les Français téléphonent moins au volant (30% contre 38% en 2015) et sont moins nombreux à envoyer ou consulter des SMS en conduisant (15% contre 23%).
Côté vitesse, les Français se montrent également plus raisonnables. Sur autoroute, 14% des conducteurs reconnaissent rouler à 160/170 km/h (contre 19% en 2015), tandis qu’en ville, ils sont 39% à reconnaître rouler à 65 km/h (44% l’an passé).
Un réseau secondaire dangereux
Malgré cette amélioration des comportements, l’étude pointe des différences de sécurité en fonction du réseau emprunté par les automobilistes. Sur les réseaux secondaires (routes nationales et départementales), c’est-à-dire les routes les plus fréquentées, 41% des conducteurs déclarent se sentir « en insécurité ».
À raison, puisque les accidents sur les routes bidirectionnelles représentent plus de la moitié de la mortalité sur les routes. Sont en cause le comportement des autres conducteurs, pour 86% des sondés, le manque d’entretien des infrastructures (59%) et la mauvaise signalisation des zones de danger (30%). Constat inquiétant, 32% des conducteurs affirment adapter leur rythme de conduite à celui des autres plutôt que de respecter les limitations de vitesse, et 25% reconnaissent rouler à 120/130 km/h au lieu de 90 km/h.
En ville, 47% des personnes interrogées déclarent ne pas se sentir en sécurité, à cause du trafic dense et de prises de risques liées à l’engorgement urbain. Cependant, pour la première fois, on constate cette année une amélioration globale sur les trois infractions principales. Ainsi, 39% des conducteurs (contre 44% en 2015) déclarent rouler à 65 km/h, 47% (contre 50%) doublent ou tournent sans actionner leur clignotant, mais encore 75% (contre 78%) ne s’arrêtent pas au feu orange, qui se révèle une des habitudes les plus difficiles à modifier.
Enfin, sur autoroute, le sentiment d’insécurité est beaucoup plus réduit, puisqu’il est ressenti par seulement 13% des automobilistes. Cependant, les pratiques à risques, bien qu’en baisse, sont encore courantes. Ainsi, 14% des conducteurs déclarent rouler à 160/170 km/h (19% en 2015), 21% reconnaissent doubler par la droite (23% l’an passé) et 33% conduisent sans interruption pendant 4 à 5 h d’affilée (35% en 2015).
C. S.
*Enquête TNS Sofres réalisée du 18 décembre 2015 au 5 janvier 2016 auprès de 1 543 automobilistes, consultable sur www.axaprevention.fr