À partir du 1er décembre, une application mobile commune à tous les assureurs va permettre aux assurés d’établir un constat amiable sur leur smartphone. Un gain de temps pour les assureurs comme pour les assurés.
Cette année, le constat amiable fête ses 50 ans ! Déjà ? Ou plutôt seulement. Ça n’a l’air de rien, mais le lancement en 1964 du constat amiable a constitué une petite révolution dans le monde de l’assurance automobile. Car c’est bien beau d’assurer son véhicule. Mais ça ne sert pas à grand-chose, si en cas d’accident, les assureurs n’arrivent pas à comprendre ce qui s’est réellement passé et ne peuvent déterminer clairement les responsabilités de chacun afin de pouvoir indemniser la victime. La création d’un document universel dans les années 1960 a donc constitué une aide précieuse en matière d’échange d’informations entre les différents assureurs. Le constat amiable a d’ailleurs remporté un tel succès qu’il est rapidement devenu le standard utilisé par tous les automobilistes aussi bien en France que dans les autres pays européens.
Le constat amiable se dématérialise
Aujourd’hui incontournable d’un point de vue du contenu, le constat amiable peut paraître un brin ringard à l’heure d’Internet et des applications pour smartphone. C’est pourquoi plusieurs mutuelles et coopératives d’assurance membres d’Euresa (la Macif et la Maif, entre autres) ont décidé dès 2012 de développer une version électronique du constat amiable. Baptisé e-constat et disponible en quatre langues (espagnol, français, italien et néerlandais), ce dernier sera opérationnel le 1er décembre 2014 et reconnu par tous les assureurs français, mais aussi italiens, dans un premier temps.
Une application gratuite
Il est mis gratuitement à la disposition des fédérations européennes d’assurance qui auront tout le loisir de l’utiliser comme base pour développer eux-mêmes leur propre application. L’application e-constat a été étudiée pour être compatible avec tous les modèles de téléphone portable utilisant iOS ou Android. Elle pourra être téléchargée gratuitement par les assurés qui le souhaitent. À noter que le e-constat vient en complément du constat amiable et non en substitution. Ainsi, il sera toujours possible de remplir un constat amiable en version papier pour ceux qui n’ont pas de smartphone ou qui ne sont pas très à l’aise avec les nouvelles technologies.
Une fois installée, l’application permet de remplir un constat amiable virtuel à l’image de la version papier. La structure et la présentation du constat sur papier ont été conservées pour ne pas trop déstabiliser les automobilistes habitués à la logique et à la présentation du constat amiable.
Six minutes pour remplir le constat
Pour le moment, nous n’avons pas pu tester son utilisation. Mais selon Euresa qui a effectué divers essais, il ne faut en moyenne que six minutes pour remplir un e-constat. Un seul smartphone suffit à établir le e-constat, mais pour permettre aux deux parties de se sentir en totale confiance, il est possible d’utiliser deux smartphones distincts. Dans ce cas, un QR code permet de lier les deux déclarations.
e-constat : mode d’emploi
Pour faciliter la rédaction du e-constat, l’application guide les assurés pas à pas. Afin de gagner du temps et surtout de limiter le stress que connaît tout automobiliste impliqué dans un accident et qui doit remplir un constat amiable, le e-constat comporte des champs pré-remplis (identité de l’assuré, référence du contrat d’assurance auto, informations portant sur le véhicule, etc.). L’assuré est ensuite guidé par un menu déroulant lui permettant de définir les circonstances de l’accident. Il doit ensuite indiquer les points d’impact et donner un descriptif des dommages constatés. Il est possible de prendre des photos avec son smartphone et de les joindre au e-constat. On peut également réaliser directement un croquis, sachant que la fonction de géolocalisation permet l’insertion automatique du lieu de l’accident et l’accès à un plan de la zone concernée. Il suffit alors de positionner les véhicules sur le plan et d’indiquer leur sens de déplacement comme sur un constat en version papier. Pour ceux qui ne sont pas trop familiers avec les nouvelles technologies, il est également possible de dessiner un croquis sur papier libre, de le prendre en photo, puis d’insérer l’image dans l’application.
Quand toutes les informations sont saisies, l’application génère un constat amiable similaire à la traditionnelle version papier. Ce dernier est alors envoyé en format pdf par mail aux deux parties, tandis que les assureurs reçoivent les informations qui leur permettront de déterminer les torts entre les deux assurés et d’indemniser la victime.
Moins d’erreurs ?
Si certains assureurs redoutent que l’aspect dématérialisé du e-constat ne fasse peur aux assurés et soit source d’erreurs, la plupart d’entre eux se félicite de cette nouvelle forme de constat amiable qui devrait, au contraire, limiter les pâtés sur les croquis et les oublis dans la rédaction d’un constat amiable classique. Pour Euresa, le e-constat est tout bénef pour tout le monde. Pour les assurés, « cette innovation technologique est synonyme de simplification de la déclaration, de rapidité de remplissage et de transmission quasi instantanée ». Et pour les assureurs, « l’enjeu économique réside dans la réduction du coût de traitement et par le saut qualitatif de gestion des sinistres apporté par la transmission électronique des données. Par voie de conséquence, le délai et la pertinence de la réponse apportée au client peut aussi être améliorée (déclenchement d’expertise, prise en charge, remboursement) ». Encore faut-il que les
assurés s’approprient le e-constat.
S. A.