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warning Accidentologie — Janvier 2016

- Attentats du 13 novembre -
Dommage collatéral

Un enseignant de la conduite qui transportait sa famille dans son véhicule-école a échappé au pire le 13 novembre dernier.


En état de choc. Wilson, 32 ans, enseignant de la conduite au CFR Puteaux, dans les Hauts-de-Seine, revient de loin. Vendredi 13 novembre dernier, ce jeune père de famille se rend chez sa mère, domiciliée en Seine-Saint-Denis, avec le véhicule-école. Sa femme a pris place à l’avant et ses deux enfants en bas âge se trouvent à l’arrière. Le trajet se passe normalement, jusqu’à ce qu’ils arrivent près du Stade de France. Il est plus de 21 heures. Alors que le véhicule est arrêté à un feu rouge, une formidable explosion retentit et souffle la lunette arrière.
« Suivant son instinct de survie, Wilson redémarre sur le champ pour s’éloigner au plus vite du lieu du danger, explique Ibraïma Kouyate, gérant de CFR Puteaux. Sur le coup, il a pensé que c’était une fusillade qui éclatait dans la rue. » Ce n’est qu’en voulant se rendre à un poste de police pour porter plainte qu’il est arrêté à un barrage de police et qu’il apprend qu’il s’agit d’un attentat.

Le terroriste s’est fait sauter
« C’est à ce moment-là qu’une policière se rend compte qu’il y a du sang sur la voiture, raconte Ibraïma Kouyate. Et comble de l’horreur, en observant la carrosserie de plus près, elle découvre plusieurs trous et impacts faits par des écrous, ainsi que des morceaux de chair humaine. Wilson comprend que la déflagration n’est autre que l’un de terroristes qui s’est fait exploser ».
Heureusement, les quatre passagers de la voiture sont sains et saufs, mais le jeune enseignant est pour le moins ébranlé. À l’heure où nous bouclons ce magazine, il était toujours en arrêt de travail et suivi par un psychologue. Quant à l’auto réquisitionnée par la police le soir de l’attentat, elle a pu être récupérée dès le lendemain soir par le gérant de l’auto-école. « Elle est dans un garage et nous attendons le passage de l’expert avant de pouvoir entreprendre des réparations, confie Ibraïma Kouyate qui a porté plainte contre X.
Également choqué par la douloureuse expérience de son enseignant de la conduite, le gérant a pris des mesures spécifiques, en demandant notamment à ses enseignants de la conduite « d’éviter de s’approcher des endroits qui attirent la foule ».
S. A.


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