Près de Metz, un enseignant propose une formation destinée à ceux qui souhaitent redevenir motards… après un « break » de plusieurs années.
Pas forcément évident de reprendre le guidon d’une moto après des décennies d’abstinence ! C’est pourquoi Michael Guthfreund, enseignant moto depuis 22 ans et responsable du centre de formation moto Interformation Woippy 2000, dans la banlieue Nord de Metz, dispense une formation spécifique pour ce public. Cette formation de 5 ou 6 h comprend une évaluation du niveau du motard, de la théorie puis, de la pratique sur piste et sur route.
« C’est plutôt un concours de circonstances qui m’a amené à monter cette formation qu’une initiative de ma part », explique l’enseignant. En 2015, il a en effet été sollicité tour à tour par deux personnes qui voulaient se remettre à la moto après des décennies d’interruption. Alain, la soixantaine, n’avait pas enfourché une moto depuis 30 ans tandis que Saada n’était plus motarde depuis 15 ans. « J’aurais pu effectuer une formation commune, mais j’ai préféré les prendre individuellement, explique Michael Guthfreund. Car si en 15 ans, les motos ont peu évolué, il y a 30 ans, elles étaient très différentes techniquement de celles d’aujourd’hui ».
L’enseignant constate qu’après une longue interruption, c’est souvent la peur « de se prendre une gamelle » qui fait revenir à l’auto-école les anciens motards. « Si après un arrêt de 2 ou 3 ans, les habitudes reviennent vite, après des dizaines d’années, il n’est pas inutile de réapprendre les fondamentaux (bases techniques, placement du regard, dosage du freinage…) ».
Prendre de nouvelles habitudes
« Il y a 30 ans, Alain avait surtout appris à freiner de l’arrière, alors qu’aujourd’hui on freine essentiellement sur la roue avant, explique l’enseignant. Il avait aussi l’habitude d’accélérer en tirant beaucoup sur la poignée, ce qui n’est plus nécessaire aujourd’hui, les commandes étant beaucoup plus directes. Alain a également dû se familiariser avec l’ABS, qui, même s’il ne résout pas tous les problèmes, supprime beaucoup de risques de chute ».
Michael Guthfreund est prêt à accueillir d’autres anciens motards qui voudraient reprendre le guidon. Évidemment, le coût constitue un frein à toute formation post-permis, mais ce continuum éducatif permet de déceler les mauvais comportements ». L’enseignant rappelle au passage « que la pratique de la moto s’arrête en hiver et reprend au printemps. L’enthousiasme de la reprise provoque une recrudescence d’accidents. Il ne faudrait jamais s’arrêter de pratiquer ! ».
C. S.