Après plusieurs années de baisse du nombre de tués et de blessés sur les routes françaises, l’année 2014 marque un triste retournement de tendance.
Tous les marqueurs sont en hausse. Ainsi, avec 57 805 cas recensés en 2014, les accidents corporels ont augmenté de 1,7% par rapport à 2013. L’augmentation du nombre de blessés (72 406) est de 2,5%. C’est plus marqué pour le nombre de morts puisqu’avec 3 388 décès enregistrés, la mortalité routière a augmenté de 3,7% (soit 120 tués en plus). Et encore, ces chiffres 2014 ne sont qu’une estimation qui ne prend en compte que la France métropolitaine. Il est donc à craindre que le bilan définitif de 2014 sera plus lourd que cette estimation.
La courbe de la mortalité routière sur l’année 2014 s’avère chaotique et difficile à expliquer. Ainsi, le mois de juillet qui est traditionnellement le mois le plus meurtrier de l’année, se révèle être exceptionnellement bas en 2014.
Piétons : une forte augmentation des tués
Si les usagers de véhicules de tourisme représentent près de la moitié des 3 388 tués en 2014, ce n’est pas la catégorie qui enregistre la plus forte progression par rapport à 2013 (seulement 3%). En effet, la hausse est de 6% dans la catégorie « Cyclos », de 7% pour les « Vélos » et de 8% pour les « Piétons ». Inversement, la catégorie « Motos » a été moins fortement endeuillée en 2014 qu’en 2013 (-1%). Selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), deux-tiers de la mortalité piétonne se produit en agglomération tandis que deux-tiers de la mortalité cycliste survient hors agglomération.
Mortalité des 18-24 ans en baisse
Information plutôt positive : en 2014, la mortalité des jeunes de 18-24 ans est en baisse de 8% par rapport à 2013. Néanmoins, cette catégorie représente tout de même 17% de la mortalité routière alors que les 18-24 ans ne constituent que 9% de la population française. Par ailleurs, un tué sur 4 l’est dans un accident impliquant un conducteur novice, sachant que la majeure partie de ces conducteurs novices ont justement entre 18 et 24 ans. Pour cette catégorie, c’est l’excès de vitesse qui est le premier facteur d’accident (48,4%). Viennent ensuite la conduite sous l’emprise de l’alcool (23,8%), sous l’emprise de stupéfiants (11,4%) et enfin le refus de priorité (10,4%).
La proportion des causes d’accidents évoluent en fonction de l’âge. Ainsi, pour la catégorie des 45-64 ans, la vitesse reste la première cause d’accident mais dans une moindre mesure (22,8%), vient ensuite la conduite sous l’emprise de l’alcool (18,8%) et le refus de priorité (16%). La conduite sous l’emprise de stupéfiants ne constitue plus que 1,8% des causes d’accidents. Et chez les plus de 65 ans, le refus de priorité passe en tête de palmarès (29,7%) tandis que la vitesse excessive ne représente plus que 10%. Viennent enfin la conduite sous l’emprise de l’alcool (5,2%) et la conduite sous l’emprise de stupéfiants qui n’est plus en cause que dans 0,1% des accidents.
S. A.