Interrogés dans le cadre d’une étude, les automobilistes français doutent qu’on puisse réduire davantage la mortalité routière, tout en continuant à adopter des comportements à risques.
Les conducteurs français ont du mal à se défaire de leurs comportements à risques. C’est l’un des principaux enseignements qui ressort du 6e Baromètre de la conduite responsable, réalisé par Ipsos pour la fondation Vinci Autoroutes, qui dresse chaque année un état des lieux des habitudes de conduite et de leur évolution.
Les Français sont de plus en plus fatalistes face à la mortalité routière. Ainsi, 68% d’entre eux sont conscients que le nombre de victimes de la route a augmenté en 2015, ce qui semble avoir ébranlé leur optimisme. En effet, 45% estiment qu’il sera difficile de faire encore baisser de façon significative le nombre de personnes tuées sur les routes dans les années à venir, contre 39% en 2015 et 33% en 2014.
Autre constat, moins surprenant, les Français ont du mal à se remettre en cause. La quasi-totalité d’entre eux (96%) emploient au moins un adjectif positif pour décrire leur attitude au volant, alors que lorsqu’ils jugent les autres conducteurs, ils sont 90% à citer au moins un adjectif négatif.
De plus, ils se montrent toujours agressifs envers les autres usagers de la route : 65% avouent qu’il leur arrive de les injurier, 53% de les klaxonner de manière intempestive, 26% de les doubler à droite sur autoroute et même 14% de descendre de leur véhicule pour s’expliquer. On notera que la palme de l’incivilité revient aux conducteurs d’Île-de-France, suivis par ceux de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.
L’imprudence toujours de mise
Autre constat négatif, les comportements à risque sont loin de diminuer. Non seulement 92% des Français dépassent de quelques km/h la vitesse autorisée, mais ils sont 76% à ne pas respecter les distances de sécurité, 65% à ne pas mettre leur clignotant et 50% à circuler sur la voie du milieu sur autoroute alors que la voie de droite est libre.
D’autre part, plus d’1 conducteur sur 4 (26%) – et 1 sur 2 chez les 25-34 ans – envoient ou lisent des SMS ou des mails en conduisant. Téléphoner au volant reste une pratique toujours vivace : 41% des conducteurs téléphonent avec un système Bluetooth à haut-parleur intégré, ce qui reste autorisé mais n’est pas sans risques. Et 17% des continuent à utiliser une oreillette, un casque ou un écouteur, bien que ce soit interdit, tandis que 22% admettent même téléphoner sans kit mains-libres.
Concernant l’alcool, on relève que les Français ne s’interdisent de prendre le volant qu’après 2,5 verres, c’est-à-dire davantage que la limite autorisée. Un comportement deux fois plus pratiqué chez les hommes (22%) que chez les femmes (11%).
La somnolence davantage prise en compte
Les conducteurs français sont 45% (contre 43% en 2015) à déclarer qu’il leur est déjà arrivé de se sentir très fatigués mais de continuer leur route, alors que 30% (contre 28% en 2015) ont déjà eu l’impression de s’être assoupis au volant durant quelques secondes et 25% (contre 23% en 2015) ont déjà débordé sur la bande d’arrêt d’urgence à cause d’un moment d’inattention ou d’assoupissement.
Prévenir la somnolence au volant devient progressivement une habitude. Près de 3 automobilistes sur 4 (74%) incluent les pauses dans le calcul de leur temps de trajet, plus d’1 sur 2 (56%) changent de conducteur lors des longs trajets et 37% s’arrêtent au cours du trajet pour faire une sieste.
C. S.
Étude disponible (avec les différences de comportement selon les 13 nouvelles régions) sur http ://fondation.vinci-autoroutes.com