Alors que les 2 principaux syndicats d’inspecteurs ont appelé à la grève le 15 mars, lassés de ne voir les promesses du gouvernement se concrétiser, ce mouvement n’aura finalement eu que peu d’effet.
Tributaires de l’ambition affichée depuis plusieurs années par le gouvernement de réduire les délais d’attente aux examens du permis de conduire, les conditions de travail des inspecteurs du permis de conduire et de la sécurité routière (IPCSR) ne cessent de fluctuer. Et si l’objectif des 45 jours entre deux passages semble désormais se rapprocher à vitesse grand V au prix des réformes actées, des disparités perdurent. Des différences notoires d’une région à l’autre, l’Île-de-France restant la plus encombrée (près de 100 jours d’attente dans certains départements franciliens), mais aussi au sein même des plannings des inspecteurs. Une situation telle que ces derniers, par l’intermédiaire de leurs 2 principaux syndicats, le SNICA-FO et l’UNSA-SANEER, ont appelé leurs confrères à interrompre leurs tâches le 15 mars dernier. Près d’un fonctionnaire sur deux a répondu présent au début du mouvement mais celui-ci, long de 9 jours pour certains, n’a finalement pas eu tous les effets escomptés.
Statu quo sur les missions de contrôle
Pierre angulaire des divergences entre les inspecteurs et la DSCR, le débat sur l’affectation du corps à des missions de contrôles ne semble pas s’être véritablement éclairci. Car si les instances se disent prêtes à entamer les discussions sur le sujet, rien n’a encore été officialisé. Dans une lettre adressée le 24 mars à l’UNSA-SANEER et signée par Denis Robin, secrétaire général du ministère de l’Intérieur, et Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière, il est mentionné une confirmation que « le ministre a demandé à la DSCR à la fin du mois de février de donner des instructions aux préfets de département afin que les IPCSR puissent procéder dès que possible à des contrôles de centres de stages de sensibilisation ». Pour les suivis d’enseignement en revanche, aucun aval n’a été donné même s’il est indiqué que la place Beauvau reconnaît « la nécessité de reprendre ce type de contrôle ».
« On craint un mélange entre suivi d’enseignement et charte qualité, indique Laurent Deville, secrétaire général du SNICA-FO. On ne veut pas d’une démarche volontaire de la part des auto-écoles mais bien de contrôles pour tous. Bien évidemment, nous acceptons d’être nous-mêmes contrôlés par notre hiérarchie et non par un groupe de 40 IPCSR désignés comme suggéré jusqu’alors ».
Tout cela doit aussi, toujours selon le syndicat, s’inscrire dans une réorganisation des conditions de travail (nombre de candidats par jour, durée de l’examen, intégration des contrôles, etc). « Dans le cadre de journées complètes, on dépasse quotidiennement le temps de travail. Or cela n’est pas compatible avec notre devoir de bon accueil des examinés, explique le syndicaliste. Quant à l’épreuve en elle-même, nous maintenons qu’elle ne doit pas se transformer en marchandise mais rester un service public et gratuit pour les candidats ».
Maigres avancées salariales
Parmi les revendications, le régime des inspecteurs et déléguées du permis de conduire a aussi été discuté. Pour la deuxième catégorie, quelques accords ont même d’ores et déjà été contractés. « Les deux grilles indiciaires des délégués principaux vont être fusionnées et la résultante sera identique à celle des autres attachés d’administration », se félicite Christophe Nauwelaers, secrétaire général de l’UNSA-SANEER. Le point d’indice subira ainsi une revalorisation de 1,2% d’ici le 1er février 2017. Le gel de ce dernier, courant depuis 2010, est ainsi révolu mais « cela ne se traduira que par une augmentation de quelques dizaines d’euros sur la fiche de paie des agents », tempère néanmoins Laurent Deville tout en reconnaissant le geste de l’État dans le sens de sa profession. En revanche pour le régime indemnitaire des IPCSR, lesquels souhaitent être traités d’égal à égal avec les autres corps de catégories B, les négociations se poursuivront dans les prochains mois. « Les intentions de la direction des ressources humaines sont positives », note toutefois Christophe Nauwelaers.
B. V.