La diffusion des taux de réussite des auto-écoles fait encore et toujours débat. Récemment, le site Codeclic a diffusé un « palmarès » des écoles de conduite en fonction de ce critère. Une manière assumée de « créer un petit buzz ».
A priori, l’affichage des taux de réussite dans les auto-écoles ne devrait pas être rendu obligatoire par la loi Macron, sauf si le Sénat vote un amendement dans ce sens. En revanche, et ce n’est pas nouveau, certains sites Internet ont flairé le bon filon : après vroom-vroom.fr, voici codeclic.com. Le principe est toujours le même, à savoir diffuser les taux de réussite de toutes les auto-écoles de France, classés par villes. Des chiffres qui datent de 2013 et que l’entreprise s’est procuré via le ministère de l’Intérieur. Ils sont affichés sur Codeclic depuis le mois de septembre 2014.
Un classement des auto-écoles
Mais Codeclic est allé encore plus loin que son concurrent. En effet, si Vroomvroom affiche des pouces verts (si le taux de réussite est bon) ou rouges (s’il est mauvais), codeclic.com a carrément décidé d’établir un classement des auto-écoles en fonction de ce critère. Ainsi, dans chaque ville, un élève peut voir qui a le meilleur taux ou le moins bon. Un moyen – assumé – de faire du buzz pour les dirigeants du site Internet. « On a envoyé un communiqué de presse, et plusieurs quotidiens régionaux ont parlé du classement dans leur ville », se félicite Geoffrey Michel, gérant du site. Nice, Nantes, Montpellier, Lille, Toulouse… La plupart des grandes villes françaises ont eu leur « classement ». Et si le gérant assure que le taux de réussite « ne doit pas être le seul critère » dans le choix d’une école de conduite, l’idée d’établir un palmarès en se basant seulement sur ce facteur peut paraître contradictoire. « Mais nous ne prenons en compte que les établissements qui ont eu au moins 30 candidats sur l’année 2013, précise-t-il. Et nous essayons d’améliorer notre plateforme, en prenant en compte les remarques des gérants d’auto-écoles. »
Pour les taux de réussite 2014, que Codeclic devrait pouvoir se procurer dans le courant du mois d’avril, quelques modifications pourraient être apportées dans la manière de les présenter.
« On a pensé à faire un classement des auto-écoles qui prenne en compte d’autres critères que le taux de réussite, comme le rapport qualité/prix par exemple, indique Geoffrey Michel. On mettrait plusieurs variables d’ajustement. » Le directeur de Codeclic a bien remarqué que les taux de réussite ne dépendaient pas seulement de la qualité de l’établissement, mais aussi par exemple de son emplacement géographique : certains quartiers sont plus « difficiles » que d’autres.
Codeclic, spécialiste du… Code !
Rien ne prédisposait pourtant Codeclic à diffuser les taux de réussite. Le site a profité d’une « tendance » à la mode pour faire un peu parler de lui. Créé en 2004, son objectif premier est d’abord de proposer des séries de Code en ligne aux particuliers. Un service pour lequel Geoffrey Michel revendique un véritable savoir-faire. « Nous n’avons pas la prétention de concurrencer les auto-écoles, tient-il à souligner. On ne fera pas de permis en ligne parce qu’on ne sait pas faire. On propose simplement aux candidats qui n’ont pas trop le temps d’aller à l’auto-école, de faire des séries à la maison. Nous leur mettons à disposition plus de 1 500 questions et des vidéos explicatives. La moyenne d’âge de nos clients est de 28 ans. Souvent, ce sont des gens qui ont perdu leur permis et qui le repassent, ou bien des mères de famille. »
Geoffrey Michel assure « que les auto-écoles traditionnelles existeront toujours ». Raison pour laquelle il ne souhaite pas s’opposer à elles frontalement, mais plutôt « échanger avec les gérants, parce qu’ils ont toujours de bonnes idées ». Finalement, l’affichage des taux de réussite n’était qu’un moyen pour Codeclic de faire connaître le site. Les élèves font du Code, et peuvent ensuite choisir leur auto-école en fonction de divers critères.
Logique !
L. L.