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directions_boat Bateau — Mai 2014

- Diversification -
Faut-il encore se lancer dans le permis bateau ?

Si le permis bateau constitue toujours un moyen de diversifier son activité, il faut avoir les reins solides et être motivé pour s’y faire une place, car la croissance du secteur s’est stabilisée. Conseils pour se lancer.


Jusqu’à 2008, tout un chacun pouvait enseigner le permis bateau, à condition d’avoir le permis depuis 3 ans. Pour améliorer la sécurité des plaisanciers et instaurer une démarche qualité vis-à-vis des centres de formation et des formateurs, la réforme a imposé que seuls les établissements bateau-école sont autorisés à délivrer un enseignement, après avoir obtenu un agrément.  Ce dernier implique le respect de règles concernant les locaux, le bateau, le plan d’eau utilisé pour la formation et les procédures d’échanges d’information avec l’administration. De plus, l’établissement doit désigner un responsable pédagogique aux autorités.
Dès l’inscription, l’établissement de formation doit établir au nom du candidat un livret d’apprentissage et saisir le dossier dans le fichier administratif à travers le logiciel OEDIPP (Organisation des épreuves pour la délivrance informatisée du permis plaisance) sur Internet.
La suppression de l’examen pratique, remplacé par une validation des objectifs par le formateur, a permis de mettre en confiance les candidats et de diminuer leur stress. Cela a aussi mis en valeur les établissements de formation. Pour autant, il faut y réfléchir à deux fois avant de se lancer dans le secteur.

Passion obligatoire !
Christophe Préault, responsable de la division nautique des CER, juge que « tout comme pour le permis moto, il vaut mieux être passionné pour se lancer ! ». Mais contrairement à la moto, la crise a peu affecté la demande.
« Les gens se font plaisir avant tout. S’ils ont envie de passer le permis, ils le passent ! Mais il y a eu énormément de demandes d’agrément au cours de la période 2008-2013, au point qu’en bord de mer, on est quasiment arrivé à saturation. Une situation similaire à celle des centres de récupération de points, qui ont atteint leur maximum. Par contre, à l’intérieur des terres, le marché est plus ouvert. Il n’empêche qu’un certain nombre d’établissements se sont rendu compte que ne faire que du permis bateau n’était pas rentable. Cela ne suffit pas pour en vivre. Par contre, le permis bateau peut constituer une activité annexe, mais dont le coût n’est pas négligeable ».

Se lancer avant les prochaines évolutions
Pour sa part, René Delorme, président national de la section nautisme du CNPA, estime que la période actuelle est malgré tout propice à se lancer, car l’examen d’accès à la profession va devenir bientôt plus compliqué. « Ceux qui ont des diplômes pédagogiques de niveau V (niveau BEP ou CAP) ont même intérêt à se lancer maintenant, avant la réforme à venir. En effet, un projet concernant la modification de l’accession au métier de moniteur pour le permis bateau, va introduire d’ici la fin 2014 un examen spécifique avec une qualification nautique. Autre changement prévu : une mise au point du contrôle de l’évaluation, qui ne sera pas inutile. Nous souhaitons également davantage d’interventions théoriques sur les comportements en mer. D’une manière générale, le comportemental doit prendre le pas sur la connaissance pure. Enfin, nous avons demandé que chaque formateur soit en possession d’un livret d’évaluation et d’un livret de formation, ce qui n’est à l’heure actuelle pas obligatoire. »

L’indispensable étude de marché
Enfin, Michel Lecomte, responsable de l’activité bateau du réseau ECF, rappelle l’évidence. « Il est absolument nécessaire de réaliser une étude de marché avant de se lancer dans le permis bateau, car ce n’est pas un petit investissement, le bateau devant être la propriété (ou la location longue durée) de l’établissement. Certains s’étaient lancés à la légère dans l’activité, avec comme principale motivation le plaisir de disposer d’un bateau le week-end. Le permis bateau est un moyen de se diversifier, mais doit rester une activité annexe, en complément de ses autres permis (B, A, PL…), qui doivent assurer l’essentiel des  revenus. » À bon entendeur…
C. S.





Les obligations pour devenir formateur
Si vous souhaitez vous lancer dans le permis bateau, sachez qu’il faut disposer d’une autorisation d’enseigner la conduite des bateaux de plaisance à moteur, délivrée par la Direction départementale des affaires maritimes (DDAM). Pour pouvoir en faire la demande, vous devez justifier des éléments suivants :
- le permis bateau pour lequel vous assurerez les formations, depuis plus de 3 ans,
- une attestation de premier secours PSC1 (Prévention et secours civiques de niveau 1),
- un titre de niveau égal ou supérieur au niveau V (BEP ou CAP) sanctionnant  une formation d’enseignement, d’animation ou sportive,
- le certificat de radiotéléphoniste CRR,
- une attestation de suivi de formation à l’évaluation (bases pédagogiques, étude des objectifs de la formation…), d’une durée minimale de 20 h,
- ne pas avoir subi de condamnation à certaines peines correctionnelles.


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