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warning Accidentologie — Mai 2015

- 11e baromètre AXA Prévention -
Seuls les 18-25 ans ont progressé

La 11e édition du Baromètre AXA Prévention révèle cette année une dégradation préoccupante du comportement des Français au volant. Consolation, les jeunes sont en progrès.


Chaque année depuis plus de 10 ans, AXA Prévention dresse le bilan du comportement des Français sur la route. La 11e édition de son Baromètre* s’avère plutôt alarmante, un constat mis en parallèle avec l’augmentation de la mortalité routière relevée l’an passé, après 10 ans de baisse.

Les Français ne raccrochent pas
Loin de diminuer, l’usage du téléphone au volant continue globalement à progresser. Ainsi, 38% des automobilistes (contre 34% en 2014) déclarent téléphoner au volant, avec ou sans kit mains libres. Consulter et envoyer des SMS est une pratique qui augmente également (23% contre 19% en 2014), tout comme le suivi d’un itinéraire sur le GPS de son smartphone (27% contre 22% en 2014). Par contre, l’utilisation du kit mains libres tend à se généraliser (66% contre 58% en 2014). Mais ce dernier, également considéré comme dangereux par les pouvoirs publics, doit être prochainement interdit.
Concernant les risques liés à la somnolence, 50% des sondés reconnaissent prendre le volant ou continuer à conduire alors qu’ils se sentent fatigués (47% en 2014). De plus, 35% déclarent conduire sans s’arrêter pendant 4 ou 5 heures d’affilée (30% en 2014), et 30% après avoir pris des médicaments pouvant altérer leur vigilance (26% en 2014).
Le réflexe de passer le volant à une autre personne reste encore peu pratiqué, puisque 46% des sondés déclarent ne pas le faire systématiquement alors qu’ils ne sont pas en état de conduire (alcool, fatigue, somnolence…), tandis que 11% ne laissent jamais le volant à une autre personne (19% chez les seniors et 10% chez les jeunes).
Si on note une légère amélioration concernant  les excès de vitesse en agglomération, les automobilistes étant conscients du danger à 74% (contre 69% en 2014), 78% des conducteurs déclarent ne pas s’arrêter au feu orange (72% en 2014)  et, chiffre étonnant, seuls 50% pensent à signaler leur changement de direction ou de file de circulation en utilisant leur clignotant (47% en 2014).

La conduite des jeunes en progrès
Seule tendance encourageante, si les jeunes conducteurs (18 - 25 ans) se distinguent toujours de l’ensemble des automobilistes par leur tendance à relativiser les dangers et à commettre davantage d’infractions, ils ont cependant accompli des progrès. Ainsi, ils semblent prendre conscience de la dangerosité de l’utilisation du téléphone mobile puisqu’ils sont nettement moins nombreux à passer des appels au volant (42% contre 54% en 2014). En ville, les 18/25 ans déclarent un peu moins dépasser les 65 km/h (44% contre 46% en 2014). Côté alcool, 21% des jeunes automobilistes prennent le volant après avoir bu 2 verres d’alcool (contre 25% en 2014). C’est moins que la moyenne des automobilistes (28%) et que les seniors (25%). On note également une amélioration lorsqu’il s’agit de conduire après avoir bu 4 ou 5 verres d’alcool (2% contre 4% en 2014).

Plus de prudence avec des passagers à bord
Aujourd’hui, 26% des automobilistes pratiquent le covoiturage. Étant accompagnés, ces conducteurs adoptent des comportements plus responsables que la moyenne. Alors qu’ils sont 28% à prendre le volant après avoir bu plus de 2 verres d’alcool, la proportion chute à 7% lorsqu’ils transportent un ou plusieurs passagers. Sur autoroute, 19% reconnaissent rouler à 160/ 170  km/h quand ils sont seuls, une proportion qui chute à 5% avec la présence d’un passager. Outre les aspects économiques et environnementaux, le covoiturage serait donc bénéfique à la sécurité routière. Cependant, l’usage du téléphone au volant par les conducteurs en covoiturage reste tout de même répandu (24% des conducteurs accompagnés contre 38% seuls).
C. S.

*Retrouvez l’étude TNS Sofres sur www.axaprevention.fr


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