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tips_and_updates Réforme du permis — Mai 2015

- Jean-Christophe Fromantin -
« La qualité de la formation doit rester la même »

Jean-Christophe Fromantin, député UDI des Hauts-de-Seine, qui connaît bien la profession, a accepté de se mêler aux tractations sur la loi Macron.


La Tribune des Auto-Écoles : Vous avez accepté un rôle de « médiateur » entre les organisations professionnelles et le rapporteur de la loi Macron, le député Gilles Savary. Pourquoi ?
Jean-Christophe Fromantin : La profession montrait pas mal d’inquiétude sur les évolutions souhaitées par le gouvernement. Il se trouve que je m’intéresse à la question du permis depuis quelque temps. Alors, plutôt que de discuter avec l’un et l’autre séparément, je leur ai proposé une rencontre commune avec Gilles Savary (député PS) et moi-même, député de l’opposition. L’idée était d’avoir une approche qui dépasse nos clivages politiques. D’ailleurs, nos opinions se rejoignaient avec monsieur Savary.

La Tribune : Soutenez-vous les auto-écoles dans leurs revendications ?
J-C. F. Je les comprends. Elles ont des frais de structures assez lourds, et la dématérialisation des procédures d’inscription entraînerait une surenchère dans la recherche de modèles alternatifs. L’État ne doit pas créer de perturbations économiques. Les syndicats que j’ai rencontrés sont conscients que les auto-écoles doivent évoluer, qu’il y a un vrai sujet d’innovation. Ils pourraient être corporatistes, mais ils se demandent plutôt comment ils peuvent s’adapter, sans être vindicatifs. C’est du moins l’impression que j’ai eue.

La Tribune : Quelles décisions ont été prises suite à la réunion du 21 avril avec les syndicats ?
J-C. F. L’idée n’était pas tant d’arrêter des positions, mais d’écouter les idées des auto-écoles. Il existe un certain nombre de points de tension. Pour les prendre dans l’ordre, la formation de quatre heures des accompagnateurs doubles commandes doit être maintenue. Les locaux pourraient être supprimés, mais en contrepartie l’heure d’évaluation serait effectuée en face-à-face.

La Tribune : Êtes-vous favorable à ce que les enseignants de la conduite puissent exercer en tant qu’indépendants ?
J-C. F. Je suis plutôt pour que le régime auto-entrepreneur soit autorisé dans la profession. Mais si le moniteur achète son véhicule, le chiffre d’affaires dont il aura besoin pour l’amortir dépassera le plafond. Il y a donc une réflexion à mener à propos des moniteurs indépendants. Et ce problème est lié à la question des réseaux de loueurs de voitures. Si à terme, ces sociétés peuvent proposer la conduite supervisée, cela risque de créer une distorsion de concurrence.

La Tribune : Si le local est supprimé et que les conditions d’agrément sont assouplies, n’y a-t-il pas un risque pour que deux formations, la filière classique et la filière « libre » viennent à coexister ?
J-C. F. Il est important que les mêmes règles soient établies pour tous les acteurs. C’est un peu le même problème qui oppose les restaurants classiques à la restauration rapide, qui a moins de contraintes sanitaires. Nous devons nous assurer que la qualité de la formation restera la même. Et il est important que les auto-écoles puissent, elles-aussi, profiter des simplifications proposées. Il n’est pas question qu’il y ait deux permis, le premier que l’on puisse passer en 10 heures sur des véhicules doubles commandes, et l’autre en 20 heures à l’auto-école.

La Tribune : Pour faire baisser le coût du permis, vous avez beaucoup milité pour une privatisation de l’examen pratique. Est-ce toujours d’actualité ?
J-C. F. Je pense effectivement qu’il faudra y venir, même si le gouvernement n’est pas disposé pour le moment. Il gagne du temps, mais il va vite se heurter aux lacunes du système. Les délais d’attente à l’examen demeurent le principal facteur du coût du permis de conduire.

Propos recueillis par Lucas Lallemand


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